C'est au bout d'un voyage long et éreintant sur des milliers de kilomètres que de nombreux étudiants algériens gagnent l'Institut de recherches et d'études arabes de Qasr Aïni au centre du Caire.
Ils sont près d'un millier, selon l'attaché culturel de l'ambassade d'Algérie au Caire, à s'être inscrits cette année dans cette institution, créée au début des années 1950 par la Ligue arabe. Cet intérêt soudain d'étudiants algériens pour l'institut cairote n'est pas sans susciter des interrogations, d'autant que le coût de l'enseignement dispensé n'est pas à la portée de tous, sans compter les frais de déplacement, d'inscription et de séjour dans un pays où les conditions de vie sont de plus en plus difficiles. Il y a quatre ans, ils étaient à peine 50 et voilà que leur nombre franchit le seuil des 1000 étudiants. On l'appelle l'institut « algérien », ironisent des étudiants rencontrés, en faisant allusion à l'effectif algérien de plus en plus important. Les étudiantes sont aussi nombreuses, dont parmi elles nombre de mamans, qui devront faire face aux frais supplémentaires pour la garde de leurs enfants. Devant tant de difficultés, les motifs de l'engouement d'étudiants algériens pour cet institut demeurent mystérieux, selon nombre d'observateurs. Une quarantaine de bourses sont débloquées chaque année par cet institution au profit d'étudiants algériens. Ces bourses couvrent la moitié des frais d'inscription et le reste est financé par l'ambassade à travers un tirage au sort. Certains étudiants expliquent ce choix par le débouché professionnel car, disent-ils, « la plupart des établissements exigent le niveau de magister au recrutement. L'accès à un niveau de post-graduation dans les facultés et instituts algériens n'est pas des plus faciles non plus. J'ai passé deux fois le concours, mais je n'ai pas été admis », avoue Youcef d'Alger, étudiant en 2e année au département des sciences de l'information, tout en ajoutant que 40 étudiants seulement sur 1000 ont été admis à l'examen du magister organisé par l'Institut des sciences d'information et de communication d'Alger (ISIC). « Le voyage au Caire n'est guère aisé », déclare Saïd de Tiaret. La majorité des étudiants le font par route via la Tunisie et la Libye. « Le chemin est long et éreintant », soupire de son côté Aïssa, qui garde un souvenir amer du mauvais traitement subi au niveau des postes frontaliers. « Nos livres et manuels, souvent jugés interdits par les autorités douanières sont confisqués », renchérit un autre étudiant de Médéa. Une fois au Caire, il reste quand même du chemin à parcourir et des difficultés à surmonter, notamment en matière d'hébergement avec un marché immobilier en hausse perpétuelle. Les procédures administratives ne facilitent pas les choses pour nos étudiants, qui pour se faire délivrer un certificat de séjour devront engager moult batailles. En dépit des difficultés endurées pour l'obtention du diplôme, les étudiants algériens redoutent de ne pouvoir obtenir l'équivalence en Algérie. « Des appréhensions qui n'ont pas lieu d'être », selon l'attaché culturel de la mission diplomatique algérienne.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : R.Ep
Source : www.elwatan.com