
L'étude initiée par le Forum des chefs d'entreprises sur la sécurité alimentaire a été présentée hier, autour d'une conférence-débat, par Omar Bessaoud, professeur et chercheur au Ciheam (Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes) et à l'IAMM (Institut agronomique méditerranéen de Montpellier-France).Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - Cette étude sur la sécurité alimentaire est la première pour l'année en cours. Le Forum des chefs d'entreprises a prévu également deux autres enquêtes : l'une traitant de la transition énergétique et la seconde de l'économie numérique.Selon les derniers chiffres publiés par la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture) et qui remontent à 2011, l'Algérie compte 5,1% de sa population en état de sous-alimentation, 32% des enfants de moins de cinq ans présentent une anémie, 15,9% de ces mêmes enfants montrent un retard de croissance tandis que 17,5% des adultes sont en surpoids (obèses).Du point de vue de la production, malgré un léger progrès, le professeur responsable de l'étude rappelle que le budget affecté à l'importation de produits agricoles est cinq fois plus important que celui dédié à la recherche en agronomie qui est cependant le pilier fondamental pour le développement de ce secteur. Celui-ci ne dépasse pas les 0,21% du PIB aujourd'hui, l'un des taux les plus faibles au niveau mondial. La moyenne étant de l'ordre de 2% du PIB. Encore faut-il que ces statistiques recueillies soient crédibles. Pourquoi ' Le professeurO. Bessaoud, comme son confrère Slimane Bedrani, professeur à l'Ecole nationale supérieure agronomique d'Alger et directeur de recherches au Cread, sont conscients des difficultés qui subsistent quant à la récolte de celles-ci. «Ces chiffres peuvent être souvent fantaisistes au regard de l'organisation désastreuse de leur collecte par les pouvoirs publics. D'ailleurs, il n'existe même pas de cellule propre au sein du ministère de l'Agriculture qui assure cette mission», a déclaré ce dernier en connaissance de cause.Outre cette confusion quant à l'information transmise, il y a une véritable déconnexion multidimensionnelle concernant cette branche, bien que vitale pour toute nation. Le secteur de l'agriculture souffre non seulement de l'absence de connectivité entre ses opérateurs économiques et les chercheurs du domaine dont les études sont souvent académiques, mais aussi du décalage conséquent entre les besoins et les offres en formations et qualifications des ingénieurs-agriculteurs et des ouvriers, ont relevé les deux interlocuteurs. Toutefois, «le constat le plus regrettable est la non-coordination des secteurs de l'industrie et de l'agriculture». Or, le potentiel agronomique algérien est réellement énorme et est surtout déterminant pour cette sécurité alimentaire et la transition énergétique dont il est question actuellement.C'est effectivement, une véritable «actualisation du secteur» que les experts recommandent vivement, autant sur le plan légal, qu'en matière de gouvernance des ressources humaines, matérielles et foncier agricole. L'établissement d'une stratégie à long terme pour assurer l'accompagnement du mixte des structures agraires ne constitue pas une option, mais une nécessité afin de bâtir «une agriculture productive, écologique et de progrès, en mettant l'accent sur l'économie du savoir et de la connaissance».Selon le collectif des experts, il s'agit là «d'une affaire de société puisque l'enjeu est tellement important quand on traite de la sécurité alimentaire». Et, c'est à la charge des pouvoirs publics d'organiser de grands débats sur ce challenge englobant l'ensemble des parties prenantes : Etat, chercheurs et opérateurs économiques, afin de capitaliser les expériences de chacun et d'arriver à un accord commun. Car, «sans consensus, il n'y aura pas de mobilisation, encore moins une évolution», a soutenu le professeur O. Bessaoud.Et parlant précisément de mobilisation, il y a là une question de volonté, et de volonté politique qui s'impose. Or, le ministre de l'Agriculture, Kamel Chadi, convié à cette conférence-débat sur la sécurité alimentaire, n'a assisté qu'à l'allocution d'ouverture prononcée par le président du FCE, Ali Haddad.Quant à la présence prévue du ministre de l'Industrie, Abdeslam Bouchouareb, elle n'a pas été honorée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N B
Source : www.lesoirdalgerie.com