
Le directeur financier de l'unité d'Alger de l'Entreprise de réparation navale (Erenav), R. Lakhdar, brandit la mesure de licenciement dont il a été l'objet, le 26 décembre dernier, comme étant une mesure de rétorsion contre son refus d'apposer son seing sur des documents administratifs validant de fausses écritures comptables. C'est quand même une affirmation à laquelle il s'arc-boute et se faisant fort de deux décharges datées des 21 et 28 novembre 2011, d'un montant respectif de 100 000 et 150 000 DA, éléments de traçabilité de sommes en espèces remises à R. M., cadre représentant le navire Isser 3 en réparation au port d'Alger durant cette période.L'ancien DFC qui s'est présenté au bureau du journal à Constantine soulignera qu'«il est dans la pratique de l'unité (Erenav), et ce, dans le cadre d'une convention, de prendre en charge l'équipage de tout navire en réparation. Mais cette prise en charge est normalisée dans le sens où le séjour de cet équipage durant toute la période d'arrêt (travaux) consiste à garantir aux hommes toutes les prestations de nature à leur assurer les conditions idoines. Ainsi, est prise en charge leur restauration, sauf que dans la dernière décade du mois de novembre passé, la somme habituellement consacrée à l'achat de vivres pour la confection de repas a été unilatéralement modifiée par une répartition aux 7 travailleurs d'Isser 3 qui devaient l'utiliser à leur convenance. Une pratique en porte-à-faux avec la réglementation dans la mesure où toute dépense doit être justifiée en contrepartie par un document comptable réglementaire, authentique et authentifié. Dans ce cas précis, il s'agit des deux sommes évoquées au début de notre entretien, dont nous avons refusé la passation des écritures, en tant que telles, sauf production de justifications».Des justifications qui viendront par la suite «sous forme de ''Bon pour'' les 30 novembre et 15 décembre, même si nous restons très dubitatifs quant à l'authenticité et réalité de la dépense, comme le prouve la date que portent les demandes de paiement». Dès lors, le directeur financier entre en conflit avec le directeur d'unité et le différend parvient jusqu'à la direction générale «qui par 4 cadres supérieurs interposés tentera une sorte de médiation que nous avons personnellement rejetée». Le DFC évacuera d'un revers de main certaines instructions de la hiérarchie, notamment celles qu'il considère comme étant en infraction de la réglementation dont «celui d'authentifier les justifications des 250 000 DA et encore moins de les passer en écriture ou encore l'établissement d'un chèque de 300 000 DA destiné aux mêmes pratiques», précisera-t-il.«La direction décide alors de recourir à un coup de force et exhorte le personnel de sécurité de m'extraire physiquement de mon bureau. Me sentant menacé, j'ai recouru à tous les moyens à même de me protéger, jusqu'à me saisir d'une paire de ciseaux». Contacté au téléphone dans la matinée d'hier à ce propos, Adel Y., directeur de l'unité Erenav, se veut plus pondéré dans ses propos, quoique s'étonnant sur «l'obsession d'un cadre qui a totalement changé d'attitude dès lors qu'il a fait l'objet d'une sanction de mise à pied de trois jours, s'épanchant dans un titre de la presse nationale arabophone où il semble disposer de relais. Vous savez, c'est quand même ridicule cette histoire de malversation dans les écritures pour un montant dérisoire alors que nous engageons un ambitieux plan de développement de 24 milliards de dinars. Cela étant, l'Erenav a des engagements à respecter avec ses clients, l'Isser 3 était en réparation pour une période de 25 jours. La convention existant en ce sens astreint l'unité à allouer pour ladite période la somme de 882 000 DA pour l'achat de vivres à même de prendre en charge, dans les meilleures conditions, l'équipage composé de sept personnes dont un chef de mission». Notre interlocuteur fournira les détails de toutes les procédures et rappellera surtout que «finalement Isser 3 est resté 75 jours au lieu de 25, et le meilleur est qu'à la fin, les 882 000 DA n'ont pas été consommés dans leur intégralité. Or, l'unité était en droit de recourir à un avenant à chaque fois que s'écoulaient 25 jours. Ce que nous n'avons pas fait. L'entreprise portuaire de Ghazaouet (armateur d'Isser 3) a gagné au change et notre unité n'a pas eu besoin de recourir à l'établissement d'avenants qui lui auraient permis de gagner deux fois 882 000 DA dans la mesure où tout fonctionnait normalement. Le grand gagnant étant l'économie nationale».Quant à la raison de la sanction à l'origine du conflit, notre interlocuteur dira qu'«une instruction avait été donnée au DFC pour qu'il procède à une avance sur frais de mission à des travailleurs que nous avons ramenés du port de Béjaïa et qui étaient menacés d'être exclus de l'hôtel où ils résidaient si la note de séjour n'était pas honorée. M. R. a refusé d'exécuter cette instruction. Permettez-moi enfin de conclure, en attirant votre attention sur le fait que les pseudo-malversations dans les écritures qu'il évoque, il était le premier à les passer sur le grand livre et le brouillard de caisse pour ensuite procéder à des annulations une fois qu'il a été sanctionné. Pis, après avoir déchiré les feuilles du brouillard de caisse, lequel, il est nécessaire de le souligner, est coté et paraphé, il garde par-devers sa personne les clés du bureau, un téléphone cellulaire et le badge sécurité. Enfin, nous ne comprenons franchement pas son acharnement sur l'entreprise et l'hypermédiatisation d'un problème anodin sur lequel la justice devrait se prononcer, aussi bien en matière prud'homale que pénale sachant que nous avons déposé une plainte auprès des institutions concernées».
A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com