«Quand c'est fini, ni ni ni ni, ça recommence!» Léo Ferré
Il faudra bien qu'un jour quelqu'un fasse le bilan complet de ces années d'indépendance pendant lesquelles on nous a chanté sur tous les tons et tour à tour les lendemains qui chantent ou l'avenir apocalyptique... Ces oracles ont toujours, bien entendu, les yeux fixés sur le yo-yo du baril de pétrole! Saurons-nous un jour prochain gérer notre pays et faire fructifier, comme le font les autres peuples, les lourds investissements faits dans l'équipement, les infrastructures et la formation de deux générations' Cesserons-nous d'être les éternels assistés et les tributaires privilégiés d'une manne pétrolière que la divine providence a généreusement placée sous nos pieds'
Les gouvernants actuels ou à venir pourront-ils, enfin un jour, compter sur d'autres revenus que ceux des hydrocarbures pour réaliser une accumulation primitive qui assurerait au pays un décollage en douce comme l'ont opéré les pays émergents, après des décennies de crise et de tâtonnements économiques' Tous les facteurs sont pourtant réunis pour permettre cette révolution structurelle qui poussera le pays dans la catégorie des pays industrialisés, ceux qui fabriquent les machines et produisent les biens de consommation et les services indispensables à la modernité, l'argent est là pour l'acquisition des machines, des brevets et licences, l'argent est disponible pour la formation des agents économiques bien que nombre de cerveaux algériens soient obligés d'émigrer pour pouvoir s'exprimer à l'aise. Il y en a dont les réussites sont exceptionnelles et servent d'exemples au génie et à la capacité d'intégration des cadres ou hommes d'affaires d'origine algérienne.
Alors, pourquoi cet éternel et complexant déséquilibre de la structure des revenus' Pourquoi les entreprises publiques des trois secteurs économiques ont-elles fait faillite dans leur écrasante majorité' Le choix des hommes qui les ont dirigées (on sait toujours que le politique ne fait pas bon ménage avec l'économique, quand le politique veut être le dominant bien sûr)' Ne sommes-nous pas capables de produire et de diriger l'appareil de production' Pourquoi le travailleur algérien, dans une entreprise publique, n'a-t-il pas le même comportement que dans une entreprise privée ou une entreprise étrangère' Si l'on croit les dernières informations, les entreprises étrangères vont débarquer en groupes serrés pour créer des entreprises génératrices de recherches. Il paraît que les Italiens, dignes fils des empereurs romains qui ont jadis colonisé l'Algérie, planté la vigne, édifié des villes, aménagé des aqueducs, vont s'emparer de tous les projets de canalisation: eau, pétrole et gaz. Les Allemands, après avoir écumé le secteur de la production de bière, vont s'intéresser aux secteurs de la chimie, de l'environnement, du transport et de l'habitat. Les Egyptiens, quant à eux, avaient déjà, en dignes ancêtres des Banou-Hilal, formé les cadres du textile et semé la confusion dans le secteur de l'éducation. Les organisations et fondations du Moyen-Orient se sont insinuées dans presque tous les secteurs: banques, ports, infrastructures touristiques, commerce... Des Syriens, après s'être spécialisés dans le creusement des puits, vont prospecter d'autres activités à la faveur de la guerre civile qui déchire leur pays. Les Espagnols font les routes et les infrastructures touristiques. Plus de 200 entreprises turques s'appliquent à exploiter le beylik algérien sans compter, bien entendu, les activités off shore comme le piratage du thon... La France, dernière puissance colonisatrice, est revenue à ses chers vignobles, à la gestion de l'eau potable ou à la réalisation du métro et du tramway d'Alger. Comme on peut le constater, les anciens peuples qui ont occupé l'Algérie sont revenus par la grande porte pour faire tourner une machine économique alors que des industriels algériens vont investir en Côte d'Ivoire ou en Afrique de l'Est.
Qu'est-ce qui restera aux autochtones' L'industrie du sable et du vent, énergies inépuisables et renouvelables par excellence!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Selim M'SILI
Source : www.lexpressiondz.com