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Et maintenant le sang



Et maintenant le sang
Le ministre de la Santé et de la Population menace de sanctionner, réprimer et révéler les noms de tous ceux qui se seront rendus coupables de vol de médicaments dans les hôpitaux ! En marge des assises régionales d'Alger, qui préparent les «assises nationales de la santé», M. Abdelmalek Boudiaf a déclaré avoir «donné des instructions aux services de sécurité pour enquêter sur le vol de médicaments dans le secteur public et leur transfert vers une destination extérieure, y compris à l'étranger».Dans la foulée, le ministre de la Santé a précisé que «la traçabilité des médicaments au niveau des hôpitaux a permis au ministère de constater le vol d'importantes quantités de médicaments, ainsi que le détournement de sang destiné aux malades». Pour l'information, voilà ce que le ministre de la Santé a servi à son auditoire.Pour le commentaire, M. Abdelmalek Boudiaf a comparé ceux qui détournent les médicaments - et le sang - des hôpitaux aux? trafiquants de drogue. Bien sûr, l'information est un secret de polichinelle et le commentaire tiré par les cheveux.Mais ça fait longtemps qu'on a renoncé à attendre de nos ministres un niveau de transparence susceptible de nous renseigner et pourquoi pas de nous convaincre de leur volonté politique de mener certains combats.Comme on a désespéré d'ailleurs de trouver de la pertinence dans leur propos, l'un n'allant bien évidemment pas sans l'autre.Dans cette «histoire» assez courte et anecdotique, il y a pourtant des «informations» dont le ministre de la Santé et de la Population aurait pu faire l'économie. Comme là où il s'est cru obligé de nous préciser que les médicaments et le sang ont été détournés dans les? hôpitaux publics !Les hôpitaux comme les entreprises et les autres institutions publiques étant depuis toujours consacrés comme le plus grand et le plus prospère coffre-fort de la rapine et de la corruption, on le savait déjà avant même que M. Boudiaf n'hérite du maroquin de la santé.On savait que le vol de médicaments était un business quasi routinier et on ne pouvait pas ignorer que c'est dans les structures hospitalières d'Etat que l'«activité» se pratiquait.A une échelle industrielle. On ne voit d'ailleurs pas comment un «fléau» d'une telle ampleur qui a rongé tous les espaces de la société et des institutions pouvait épargner un secteur aussi important et aussi rentable dans l'activité nationale.Quand on y ajoute que la santé est l'une des plaies les plus douloureuses de l'indigence dans la gestion, on devine la qualité du terreau que ça offre à la rapine.De nos hôpitaux-mouroirs, on détourne le matériel médical, les repas et la literie des malades. Des médecins et des infirmiers opèrent pour les cliniques privées.On vole des médicaments et maintenant du sang. Dans cette «ambiance-là», on pourrait peut-être comprendre la «menace» du ministre de «sanctionner et révéler les noms» de ceux qui détournent les médicaments et les plaquettes de sang. Ils n'ont pas l'habitude !Et il aura fallu attendre l'approche des «assises nationales de la santé», sans grande illusion tellement c'est perçu comme une autre velléité, pour qu'on nous dise? ce qu'on sait déjà. Et dans des proportions beaucoup plus inquiétantes que celles qu'on veut bien nous? révéler !Slimane Laouari


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