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Et les autres Ben Aknoun '



Et les autres Ben Aknoun '
La ville japonaise de Fukuoka a vécu il y a une dizaine de jours le même drame que celui qui a englouti vendredi soir cinq voitures et leurs occupants près du parc zoologique de Ben Aknoun, à Alger. Mais là s'arrête la similitude entre ces deux événements. Le 8 novembre dernier, un trou géant de 30 mètres de diamètre et de 15 mètres de profondeur avait littéralement avalé une artère de cinq voies dans cette ville du sud-ouest du Japon. Mais l'incident, dû à des travaux d'extension du métro, n'a fait aucun blessé, alors qu'une gare était juste à côté. Chez nous, le cratère de Ben Aknoun a avalé seulement 10 mètres de remblai et de tuf, mais aussi cinq voitures. Il a fait des blessés sur cette voie pourtant peu fréquentée un soir de fin de semaine. Mais là où cela suscite l'admiration, c'est que le trou de Fukuoka, qui a montré les fondations des immeubles de l'artère, a été réparé en un temps record: une semaine. Bien sûr, nous ne sommes pas comme les Japonais, des ‘'stakhanovistes'' du travail, mais on a pu quand même reboucher notre trou en moins de 24 heures ! Quelle prouesse pour les services de la voirie d'Alger que de réparer un trou de quatre mètres de large et 10 mètres de profondeur en un peu plus de 24 heures. Faut-il dès lors applaudir ou s'insurger' Car si le ‘'trou'' de Ben Aknoun a suscité l'inquiétude et toute la sollicitude des pouvoirs publics, qui ont veillé à ce que l'inimaginable soit vite oublié, comme l'a si bien résumé le ministre du secteur (l'essentiel, c'est que la voie soit réparée), qu'en est-il des milliers, voire des dizaines de milliers d'autres trous, de différentes tailles et profondeurs, qui sèment la panique sur nos routes et font mal à nos pieds et à nos voitures ' Non, il ne s'agit pas de nids-de-poule mais de crevasses où des milliers d'automobilistes sont obligés de s'immerger pour continuer leur route, ou aller vaquer à leurs occupations. Forcément, la rapidité de la réaction des autorités face au ‘'trou'' de Ben Aknoun suscite de la jalousie chez ceux qui attendent que ‘'le sel fleurisse'' pour que le maire ou le wali du coin daignent mettre une ou deux couches d'enrobé pour viabiliser les dizaines de milliers de pistes qui servent de ‘'voie rapide'' aux gens de l'intérieur du pays, qui pour aller à l'école, qui pour aller travailler ou rejoindre leur village à travers champs, comme dans les temps oubliés. Mais également dans ces grandes artères de grandes villes mangées par les crevasses, les égouts à ciel ouvert, qui, très souvent, ne sont refaits et à grands frais que lors de cortèges officiels et programmés des autorités locales où l'arrivée d'un ministre de la lointaine capitale. Et après le passage du cortège officiel, cela tombera dans l'oubli jusqu'au prochain passage d'un autre cortège officiel. Dans le pays profond, sur ces routes lointaines entre mer et forêts, entre montagnes et vallées, comme dans beaucoup de quartiers des grandes villes, on a appris ainsi à espérer une visite officielle d'un haut cadre de l'Etat pour qu'on refasse une belle couche d'enrobé et faire disparaître la poussière. Alors, faut-il espérer que des ‘'trous'' apparaissent de temps à autre pour que nos routes et nos rues soient bien entretenues '
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