
«Une grève, c'est une grève. Pas de service minimum !». C'est ce qu'ont déclaré certains grévistes parmi les travailleurs communaux qui avaient décrété, le mois écoulé, une grève illimitée de près d'une semaine, sans prendre en compte le service minimum quant à la collecte des déchets ménagers, pourtant prévu par la loi. Et ce n'est pas la vétusté de leur outil de travail, notamment les camions de collecte des ordures qui déversent des amas d'ordures sur leurs parcours, qui était le sujet de leurs revendications. Leur mouvement de protestation portait entre autres sur la sempiternelle «amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles». Là aussi, rien de plus légitime, sauf qu'à aucun moment la mise en danger de la santé de leurs concitoyens ne leur a effleuré l'esprit. Le sujet du service minimum dans les entreprises publiques et les administrations est récurrent. La grève est un droit (et même parfois un devoir) mais la liberté de travailler, de se déplacer ou encore de se soigner, en est un autre. Trouver le juste équilibre entre ces deux données est la principale difficulté à laquelle se voient confrontés les syndicalistes ou tout mouvement revendicatif. Ainsi, la grève ne doit pas devenir «le droit de quelques-uns à disposer de tous». Régulièrement les citoyens-usagers ou clients des services publics sont empêchés de se déplacer pour leur travail ou gênés dans leur vie quotidienne par des mouvements revendicatifs dont les motivations sont souvent catégorielles. «La grève ne devrait intervenir qu'en dernier recours, après négociation et comme signe d'échec du dialogue social et non, avant, ce qui n'est pas spécialement toujours le cas chez nous. Mais ce qui se passe à ce niveau, n'est rien d'autre que le reflet de ce que nous pouvons observer en société. Il est beaucoup plus difficile de communiquer avec les gens aujourd'hui que de mon temps. Et ce déficit en communication en société se répercute automatiquement sur tous les autres pans de la société», nous dit avec amertume, Ammi Moussa, cheminot à la retraite et ancien syndicaliste.
Débrayage sans préavis
Le 3 janvier, l'aéroport international d'Alger, Houari-Boumediene, a été paralysé en raison d'une grève déclenchée par les pilotes. Aucun préavis n'aurait été émis. La grève a provoqué l'annulation de plusieurs vols nationaux et internationaux. Ainsi, des centaines de voyageurs ont été pris en otage au niveau de cet aéroport. Les pilotes qui ont déclenché ce mouvement de grève, demandaient des augmentations de salaire d'une part, et dénonçaient l'insuffisance des motivations financières et leurs mauvaises conditions de travail. Durant toute la matinée, le grand hall de l'aéroport a connu une ambiance «électrique» chez les voyageurs ayant rejoint cette enceinte dès les premières heures de la journée pour rejoindre leurs destinations. En effet, des familles entières venues de régions lointaines, apprennent que leurs vols ont été annulés sans en être avisées auparavant. Pour faire face à ce mouvement de protestation, Air Algérie a dû improviser en affrétant des avions pour tenter de maîtriser l'afflux des passagers encombrant l'aéroport.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L S
Source : www.infosoir.com