Alger - Revue de Presse

Essais nucléaires français en Algérie



Les « bienfaits » de la colonisation Hier 48 ans se sont écoulés depuis les premiers essais nucléaires français au Sahara algérien qui se sont étalés de 1960 à 1967. Côté officiel algérien, aucun mot, aucune pensée, aucune déclaration sur ce grave événement dont les conséquences sur la santé des habitants ainsi que sur la faune et la flore des régions-cobayes se font sentir encore aujourd?hui au quotidien. Hasard du calendrier : au moment où les familles des victimes de cette tragédie se recueillent à la mémoire des disparus, un séminaire international sur le tourisme est organisé à Alger pour tenter de replacer le produit touristique algérien et particulièrement le tourisme saharien sur le marché international. Oubliés les morts et les maladies causées par les émanations radioactives qui ont fait de nombreuses victimes et laissé des séquelles chez de nombreux autres citoyens fragilisés aujourd?hui par la maladie, pour les personnes qui y ont miraculeusement survécu ! Le risque est en effet aujourd?hui encore réel et entier même un demi-siècle après tant les produits radioactifs utilisés comme le plutonium ont une très longue durée de vie qui fait que la menace de radioactivité peut s?étaler sur des générations. Dans les relations algéro-françaises et le devoir de mémoire que l?on invoque dans les occasions officielles, lors des visites d?Etat, cette question n?a jamais figuré à l?ordre du jour des discussions. Dans cette confiscation de ce pan tragique de l?histoire de l?Algérie, c?est moins la France qui est à blâmer - car après tout elle est dans son rôle, elle défend sa propre histoire et son « honneur » - que les dirigeants algériens qui font montre sur cette question d?une incroyable duplicité en refusant d?ouvrir ce dossier. Nul doute que les responsables de ce crime contre l?humanité - car c?en est un - auraient été il y a bien longtemps déjà déférés, sur fond de battage médiatique, devant le tribunal pénal international si les essais s?étaient produits dans un autre pays placé sous l?aile protectrice des puissants de ce monde qui font et disent le droit international. De manière tacite, il a été décidé de maintenir une chape de plomb sur cette tragédie. Que savent nos enfants et les générations post-indépendances de cette page macabre de l?histoire qui est enseignée dans les manuels d?histoire presque comme un fait divers ? Les complaintes des suppliciés de Reggane ne dépassent pas le cadre étroit des rares associations des victimes de ce génocide qui militent avec courage pour rendre justice à l?histoire et obtenir réparation pour les dommages subis. Les faits sont pourtant historiquement avérés et les témoins de ces tragiques événements sont encore en vie pour amener la France à reconnaître sa responsabilité dans ce crime et à en assumer les conséquences. Les « gerboises » multicolores que la France coloniale a fait exploser sur le sol du Sahara algérien avec toutes les conséquences tragiques que l?on sait n?ont fait ni la grandeur ni la puissance technologique de la France pas plus qu?elles n?ont servi les idéaux de fraternité et de liberté dont elle se réclame. La France de Sarkozy qui refuse de se regarder dans le miroir de l?histoire pour reconnaître ses crimes et franchir le pas du repentir aura bien du mal à classer ce dossier dans le registre des bienfaits de la colonisation, de la révolution scientifique et technologique française en Algérie. S?il n?y a rien à attendre de ce côté-là, il est du devoir de l?Etat algérien de rappeler en toutes circonstances à la communauté internationale et à l?opinion française ce qui s?est réellement passé dans cette partie de l?Algérie pour que le martyre de Reggane soit reconnu comme crime contre l?humanité à l?instar du génocide de Hiroshima et de Nagasaki.
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