
?'nous mangerons de ce que nous aurons semé, et nous nous habillerons de ce que nous aurons tissé .(Nakoul mima nezraa, oua nelbess mima nanssedj ...)C'est exactement les propos tenus en substance par LOUNIS Belkacem dit Mohamed Said (Rahimahou ALLAH) depuis cette tribune de la mosquée de Kouba sur les hauteurs d'Alger en décembre 1991.Une interprétation truquée, déformant totalement le sens des paroles de cet homme de grande foi et de culture, constitua le cheval de bataille des mercenaires de la plume, (les mêmes qui continuent encore aujourd'hui à sévir) dans une campagne médiatique des plus dégoûtantes de par ses mensonges, son coté manipulé et manipulateur et de ses objectifs entièrement destinés à être versés au précompte des janviéristes attelés eux au tissage d'un des coups d'état les plus destructeurs pour ne pas dire le plus destructeur de ces derniers siècles eu égard à ses méfaits directs et indirects sur la nation algérienne.La presse aux ordres prêtait à l'homme l'intention d'habiller l'ensemble des Algériens uniquement du ?'kamis saoudien, (qu'il ne portait pas du reste lui-même) et de tous les nourrir d'un même menu drastique avec l'intention avérée de renvoyer ce faisant, le peuple algérien au mode de vie de l'Hégire soit un retour au 7ème siècle de l'ère chrétienne. C'est tout le ridicule d'une corporation qui par de tels propos, insulte outre mesure et en premier lieu l'intelligence de ses lecteurs. Qu'importe puisque le ridicule ne tue point, il était même en ces temps et lieu source de richesse et de reconnaissance.Pour se situer dans le contexte de l'époque, rappelons que l'Algérie vivait depuis le milieu de la décennie 80 une crise financière majeure causée par la chute des prix des hydrocarbures (déjà !). La structure d'une dette extérieure préexistante imposait un échéancier annuel de remboursement (principal et service) qui avoisinait les 75% de nos exportations ne laissant presque plus de marge à la facture alimentaire conjuguée à celle des médicaments. Le recours aux institutions financières internationales devenait un passage obligé et le gouvernement de l'époque dans ce qu'il nommait très pudiquement le reprofilage de la dette tentait autant que faire se peut de trouver avec le FMI, avant le club de Paris et de Londres, un terrain d'entente pour éviter au pays d'arriver à une situation de cessation de paiement qui lui fermerait hermétiquement l'accès aux marchés financiers. Ceci étant, et dans le même temps, l'ouverture politique qui suivi les évènements d'octobre 1988 permis au FIS, parti politique agréé en septembre 1989 à la suite de la nouvelle constitution de février de la même année, et ce grâce à sa victoire aux élections locales du 12 juin 1990, de prendre la direction et donc d'assurer la gestion de plus de 850 APC (Assemblée Populaire Communale) et plus d'une quarantaine d'APW. Le décor est ainsi planté.Afin d'être complet sur ce volet précis de l'histoire contemporaine de notre pays et afin que l'opinion publique nationale soit au fait de la vérité sur la question, rappelons qu'à l'entame de ses travaux, la commission indépendante chargée de l'élaboration du programme économique avait reçu comme consigne du responsable du bureau exécutif du parti (Abdelkader HACHANI Rahimahou ALLAH) de centrer toute sa réflexion dans l'identification des sources ou niches de richesses, les modalités pratiques de leur mobilisation pour enfin définir, en hiérarchisant les priorités, les créneaux locomoteurs porteurs à même de capter ces ressources et d'engager le pays dans la voie du développement. Il fallait donc valoriser et rentabiliser les ressources internes en les investissant dans des projets productifs et à forte valeur ajoutée pour soulager autant que faire se peut les besoins de la population d'une part, restreindre tout autant le chômage que les importations d'autre part qu'il fallait amener aux limites de l'incompressible et procurer ce faisant à l'Etat des revenus supplémentaires hors hydrocarbures qui viendraient s'ajouter aux gains réalisés par la baisse conséquente des achats externes.En annonçant aux Algériens qu'ils allaient s'habiller de ce qu'ils auraient produit et qu'ils mangeraient de ce qu'ils auraient semé, on les informait tout simplement et en toute transparence, que le pays allait s'engager totalement et pleinement dans le développement de la production nationale en mobilisant toutes ses ressources et tout son potentiel (humain, financier et matériel).Absolument convaincu que tout effort financier et matériel de quelque ampleur qu'il soit, axé en direction de l'industrie et de l'agriculture ne pourrait produire les effets escomptés sans le soutien militant et confiant de la jeunesse algérienne et sans l'engagement plein et entier d'un volontariat intellectuel sans faille, l'intervention du Cheikh Mohamed Said revêtait donc un caractère hautement stratégique. Il était absolument indispensable, question de faisabilité, de maintenir toujours une mobilisation dynamique des populations.Il fallait donc sensibiliser profondément les Algériens sur leur responsabilité réelle dans l'action de redressement de leur pays. Ils en étaient même l'épine dorsale. Sans leur concours, sans leur génie et savoir-faire, sans leur engagement, sans leur abnégation, sans leur sens du devoir et de solidarité sans faille, l'Algérie ne pourrait se relever pour se remettre au travail. La confiance et l'espoir des Algériens envers les autorités publiques, égarés et perdus à partir de 1963, avaient toutes les chances de ressusciter en 1992 compte tenu de l'engagement de la population d'une manière générale et de la jeunesse en particulier pour l'intérêt manifesté à la chose politique, un engouement réel, visible à travers les taux de participation enregistrés aux élections de juin 1990 et de décembre 1991 (plus de 60% alors que ces taux n'arrivaient que très rarement aux environs de 7% dans toutes les précédentes joutes)Une Algérie au travail, une Algérie en mouvement, allait nécessairement faire éclore de nouvelles compétences, qui se devaient et auraient la charge d'affiner les processus déjà mis en œuvre, de défricher de nouveaux sentiers pour instaurer réellement et enfin une économie en Algérie, encore inexistante à ce jour, et espérer ainsi tout au moins remettre sur les rails du développement le pays.Ce programme dérangeait tellement d'intérêts, chamboulait tant d'ambitions que les coûts directs et indirects consentis pour l'arrêter ont été exorbitants. Tout à fait inhumains pour les premiers, ils furent d'un aveuglement ignare pour les seconds. Pour mémoire et en comparaison, il y eu environ 260 000 morts en Colombie en 51 ans de combat, soit environ 5100 morts /an, pour environ 45 000 morts/an en Algérie en 7ans de guerre civile (1992/1998) disparus compris.Ceci étant, les observateurs remarqueront que le discours sur la politique économique tenu par le gouvernement en 2016 ne s'éloigne guère des propos tenus par Mohamed Said en 1991. Il est question aujourd'hui :De sortir le pays de sa dépendance envers les hydrocarburesDe promouvoir la production nationale par la réindustrialisassions du paysDe développer l'agricultureDe limiter les importations etc...Ces mêmes observateurs finiront ensuite forcément par remarquer, en tenant compte de l'espace temps qui sépare les deux discours que l'Algérie à donc vingt cinq ans durant, erré dans un labyrinthe sans issue, une errance aveugle mais toutefois responsable dont il est inutile de revenir sur les différentes hémorragies qui ont affecté son potentiel (humain, financier et matériel).Pour autant, il nous est permis aujourd'hui d'affirmer sans sourciller que les centaines de milliers de morts et de blessés, les centaines de milliers de disparus, de torturés, d'emprisonnés, de déportés, de réfugiés, ne constituent que le coût direct et la partie visible de l'iceberg du coup d'état infligé à l'Algérie. Les coûts indirects, plus pernicieux parce qu'invisibles pèsent donc quant à eux au moins 25 ans, non pas uniquement d'un retard généralisé dans tous les domaines mais d'une hibernation régressive imposée à la toute jeune nation algérienne dans son ensemble.L'exécutif aujourd'hui possède t-il le moyen essentiel ou déterminant nécessaire pour réussir aujourd'hui ce qui était prôné il y a 25 ans ' Dans le cadre de l'environnement politique et social actuel du pays, le gouvernement serait-il capable de mobiliser une solidarité et un engagement sans faille des Algériens pour espérer réussir son programme ' Au travers des résultats obtenus par le lancement de l'emprunt obligataire ou du procédé destiné à bancariser les capitaux de l'informel, le quidam que je suis ne parierai pas le cent du dinar sur la question, et nous mesurons ainsi, encore et encore, le degré exorbitant de nuisance d'un autre coût indirect, que les janviéristes et leurs suppôts ont infligé à l'Algérie, lui faisant perdre en 1991, alors que les Algériens baignaient dans un optimisme apte ?'à déplacer des montagnes , fournisseur réel des élans civilisationnels puissants et généreux, une deuxième chance après celle de 1962, de se remettre au travail et prendre place dans le concert des nations à l'instar des petits dragons asiatiques. Bien au contraire et sous la torture, l'espoir fut assassiné et partant, la conscience civique de tout un peuple fut mise à mort. Il suffit de descendre simplement dans la rue pour s'en convaincre.Si démocratie signifie ?'pouvoir du peuple , à contrario, toute action putschiste nie dans les faits aux peuples leur pouvoir premier en démocratie, à savoir leur droit d'élire et de déposer leur représentation. L'action putschiste constitue donc fondamentalement en elle même le summum de l'ante-démocratie. Que Dieu punisse les contrefacteurs.DJEDDOU Mayara
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Quotidien d'Algérie
Source : www.lequotidienalgerie.org