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Erdogan poursuit sa purge



Erdogan poursuit sa purge
L'offensive d'Erdogan se poursuit braquant les yeux du monde entier sur des images choquantes d'arrestations tous azimuts dans une Turquie où tout principe de démocratie semble avoir été suspendu le temps d'un règlement de comptes”'abla Chérif - Alger (Le Soir) - La tentative de coup d'Etat opéré il y a déjà plus de quinze jours contre le Président turc avait immédiatement soulevé un sentiment de condamnation unanime à l'échelle internationale. Tous les pays, sans exception, s'étaient accordés à rejeter un coup de force opéré selon un vieux scénario banni par tous les Etats du monde. Deux semaines plus tard, la perception des évènements qui ont secoué ce pays ont fatalement fini par se transformer d'abord en interrogations puis en appréhensions et enfin en condamnations.Ce qui se passe en Turquie depuis la fameuse nuit du 15 juillet dépasse souvent l'entendement. Les images d'arrestations massives circulent en boucle sur toutes les chaînes télévisées du monde. Depuis samedi, l'opinion internationale a droit à des scènes encore plus choquantes : des journalistes massés dans des bus en route pour des auditions dans des commissariats où ne subsistent que des policiers ayant échappé eux aussi aux purges en cours dans le pays. 8 000 d'entre eux ont été suspendus, radiés ou arrêtés depuis le début de la vaste offensive lancée par Erdogan.Les autorités turques ont annoncé avoir donné l'ordre de fermer 45 journaux, 16 chaînes de télévision, 3 agences de presse, 23 stations de radio, 15 magazines et 29 maisons d'éditions.Les médias turcs n'ayant pas encore été touchés par cette décision ajoutent que 89 mandats d'arrêt ont été lancés contre des journalistes. L'information s'est très vite confirmée. Samedi, 17 d'entre eux, dont des figures connues de la presse turque, ont été inculpés pour appartenance à groupe terroriste. Ils sont supposés entretenir des liens avec le réseau de Fethullah Gèlen soupconné d'être à l'origine du coup d'Etat raté.Les condamnations de telles pratiques se sont naturellement multipliées à travers le monde témoin de l'engagement d'une grande partie des médias turcs pour faire échec aux putschistes qui ont tenté de s'emparer du pouvoir la nuit du 15 juillet. Depuis cette nuit, leur rôle est cependant concentré sur la diffusion d'informations relatives aux purges menées par Erdogan. Il y avait fort à faire : en tout, 55 000 personnes ont été touchées par ces mesures. Parmi eux, des masses d'enseignants, des militaires (150 généraux arrêtés), des policiers, des doyens d'université, des fonctionnaires et 3 000 juges et procureurs.Il va sans dire que l'offensive menée par Erdogan a inévitablement jeté sur le pays un climat de terreur inédit. Une terreur, affirment les spécialistes, qui rend impossible tout traitement équitable des affaires portées devant la justice. La Turquie s'est soulevée contre un coup de force, elle en subit un autre. Déterminé à aller jusqu'au bout de sa logique, Erdogan a décidé de suspendre sa coopération avec l'Union européenne. Simple vengeance contre un coup d'Etat raté ' Des spécialistes en doutent. Récemment interviewé par le journal en ligne Algérie Patriotique, le journaliste d'origine turque Bahar Kimyongur affirmait que les services d'Erdogan étaient informés quelques heures auparavant du coup d'Etat qui se préparait. «Il a laissé faire pour préparer sa contre-attaque».Hier matin, un décret officiel publié a annoncé que plus de 1 400 militaires, dont le conseiller militaire le plus proche d'Erdogan, avaient été limogés. La même source nous apprend que 1 389 militaires ont été radiés. Parmi eux, l'aide de camps du Président et le chef d'état-major des armées. Le même communiqué annonce la fermeture faite ce samedi de toutes les écoles militaires et leur remplacement par une nouvelle université.Erdogan est décidé à ne rien laisser passer. Tous les secteurs du pays sont passés au peigne fin. Aucun détail n'est épargné. Erdogan veille à tout, faisant fi de tous les appels de la communauté internationale, inquiète des atteintes flagrantes aux droits de l'Homme et de cette terreur sans précédent qui frappe la Turquie depuis le 16 juillet dernier.
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