
A ne pas confondre avec l'Association d'astronomie constantinoise qui porte le même nom, la galerie d'art Sirius d'Alger partage quand même avec son homonyme une certaine attraction pour les univers cosmiques, vus différemment, c'est sûr.Créé depuis une année environ, ce lieu d'art, animé par l'artiste-peintre Valentina Pavloskaïa-Ghanem, a su positionner rapidement son enseigne dans le circuit artistique de la capitale. Située dans le quartier du Télemly*, sa surface modeste avec mezzanine est compensée par un aménagement qui maximise la vision des ?uvres présentées, y compris de l'extérieur.Mais c'est surtout sa programmation qui intéresse les amateurs d'art avec une «ligne éditoriale» qui privilégie la peinture dans ses courants modernes et fait la part belle aux artistes qui mêlent abstraction et figuration.Récemment encore, Moussa Bourdine y proposait une «Exposition d'automne» (une trentaine d'?uvres récentes) qui avait attiré ses nombreux admirateurs dont quelques collectionneurs inconditionnels. Fidèle à son univers créatif, le peintre au béret basque, toujours aussi débonnaire et accueillant, avait proposé ses fameux portraits de femmes et d'enfants évoluant dans de vagues configurations de formes et de couleurs. Il offrait aussi à voir une série de «fenêtres» par lesquelles l'?il du peintre relayé par sa palette s'efforçait de mettre en scène, ou plutôt en cadre, les paysages saisis de l'intérieur d'une maison, un peu comme si son propre sédentarisme à Zéralda devenait désormais pour lui un thème de création.Moussa Bourdine est né en 1946 et dépasse donc de quatorze ans Karim Sergoua qui a pris sa relève hier sur les cimaises de la galerie Sirius. S'ils appartiennent à la même génération démographique, cet écart d'âge les situe dans des générations artistiques différentes. Le premier a étudié à la Société nationale des beaux-arts d'Alger, vénérable association qui a permis à des autodidactes comme Bourdine de bénéficier d'une formation artistique en dehors des emplois qu'ils devaient exercer. Né deux ans avant l'indépendance, Sergoua a pu bénéficier du cursus de l'Ecole nationale des beaux-arts dont il est devenu par la suite professeur.Ce parcours académique ne l'a pas enfoncé dans le conformisme, bien au contraire ; fortement inspiré par le Mouvement Aouchem qui lui a donné cet intérêt pour les motifs et matériaux traditionnels, il s'est toujours attaché à l'expression contemporaine, voulant marier les deux et développant d'innombrables expériences créatives personnelles et collectives, comme le montrent ses implications fortes dans la fondation Asselah, les groupes Essebaghine, Base 3+1 ou P'Art-ci, P'Art-là.Depuis hier, la galerie Sirius l'accueille (jusqu'au 3 décembre) sous le titre, comme à son habitude original, de «Vendredi 13-Purification» avec des toiles, des céramiques et des poteries toujours empreintes de ses signes mais avec toute une partie de son exposition épurée, prenant le risque intéressant de montrer son travail antérieur puis de le questionner au même endroit en le déshabillant en quelque sorte. Cette témérité vaut le déplacement, d'autant que Sergoua n'a pas exposé en solo depuis assez longtemps. *Résidence Galerie Sirius. 139, boulevard Krim Belkacem. Quartier du Télemly, Alger-Centre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameziane Farhani
Source : www.elwatan.com