
Les interventions des députés, au second jour des débats autour du projet de loi de finances 2016, auraient gagné en intérêt si elles pouvaient traduire des intentions de vote.Les débats sur le projet de loi de finances 2016 se sont poursuivis hier à l'APN pour le troisième jour consécutif, sur fond d'inquiétudes et d'appréhensions exprimées par la majorité des députés dans leurs interventions respectives. Si les représentants du parti des travailleurs (PT), du Front des forces socialistes (FFS) ou encore de l'Alliance de l'Algérie verte se sont distingués par des oppositions plutôt directes, les autres intervenants des partis de la majorité parlementaire, notamment ceux intervenants sous les bannières du FLN et du RND, ne se sont pas moins distingués dans des critiques de ce projet. Le suspens est donc bien là, parti pour durer jusqu'au jour du vote, prévu lundi 30 novembre.Pour le PT, au vu de certaines propositions qui menacent les équilibres sociaux et économiques, le projet de loi de finances soumis à débat ne pouvait être qu'un "projet dicté par l'oligarchie".Le retrait de quelque huit articles par la commission des finances et du budget de l'APN est loin d'être suffisant pour convaincre l'opposition, tant que d'autres dispositionsqualifiées de "dangereuses" pour l'économie, voire la sécurité et lasouveraineté du pays, sont encore maintenues. Selon nombre de députés, les dispositions en question risquent de remettre sérieusement en cause les acquis sociaux et économiques. Les menaces planent notamment sur la fameuse loi 51/49, l'ouverture des capitaux des entreprises publiques au privé ou encore l'exonération fiscale sans conditions des investisseurs.Si le gouvernement tente de convaincre que ce genre de mesures est inévitable pour encourager les investissements nationaux et étrangers afin de développer une économie diversifiée et sortir de la dépendance aux hydrocarbures, les députés, eux, appréhendent une manière de précipiter le passage d'un Etat social à un Etat libéral. Les députés ont du mal à croire en la bonne foi du même pouvoir qui n'a pu rien faire durant plus de 15 années de gouvernance.Cette donne semble à elle seule suffire pour décourager certains partis, même pour introduire des amendements à l'occasion de cette session. C'est le cas notamment du FFS dont les discours virulents à l'encontre du système, prononcés respectivement par les députés Ahmed Bettatache et Abderrahmane Sadeg, ne laissent aucun doute sur les intentions du vieux parti de l'opposition à voter contre ce projet de loi. Le PT, lui, s'inscrit dans une autre logique qui consiste en la proposition de pas moins d'une trentaine d'amendements. Dans sa tentative de corriger la copie de ce projet de loi de finances qu'il qualifie de "très dangereux", le parti a engagé un travail de lobbying au sein de l'hémicycle. L'objectif étant évidemment de rallier le maximum possible d'élus, y compris parmi ceux des partis de la majorité, pour "contrer les plans de l'oligarchie".Une tâche qui s'annonce difficile tant, reconnaît le chef du groupe parlementaire, Karim Djoudi, lui-même, que les pressions qu'exerceraient de l'extérieur les lobbies acquis à l'oligarchie peuvent s'avérerdéterminantes. Les interventions des chefs des groupes parlementaires attendues pour la matinée d'aujourd'hui pourraient clarifier davantage la position des différentes formations.F. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farid Abdeladim
Source : www.liberte-algerie.com