La filiale locale du holding d'El Qaïdaa revendiqué les derniers attentats en Algérie selon un communiqué diffusé parEl Jazeera. On y a relevé la revendication, l'identitémauritanienne de l'un des kamikazes (pour souligner le caractère régional decette nébuleuse), sans noter le sens lourd d'un petit détail finement concoctépar les stratèges en communication de ces groupes: l'affirmation d'une vagued'attentats ciblés, lancés en représailles contre l'une des dernièresopérations réussies de l'armée algérienne, placée sous un slogan pompeux (Expéditionde la vengeance) et déclarée comme close le 20 chaâbane,c'est-à-dire le jeudi 21 août dernier.
Pour les bons entendeurs, selon ce communiqué, il s'agitpour le groupe terroriste de faire comprendre qu'il garde le monopole del'initiative, peut déclarer une vague d'attentats selon un calendrier devolonté et non selon une possibilité technique opérationnelle, et d'insistersur une capacité de nuisance contrôlée, réfléchie, voulue et maîtrisée selonles besoins de la riposte ou de l'action. Déclarer qu'il s'agit d'une campagneet déclarer qu'elle a pris fin selon une décision propre est une technique decommunication de guerre pour un groupe qui veut casser l'image d'une nébuleusede groupuscules en détresse, embusqués dans des maquis sans issues, pour seprésenter comme une armée à part entière, capable de lancer des contre-campagnes et d'en décider de la durée, de la formeet des moyens. Une technique de propagande qui vise à installer le climat de lamenace permanente, de la terreur volontaire et affirmer pour le GSPC local, lesgalons d'une guérilla imaginaire, capable d'imposer des clauses d'affrontements,des techniques de tranchées et des possibilités d'affrontement à large échelle.
Dans une société où la communication officielle est tropproche de la propagande grossière malgré les sympathies populaires, ce genre detechnique fait son effet par la mécanique de la rumeur qui se donne de lacrédibilité en annonçant le pire et en jouant sur les peurs. D'autant plusqu'en face, l'Etat en est encore aux recettes démodées de l'ENTV,aux déclarations triomphalistes et unanimistes et aux images peu convaincantesde ministres penchés sur des lits d'hôpitaux, à peine capables de traduire lacompassion par les traits du visage ou l'usage d'une langue officielle tropmorte pour convaincre. Vus à l'ENTV, nos ministres endéplacement sur les lieux des attentats sont souvent pitoyables, peuconvaincants et désespérément coincés dans leurs bégaiements habituels. Ilsfont presque oublier que contrairement aux années 90, les Algériens sontconvaincus de l'impasse islamiste et du caractère criminel du terrorisme, malgréla persistance de quelques thèses courantes sur des luttes au sommet, desmanipulations ou des courses au pouvoir sur les cadavres des passants.
Il ne s'agit plus donc de convaincre les Algériens mais derevoir les moyens de communication de l'Etat pour ne pas dilapider ce capitald'adhésions populaires. L'ex-GSPC l'a fait, à samanière et pour ses besoins, là où l'Algérie officielle, mis à part cettecampagne dans les mosquées lors des prêches des vendredis, persiste à montrerdes touristes à Boumerdès et à interviewer de fauxpassants pour faire passer le message de la condamnation et à défendre lesbilans de Bouteflika au lieu de mener les gens àdéfendre leur pays et leurs maisons pour mieux les impliquer dans les nouvellesformes de la «résistance».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kamel Daoud
Source : www.lequotidien-oran.com