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Entretien avec deux membres de SMSBridge :



Entretien avec deux membres de SMSBridge :
Ismail Chaib et Khelil Kridi, jeunes entrepreneurs algériens (âgés de 24 ans) nous raconte leur expérience au sein de SMSBridge, une start-up algérienne créée, il y a deux ans, par des étudiants de l'école supérieure d'informatique, l'ESI (ex-ENI).
En quoi consiste l'activité de votre entreprise '
Ismail Chaib : Smsbridge est une start-up algérienne qui permet aux entreprises de mieux communiquer avec les clients en utilisant le SMS. En Algérie 95 % de la population a un téléphone portable qui peut recevoir des SMS, donc nous ce qu'on s'était dit pourquoi ne pas utiliser ce canal là comme canal de communication avec les clients ' Nous sommes une petite équipe composée de quatre co-fondateurs, on était encore étudiant dans l'informatique à l'INI quand on avait lancé le projet. D'abord, on avait commencé à réaliser notre plateforme web, après Khelil nous a rejoint pour l'aspect business commercial. L'idée de base était de construire une plateforme web qui permet aux entreprises, via une interface web de partager, de publier un message via le sms que l'on va recevoir sur notre téléphone portable. Nous avons réussi à construire une plateforme avec un coup de SMS qui est moins cher du prix de l'opérateur. C'est donc une idée un peu intéressante qu'on a essayé de développer. Le premier prix de Algerian Startup Initiative (ASI), qu'on a gagné en 2010, nous a permis de faire une levée de fond de un million de Dinars, et d'avancer aussi dans notre projet.
Qui sont vos clients '
Khelil Kridi : Nous avons contacté plusieurs clients, en se concentrant d'abord sur les petites entreprises pour bien assoir notre activité. Par la suite, nous avons approché des clients qui seraient potentiellement intéressés comme le secteur automobile et les assurances.
I.C : 10 à 12 % de la population algérienne utilise internet, contre 95% pour le téléphone mobile, donc la balance est claire, l'intérêt est claire. En plus il y a une statistique qui dit que 92 % des gens qui reçoivent un SMS vont le lire, contrairement à l'e-mail. Les entreprises commencent à se dire « ah ça c'est intéressant et ça c'est des jeunes qui font une plateforme simple ». Nous, le retour qu'on a eu c'était « votre plateforme est très simple à utiliser, les gens aiment bien ».
Vous avez-pris part en mars dernier au Feowl (projet international de développement en Afrique, ndlr). Racontez-nous comment ça s'est passé...
I.C : En effet, on a contribué à un projet en Afrique, et qu'on veut lancer au Cameroun qui se sert des SMS pour suivre l'évolution des coupures d'électricité. C'est un problème assez important en Afrique. On a voulu, encore une fois en utilisant les SMS de faire en sorte que les citoyens eux même nous disent, voilà dans mon quartier il y'a une coupure d'électricité, d'une heure de vingt minutes etc. En fin du mois, on a des statistiques, voire des données fiables sur les coupures électriques. C'est un projet un peu international, nous sommes dans une sorte de consortium avec des entreprises camerounaises, allemandes et française, et c'est SMSBridge qui a initié le projet.
C'est du Data-journalisme...
I.C: Voilà, ça permet de faire du data journalisme. Le but, si vous voulez ultime, c'est de donner des outils data journalisme aux journalistes pour justement adresser ce problème de coupures électriques. Nous avons récemment remporté le concours de l'IPI (institut international de presse), financé par Google, qui nous a permis de gagner 100000 euros à répartir sur le consortium.
Que ce que ça vous a rapporté précisément '
I.C : Sur SMSbridge on a eu l'avantage si vous voulez d'avoir une équipe qui soit réellement extraordinaire, donc j'ai eu ce grand avantage d'avoir des cofondateurs qui sont issus de l'école supérieur de l'informatique très brillants, Nassim Hartani, Amine Benmouffok, ainsi que Abdelmoumene Taleb. Et le deuxième avantage ça été qu'on remporte le concours à l'ASI, où nous avons été élu parmi le top 100 des startups sur le bassin méditerranéen. Ce qui nous a facilité le travail c'est bien la nature du marché algérien, les entreprises sont intéressées et ils voient plus un intérêt à utiliser le SMS.
Et pour les contraintes '
I.C : Il y'en a eu beaucoup, beaucoup de difficultés qu'on est toujours en train de résoudre. Des problèmes, bien sûr, au niveau administratif, au niveau financier et bancaire aussi. Il nous a été également difficile de trouver des clients.
K.K: Ça concerne surtout la légalisation de SMSBridge en Algérie, c'était très difficile, quoiqu'on soit bien avancés. Nous avons rencontré aussi des contraintes environnementales, qui ne facilitent pas la tâche aux les nouvelles initiatives.
Est-ce que vous avez des projets en vue '
I.C: Notre focus pour le moment c'est SMSBridge, faire en sorte que le SMS soit un canal un peu plus « noble », qui va permettre aux entreprises de mieux communiquer avec leurs clients, et bénéficier d'une couverture plus importante.
Interview réalisée par I.A


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