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Entre son passé et ses défis actuels



Entre son passé et ses défis actuels
«Je n'ai encore pas vu grand-chose d'Alger, hormis le Centre d'entraînement de Sidi Moussa, les stades et l'hôtel. Mais je vais prendre mes marques, voyager dans le pays, pour assister à des matchs et voir qui pourrait renforcer la sélection. J'ai l'impression que l'Algérie est un pays en plein développement. On construit beaucoup ici.»
Voilà ce que vient de déclarer le sélectionneur de notre Equipe nationale dans un entretien accordé à Jeune Afrique avant d'ajouter un peu plus loin : «En Algérie, les gens sont passionnés, fiers, parfois excessifs. Beaucoup ont des difficultés quotidiennes, et le football prend beaucoup d'importance. La passion contribue à la motivation, cela ne me fait pas peur», assure le Franco-bosnien. Il profita pour expliquer comment est il arrivé à prendre le train vers Alger et qui était son «chef mécanicien» qui l'a convaincu à prendre cette la machine. Il évoque ensuite ce qui le caractérise le plus en l'occurrence, la discipline et les défis qu'ils aiment côtoyer à l'image du niveau de l'équipe algérienne qui était médiocre et qu'il va falloir vite remonter pour ne pas rater l'avion cette fois à destination de la CAN. Dans cet album de faits, il évoque ses voyages entre Lille et Alger où il partage un logement avec son Cyril Moine, le préparateur physique des Fennec. Son parcours qui lui fait rappeler de mauvais souvenirs, il en parle, d'abord, il y a son passage à Beauvais, Lille, Rennes, le PSG au Raja Casablanca, où il a remporté la Ligue des champions de la CAF-1997 et deux titres de champion du Maroc. Il enchaîna pour les lecteurs de ce journal en reconnaissant que l'Algérie recèle un réservoir de jeunes talents avec qui, il compte faire construire les marches pour refaire surface. Tout comme lui d'ailleurs qui vient de reprendre goût après avoir connu une situation loin d'honorer ceux qui ont la main basse sur le football ivoirien «ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire m'a fait mal». Impossible pour lui de passer l'éponge, pendant des mois, il n'a pas compris ce qui s'est passé et pourquoi ce fax qui lui indique qu'il était temps de quitter le pays ivoirien et ce juste après la défaite (2-3) contre l'Algérie lors de la phase finale de la CAN-2010, en Angola ! Dégoûté, il prit la juste décision celle de ne plus être sectionneur. Le football pour lui, c'était bel et bien fini. Mais voilà que le président de la Fédération algérienne de football qu'il rencontra à Paris l'amène à remettre en cause sa décision. Au début, dira-t-il, «j'avais refusé, d'autant que j'étais sous contrat au Dinamo Zagreb (Croatie).» Juin 2011, le sélectionneur Abdelhak Benchikha démissionne après le (0-4) face au Maroc, Raouraoua prendra langue avec lui et réussi à le convaincre pour faire chemin avec nos représentants. Objectif, qualifier l'équipe pour la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN-2012), ensuite celle de 2013, et bien entendu le Mondial-2014. Pour le Bosniaque, la proposition est alléchante mais mériterait une consultation familiale et surtout regarder quelques matchs de l'Algérie en DVD. Quelle suite donner ' Semblait murmurer le futur élu de l'équipe nationale algérienne pour qui, l'EN ne fait plus partie des meilleures. On aborde le chapitre qui a fait défaut chez nous, la discipline. Le fil sensible qui dérange et qui fut le propriétaire d'une certaine classe' Discipline militaire, dit-on de lui, sur ce point, il gomme le terme militaire que ses amis lui collent, bien qu'il en fait son cheval de bataille. Militaire suppose pour lui guerre et la guerre, répondra-t-il au journaliste, «je l'ai connue dans mon pays, en Bosnie-Herzégovine, et qu'on me traite de militaire, c'est' une provocation ! Seulement, en France, on préfère les entraîneurs dociles. Des moutons !» Voilà ce qui est clair. Chez les Algériens, du moins au sein de l'Equipe nationale, il y avait ce manque pour ne pas dire l'absence de discipline, pourtant devait-il relever, il existe un règlement intérieur mais jamais respecté. «Moi, je veux qu'il le soit, rien de plus» et pour illustrer sa ténacité, il cita comme exemple son premier rassemblement à Marcoussis (France) en août plus précisément, où Ryad Boudebouz (Sochaux) n'était pas venu faire constater sa blessure. «Et trois jours plus tard, il jouait avec son club. Je ne l'ai donc pas sélectionné en Tanzanie (1-1, le 3 septembre) et contre la Centrafrique.» Il pousse son analyse jusqu'à citer le cas d'un joueur ivoirien qui avait prétexté une panne de réveil pour expliquer son absence. «Eh bien, il a dormi six mois, la durée de la période où je ne l'ai pas appelé en sélection.» Le sélectionneur tenu par une question du journalisme à propos de l'absence de buts, il lancera à la face de l'intervieweur, «j'ai vu des DVD où l'équipe ne faisait pas plus de deux cents passes dans le match. Lorient, en France, c'est six cents. En Tanzanie, on en a fait quatre cents. C'est mieux, mais on doit progresser», son v'u comme il l'a souvent mis en évidence lors de ces conférences de presse en Algérie, c'est de changer de tactique et de schéma, en somme faire une révolution des mentalités des joueurs pour qu'ils accèdent à un niveau supérieur. «J'ai envie de révolutionner son jeu. L'Algérie a de bons joueurs. Pas de grandes stars, mais de bons joueurs.» Ce qui suit est plein de révélations et le professionnel algérien partage cette impression, «j'ai assisté à plusieurs matchs du championnat. Et j'ai l'impression que beaucoup jouent contre nature, parce que les entraîneurs savent qu'ils peuvent être virés n'importe quand, et ils hésitent à faire prendre des risques à leur équipe». Un autre sujet glisse dans la discussion et il fait l'actualité, à savoir les quotas en France, va-t-il récupérer certains binationaux' ' «Ah, le débat sur les quotas en France ! Mais ce n'est pas une maladresse, c'est du racisme pur et dur. La binationalité, aujourd'hui, c'est presque une règle de société. Alors oui, si je peux convaincre certains joueurs qui possèdent la double nationalité franco-algérienne de jouer pour les Fennecs, je ne vais pas me priver. J'ai une liste de trois ou quatre joueurs. Halilhodzic penserait notamment à Yacine Brahimi, le milieu de terrain de Rennes.»
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