
Le Bassin d'or de Mustapha SedjalUn évènement pluridisciplinaire des plus riches est organisé depuis le 20 au 28 mai au niveau de Dar Abdellatif, la Cinémathèque algérienne, etc.Placée sous l'égide du ministère de la Culture, l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel organise en effet, «Algérie au coeur», un évènement qui se décline sous diverses formes: cinéma, musique, colloque, littérature et arts plastiques. Une manifestation pour ainsi dire très riche qui a déjà drainé beaucoup de monde depuis son inauguration et continue son périple. Côté musical, le public aura déjà apprécié le spectacle Barbès Café, et le concert hier de cheb Billal avant de retrouver ce 28 mai au théâtre de verdure d' Alger l'excellent groupe Zebda et ce à partir de 20h.Côté cinéma, la Cinémathèque algérienne accueille de nombreux films, entre fiction et documentaires. On citera Nouvelle vague, Quand le cinéma prend des couleurs d'Edouard Mills-Affiif, Chacun sa vie, Mektoub, Chacun sa vie, L'Autre France, Une femme pour mon fils d' Ali Ghanem, Sortie d'usine, Les marcheurs, Chronique des années beur, Madame la France, ma mère et moi, Mouss et Halim, origines contrôlées de Samia Chala, Perdus entre deux rives, Les chibanis oubliés de Rachid Oujdi, La traversée d'Elisabeth Leuvrey, Hors-la-loi de Rachid Bouchareb. Aussi, se tient au programme un colloque autour de l'immigration africaine en France, d'hier à aujourd'hui à travers le prisme du cinéma», encadré par Mohamed Bensaleh et un autre thème lié à l'immigration algérienne en France animé entre autres par Samia Chala et enfin, La territorialité du cinéma algérien, sur une intervention de Malika Laichour. C'est dans ce cadre que s'est tenue une exposition d'affiches de films du 21 au 27 mai. Côté littérature, des rencontres -débats autour de problématiques variées ont émaillé ce programme des plus intéressants. On notera Migration et interculturalité, Histoire de la genèse du roman arabe par Wacini Laredj, mais aussi le rôle de la littérature migrante à travers les générations que sont Abdelkader Djemai, Salim Bachi, Faiza Guen, Zahwa Djennad et enfin un sujet tout aussi important comme la diaspora postocoloniale ou le décloisonnement des frontières.S'agissant des arts visuels, une exposition rassemblant de nombreuses installations se tient au niveau de la villa Dar Abdellatif et ce, depuis le 22 mai dernier.Parmi eux, on citera Tarik Mesli, qui avec Made in Algeria, le nom de son oeuvre, tend à exprimer dit -il «une sorte de retour à mes origines, m'a conduit vers un ailleurs de l'Autre et de moi-même. L'image passe par un filtre qui me permet de dépasser un contexte personnel, identitaire et national. Cette oeuvre nous confronte, dans la durée de notre présence à une réalité remise en question, où notre reflet se mêle à l'image de l'Autre, où la rencontre de l'intime et de l'actualité interroge les stéréotypes et les préjugés sociaux ou culturels. Mon travail de plasticien se veut recherche d'un nouveau rapport à l'Autre dans un monde où, de plus en plus, on est enfermé et l'on s'enferme dans un système qui oppose l'inclus à l'exclu, du Nord au Sud, celui qui parle à celui qui est privé de parole».Pour sa part Kamel Yahiaoui nous présente Chambre de l'émigré. Dans un espace clos, où trône un lit au milieu, les murs sont peints de grisaille marron où l'on peut distinguer des silhouettes d'hommes, comme des ombres fuyantes, témoins de leur ancrage dans l'immigration française. Le septième continent est une installation photos vidéo de Musphata Sedjal qui nous présente entre autres El Dorad'or, un tapis doré recouvrant tout le bassin de Dar Abdelatif et qui traduit selon lui, l'âge d'or de cette maison des artistes. Action est le titre d'une vidéo de Halida Boughriet. Le dispositif est simple. Il s'agit pour l'artiste de marcher dans la rue et d'établir - de provoquer - un contact avec les passants en action est une vidéo en noir et blanc. Il s'agit d'une performance réalisée dans les rues de Paris, qui prend son origine à la fois dans certaines pratiques artistiques des années 1970 pour qui la ville - l'espace public- est un territoire à investir. L'action est filmée par une caméra qui la suit à courte distance, dans une proximité qui peut rappeler l'urgence signifiée avec laquelle sont filmés certains reportages de télévision. La caméra filme l'artiste de dos et ne montre pas les visages, sauf par accident, le filmage, le pas presque dansé de l'artiste et le pas pressé des passants. Le son de la bande n'est pas le son du réel, mais une composition musicale électronique qui intervient en léger contrepoint avec l'action et ne cherche pas à être illustrative. Le cadre de l'image est centré sur les tentatives de l'artiste pour établir le contact, dans l'attente et l'incertitude de ce qui peut advenir. Le toucher étant le seul de nos sens qui soit réflexif- on ne peut toucher sans être touché - cette action vise par conséquent à provoquer l'établissement d'un canal de communication entre l'artiste et le passant. En opérant par là une transgression manifeste de l'interdit social du toucher - on ne touche que ses proches. Ceci est l'explication de cette vidéo en noir et blanc.Pour sa part, Rachid Nacibe nous présente Ya rayeh, en photos. Les tableaux sont construits à partir d'un process de la photo transformée par des corps corrosifs en des oeuvres d'art. Le génie du plasticien raconte, comme par une trame infinie l'exil, la mémoire d'un désir de départ par un envol en d'autres cieux, en d'autres terres. Chaque tableau illustre parfaitement l'histoire de l'émigration telle chantée par Dahmane El Harrachi, par le talent de Rachid Nacib remodelant l'art. L'expo est visible jusqu'à aujourd'hui 28 mai.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com