Alger - A la une

Entre espoir, déboires et scepticisme



Le Palais de la culture d'Alger a abrité une journée d'étude sur le marché de l'art, dans le but de faire rencontrer tous les acteurs de ce secteur afin de penser à mettre en place ce projet tant attendu.En marge du "Printemps des arts» qui se déroule au palais de la culture Moufdi-Zakaria d'Alger, et qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui, une journée d'information sur le "marché de l'art" a été organisée dans le but de faire rencontrer tous les acteurs de ce secteur afin de penser à mettre en place ce projet tant attendu.
La notion de "marché" suppose qu'il y a l'offre et la demande, en y ajoutant l'art, cela sous-entend que ce qui va se commercialiser ce sont des produits d'art, c'est-à-dire des ?uvres artistiques créées et produites par des artistes, médiatisées par des intermédiaires, mises à la disposition du public par les galeristes, les courtiers, les conseillers en gestion du patrimoine, et ce, à l'intention des potentiels acquéreurs que sont les amateurs d'art, les collectionneurs ou de simples particuliers qui voudraient décorer leur intérieur. "C'est en ce sens que cette exposition, puis cette journée d'information, qui sera suivie en clôture par un bilan et des recommandations, ont été organisées", dira le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, en ouverture de cette rencontre.
Puis d'ajouter : "Nous voulons aller vers la création du marché de l'art. Notre premier pas a été de rassembler le plus d'artistes possibles, de toucher un grand nombre de wilayas de l'intérieur du pays, de constituer cette famille artistique qui se réunit, aujourd'hui, autour de ce projet." Tout en poursuivant : "Certes, il n'y a pas tous les artistes ici présents, sans doute que ce salon connaît des lacunes et des défaillances que nous comblerons lors de la prochaine édition qui sera la première édition, car pour cette fois-ci, nous considérons que c'est à l'état expérimental, une sorte d'édition 0 qui sera suivie d'une première édition dont les préparatifs vont commencer dès la clôture, avec la mise en place d'une commission qui en sera chargée."
Cette journée d'information s'est scindée en plusieurs volets animés par des intervenants, chacun venu débattre du sujet le concernant, mais tous soucieux d'un même objectif : comment sortir avec des décisions concrètes sur le terrain. Des artistes d'Alger, d'Oran, de Ghardaïa et d'ailleurs ont pris part au volet relatif à leur expérience personnelle en parlant de leur parcours, tout en décrivant les situations complexes auxquelles ils sont trop souvent confrontés.
Des situations que le représentant de l'Onda (Office national des droits d'auteur et droits voisins) et le président du Cnal (Conseil national des arts et des lettres) ont tenté d'éclaircir, car il semble que le volet protection et droits ainsi que la carte d'artiste posent encore problème, et les concernés ont du mal à s'adapter à ces démarches administratives, bureaucratiques pour certains, qui entravent leur créativité et les empêchent d'avancer, surtout quand ils doivent faire des kilomètres pour juste déposer un papier, alors que si c'était informatisé, le problème ne se poserait plus.
Mais pour parler de "marché de l'art", il faut bien professionnaliser le secteur et lui donner les normes internationales de rigueur pour en faire une industrie créatrice de richesse et une source de revenus, aussi bien pour l'artiste créateur de l'?uvre que pour les relais par lesquels il doit passer. Le rôle des galeristes et l'amateurisme de certains ; les difficultés de la vente et le recours forcé de certains artistes à des moyens "détournés", faute de facilitations administratives, de motions légales et accessibles ; le manque d'ateliers de création, de friches ou d'espace d'exposition ; la complexité des démarches juridiques, douanières, financières ou autres qui portent préjudice à cette denrée culturelle et entravent son exportation alors qu'elle pourrait être source de richesse insoupçonnée si on faisait d'elle une vraie industrie marchande. Aussi, le manque d'intérêt envers ce secteur de la part du citoyen, encouragé en cela par le manque de promotion de la part des médias ou l'insuffisance pour ne pas dire l'inexistence des critiques d'art... Autant de questions qui ont été abordées une énième fois en attendant d'y trouver des réponses, des solutions adaptées et leur application urgente sur le terrain. Un bilan sera fait de cette édition 0, des recommandations découleront de cette journée, attendant leur concrétisation...
Samira Bendris-Oulebsir
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)