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Entre cafouillage et faux-semblants



Entre cafouillage et faux-semblants
Dans la précipitation qui caractérise désormais la gestion des affaires du pays, on a donc dû improviser un ordre du jour pour meubler cette "fameuse" journée du 3 février.En prévision du vote du projet de révision de la Constitution, prévu dimanche prochain, le pouvoir en place fait feu de tout bois pour préparer le congrès du Parlement, appelé à se prononcer par un oui ou par un non sur le texte en question. Quitte à s'emmêler les pinceaux. Pourtant la démarche à suivre est toute simple et ne réclame pas tout ce désordre et toute cette agitation. Une telle situation est indubitablement provoquée par la précipitation qui caractérise la démarche des autorités qui, visiblement, ont hâte de plier ce dossier, comme si c'était la sinécure pour les maux que vit le pays.Sinon, comment expliquer que le président de la République ait signé samedi dernier un décret portant convocation du Parlement en ses deux Chambres pour le 3 février 2016, c'est-à-dire pour la journée d'hier, conformément à l'article 176 de la Constitution, sans que ce même Parlement soit en mesure de répondre dans les temps à la requête de l'Exécutif ' Le spectacle n'est, évidemment, pas beau à voir. Apparemment pris de court, et dans une tentative de rattraper ce qui s'apparente, une nouvelle fois, à une bourde non assumée, les tenants du pouvoir improvisent presque une réunion de la commission conjointe des bureaux des deux Chambres du Parlement, pour, explique-t-on, "élaborer le règlement intérieur de la réunion du Parlement consacrée à la présentation et au vote du projet de révision de la Constitution, initié par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika". Pourtant le décret portant convocation du Parlement en ses deux Chambres pour le vote d'un projet de révision de la Constitution se contente de fixer la date et l'ordre du jour de la séance et ne fait guère référence à une quelconque réunion de préparation du Congrès du Parlement. Et, comble de la tragicomédie qui se joue, alors que le président de la République a convoqué le Parlement pour le 3 février pour le vote du projet de Constitution, son Premier ministre a dû se résoudre à sortir de sa réserve pour rectifier la date et expliquer que le vote aura lieu dimanche prochain, sachant que le Parlement n'était pas prêt pour la séance programmée pour hier mercredi. Vraisemblablement, il y a eu erreur d'aiguillage. D'où tout ce remue-ménage pour essayer de réparer ce qui peut l'être, dans un contexte où le pays donne l'impression de naviguer à vue. Dans la précipitation qui caractérise désormais la gestion des affaires du pays, on a donc dû improviser un ordre du jour pour meubler cette journée du 3 février, date à laquelle fait référence le décret pris par le chef de l'Etat pour le vote de la révision constitutionnelle. C'est dans cette perspective, en effet, qu'une anecdotique "commission conjointe des deux Chambres du Parlement", chargée d'élaborer le règlement intérieur de la session du Parlement consacrée à la présentation et au vote du projet de révision de la Constitution, a été installée, hier, au Palais des nations, à Club-des-Pins (Alger). Cette commission, précise la dépêche de l'APS, est composée de 60 membres, répartis équitablement entre les deux Chambres du Parlement. La commission, nous explique-t-on encore, est chargée de l'élaboration du rapport sur le projet de révision constitutionnelle qu'elle soumettra dimanche lors de la séance plénière du Parlement. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal présentera, ensuite, aujourd'hui, devant les membres de cette commission le projet de révision constitutionnelle. Certes, l'issue de la démarche ne souffre d'aucun doute, surtout lorsque l'on sait que la composition humaine des deux Chambres est mathématiquement d'emblée acquise, et dans sa grande majorité, à toutes les orientations de l'Exécutif. Pourquoi donc toute cette agitation et ces faux-semblants qui, en tout cas, ne peuvent absolument pas masquer les scènes de bricolage qui précèdent la grande messe de dimanche ' Hamid Saïdani


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