
Nos villes sont au bord de l'asphyxie. Saturée de tous ces oxydes d'azote, de souffre, de monoxyde de carbone et de ces minuscules particules fines qui viennent se loger dans nos poumons, notre santé est menacée.La sonnette d'alarme est tirée. Les scientifiques nous apprennent que la pollution fait plus de 7 millions de morts prématurés par an dans le monde et provoque de nombreuses maladies. Sommes-nous conscients de cette pollution ambiante ' Que faisons-nous à notre niveau pour éviter à nos poumons d'être asphyxiés par ces poisons' Témoignages.Sabah, 43 ans«J'habite Alger-Centre, au premier étage d'un immeuble de la rue Didouche-Mourad et je peux vous dire que ma famille et moi trinquons au quotidien à cause de la pollution atmosphérique. A cause des gaz d'échappement des voitures, je suis obligée de garder les fenêtres de mon appartement constamment fermées. Et même comme ça, les particules fines encombrent nos poumons. Et je ne vous parle pas des sols des balcons ! Je dois passer la serpillière tous les deux jours. C'est noir et gras. Même chose pour les vitres. Quand je fais mes courses, je suis prise de quintes de toux, j'ai les yeux qui larmoient et j'ai du mal à respirer. Si je traverse le tunnel des Facultés, saturé des gaz des pots d'échappement des voitures, je suis carrément au bord de l'asphyxie. Il y a bien trop de véhicules, trop de circulation, trop de monoxyde de carbone. On le voit et on le sent. Tout ce poison atterrit dans nos poumons et mine notre santé. En plus, il y a si peu d'espaces verts pour absorber tous ces gaz. Aussi, une fois par semaine, mon mari et moi organisons une sortie ''verte avec les enfants. Bouchaoui, Chréa, Sablettes”? En forêt ou en bord de mer, l'air est plus sain. Pendant les vacances, nous passons quelques jours chez ma belle-sœur, dans les montagnes du Djurdjura. C'est magnifique. L'air y est si pur !Notre sommeil s'en trouve amélioré et nos poumons dégagés. A moyen terme, je pense que nous allons quitter Alger-Centre, histoire d'échapper à l'asphyxie ambiante.»Ahmed, 52 ans«J'habitais place du 1er-Mai avec tout ce que ce quartier du centre-ville implique en matière de pollution en tous genres : sonore, atmosphérique”? Mon fils âgé de 10 ans, asthmatique, souffrait le martyre, surtout en été. Ses crises se multipliaient au contact de l'air pollué chargé de monoxyde de carbone. J'ai dû vendre mon appartement et en acheter un autre du côté de Souidania, où l'air est moins vicié. Depuis, l'état de mon garçon s'est amélioré. Nous-mêmes sommes en meilleure santé. Il y a plus de verdure aux alentours et la qualité de l'air est plus saine.»Chawki, 65 ans«J'exerce le métier de chauffeur de taxi depuis 5 ans environ. Anciennement, j'ai travaillé dans le secteur de l'éducation, en tant qu'enseignant du secondaire, 30 années durant, jusqu'à la retraite. Mais, franchement, je dois avouer que les trois décennies passées à exercer le métier de professeur ne m'ont pas autant usé qu'aujourd'hui. Etre quotidiennement au volant, c'est déjà très pénible, mais respirer à longueur de journée un air aussi pollué que celui de la capitale, c'est carrément suicidaire ! A Alger, la pollution a atteint un seuil des plus critiques. C'est vrai qu'il n'y a aucune mesure de l'air que nous respirons, comme cela se fait dans certaines villes, notamment en Europe ou en Asie, mais il suffit de mettre le nez dehors pour le constater, surtout en agglomération durant les heures de pointe. D'ailleurs, depuis quelques mois, je ne travaille que deux ou trois heures le soir et très tôt le matin. C'est très peu, mais mon médecin spécialiste en pneumologie m'a strictement déconseillé de m'exposer à cette incroyable pollution atmosphérique due essentiellement aux particules fines dégagées par notre très danse parc roulant, de plus en plus vieillissant. Malheureusement, aucune initiative n'est prise par les autorités concernées pour trouver une solution à ce problème de santé publique. Ailleurs, à l'exemple des villes européennes, lorsqu'on constate des pics de pollution, on met aussitôt en place des dispositifs de circulation alternée des voitures en plus de la limitation de la vitesse, etc. Chez nous, rien ! Personne n'en parle et personne ne s'en plaint ! Allez voir les asthmatiques, ils souffrent le martyre les pauvres. Moi-même qui n'ai jamais grillé une cigarette je me retrouve aujourd'hui atteint de maladies respiratoires à cause de cette pollution sévère.»Les scientifiques parlent carrément d'''airpocalypse en devenir. Une situation qui n'est pas propre à notre pays. Un drame sanitaire causé par l'industrialisation et qui touche toutes les grandes capitales. En absorbant des milliers de particules fines générées par l'excès de pollution atmosphérique, nos poumons sont de plus en plus encrassés, notre respiration saccadée et notre teint brouillé. Effet pervers du progrès ' La question est à méditer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Soraya Naili
Source : www.lesoirdalgerie.com