Les examens sont finis ; plus de stress, place au repos et au farniente, surtout pour les étudiants et lycéens. Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à opter pour un autre choix. Celui de travailler pour optimiser leurs vacances, et ce, dans la perspective d'acquérir de l'expérience, enrichir leur CV et gagner quelques sous. Donnons la parole à ces jeunes motivés…
Salim, 22 ans, étudiant en biologie
«Se faire plaisir tout en gagnant de l'argent» c'est la devise de Salim. Grand de taille, il a tout d'un athlète, ce qui est normal. C'est un sportif, plus précisément, un nageur. Tout au long de l'année, il jongle avec son planning entre ses études et la piscine. «Je ne peux me passer de mes études encore moins du bassin. C'est très important pour moi. Je suis conscient que c'est le socle pour assurer un bon avenir. Cependant, je pratique la natation depuis plus de dix ans. Je continue de participer aux compétitions même si je n'atteints pas le summum de mes performances. Cela m'aide à avoir un équilibre et me défouler», confie ce jeune étudiant en biologie. Sa longue tirade sur la natation a un lien direct avec les jobs d'été. «La natation m'a permis de dénicher un job d'été fait pour moi. Je suis maître-nageur ou surveillant de baignade durant les mois de juillet et août, et cela dure déjà depuis quatre ans. Au début, j'ai commencé ce boulot pour le fun, juste pour être entre potes et entrer dans des superpiscines à l'œil. Vous imaginez, à 18 ans, sans un rond en poche, je pouvais entrer dans de grands hôtels pour faire quoi…' nager et bronzer», continue en riant Salim. «C'est vrai que la première année, je n'ai pas pris au sérieux mon travail, contrairement à mes camarades qui ont tissé des liens avec différents responsables. L'année suivante, j'ai moi-même choisi l'établissement où je voulais travailler, et j'ai même négocié mon salaire. Depuis, j'ai pris de l'assurance et je sais comment réagir dans un milieu professionnel. J'ai même entamé des stages de secourisme et autres diplômes dans ce domaine. Aujourd'hui, l'une des voies à laquelle je me destine est de travailler dans des organismes, pourquoi pas onusiens, qui activent dans le secourisme d'urgence et autres», souligne Salim pour qui les jobs d'été n'ont pas été un simple passe-temps. «Sincèrement, il n'y a rien de meilleur que de se faire plaisir tout en gagnant de l'argent», conclut ce futur secouriste.
Salah, 23 ans, étudiant en médecine
Salah prépare sa quatrième année de médecine. Pour la première fois, il a décidé de chercher un petit boulot pour l'été. «Je le ferais juste pour un mois ou deux. Ce sera la première fois», dit-il un peu intimidé de répondre à cette question. «Vous savez, dans notre corporation, rares sont ceux qui avoueront travailler durant l'été. Ils sont un peu snobs. De plus, la culture du job d'été n'est pas encore bien ancrée dans notre société en général, et a encore du mal à percer.» «Paradoxalement, autour de moi, je veux dire en médecine et pharmacie, ce sont les filles qui sont à l'affût des jobs d'été, et elles le disent. Elles donnent l'impression d'une émancipation, et les garçons font dans la frime», analyse Salah. Sa résolution de travailler durant cet été est de donner l'exemple à ses deux jeunes frères. «Je veux qu'ils aient en tête l'image d'un grand frère qui fait beaucoup de choses en même temps.
«La natation m'a permis de dénicher un job d'été fait pour moi. Je suis maître-nageur ou surveillant de baignade durant les mois de juillet et août, et cela dure déjà depuis quatre ans».
L'un passe son baccalauréat l'année prochaine, l'autre, son BEM. Déjà, ils me considèrent comme un exemple, et je veux renforcer cette image. Je veux qu'ils comprennent qu'il n'y pas de sot métier. C'est pourquoi durant l'été, je serais vendeur de glaces dans un restaurant balnéaire. Je ne tirerais aucune expérience professionnelle, mais cela me permettra d'avoir un contact avec les gens et de partir à la plage», poursuit ce jeune futur médecin. Et de conclure : «Ce premier job d'été, je veux le vivre comme une formidable expérience pour la perpétuer jusqu'à l'obtention de mon diplôme de médecine. Je me dis que cela m'aiderait à garder les pieds sur terre.»
Amar, 22 ans, étudiant-stagiaire
Tout de go, Amar témoigne sur son expérience : «C'est vraiment une très bonne chose. Moi-même, avant d'avoir mon diplôme, j'ai travaillé comme téléopérateur, malheureusement, j'étais obligé de mentir à mon employeur en lui disant : ‘'Non, je ne vais pas vous laisser à la fin de l'été.''» Cette expérience combinée avec une deuxième, lui a donné le goût de l'autonomie et de l'indépendance très rapidement. Et d'ajouter : «L'Algérie est un peu loin d'avoir la culture de jobs d'été qui épanouit les jeunes étudiants si on peut dire. Je souhaite de tout cœur que les entrepreneurs et les propriétaires des sociétés prennent ce point en considération. Et je pense que cela commence à venir.» Amar donne même quelques tuyaux pour les futurs demandeurs de jobs d'été : «Le mieux est d'entamer ces recherches quelques mois avant l'été. C'est le moment idéal pour solliciter les grandes entreprises et les administrations. Cela laisse le temps de se renseigner sur les dates exactes de recrutement et le type de postes à pourvoir ainsi que leurs activités. Dans le cas où vous vous êtes pris en retard, il faut s'orienter vers les petites entreprises, les restaurants, les boutiques, les aquacentres. Eux, ils ont besoin d'intérimaires ou de saisonniers. A force de chercher, on trouve. Sauf qu'il ne faut jamais baisser les bras». A bon entendeur !
Mohamed, 17 ans, lycéen
Mohamed a passé son examen de baccalauréat cette année. Durant ses révisions, il a passé le mot autour de lui qu'il est à la recherche d'un job d'été. «Je veux gagner de l'argent cette année, cela ne m'intéresse plus que de refaire toujours la même chose : plage, sieste et les courses. Je veux être plus responsable», explique Mohamed l'aîné de la fratrie. Sa maman partage son enthousiasme : «Je suis fière qu'il réfléchisse ainsi. Tout d'un coup, j'ai constaté que mon fils a grandi et a besoin d'autonomie. Bien sûr que je vais avoir peur pour lui, mais je suis confiante. Cela le forgera.» Mohamed prospecte toujours. Il commence par le réseau familial qui reste le plus sûr pour lui.
Amira, 21 ans, étudiante
«Salut ! je cherche un job pour l'été je crois qu'il faut commencer à bouger dès maintenant. Veuillez s'il vous plaît m'aider en m'indiquant ou puis-je chercher : genre de sites ou autre, et quels sont les bons plans pour pouvoir trouver quelque chose. Je suis licenciée en langue anglaise et je maîtrise parfaitement la langue française. Ce qui pourra éventuellement me plaire est de travailler comme téléopératrice. J'habite Alger, et merci à tous !» C'est un message de Amira, posté sur un forum dédié aux jobs d'été. Contactée, celle-ci nous explique les motivations de sa recherche : «Autour de moi, tous ceux qui n'ont jamais travaillé avant d'obtenir leur licence ont eu du mal à trouver du travail ou bien sont encore au chômage. Je veux que mon CV soit riche et non pas vide lorsque j'achèverai mon cursus universitaire.» En plus, cela lui permettra d'acquérir de l'expérience et des compétences. «Je me dis aussi que les petits boulots permettent de comprendre le fonctionnement d'une entreprise, le sens de la hiérarchie, la ponctualité», l'autonomie…
Meriem, 26 ans, cadre
Sourire aux lèvres, Meriem évoque son expérience professionnelle comme une réussite. «Depuis que j'ai décroché mon baccalauréat, je n'ai pas pris de vacances. J'ai enchaîné les boulots d'été durant quatre ans. Je peux vous dire que cela a été une très bonne chose pour mon CV et la suite de mon expérience professionnelle», témoigne cette jeune responsable juridique au sein d'une multinationale. «J'ai travaillé comme télé-conseillère, télévendeuse, réceptionniste-standardiste et hôtesse. Cela n'avait rien à voir avec les études que je poursuivais. Mais, cela m'a permis de connaître très tôt le milieu du travail, de me familiariser avec les entretiens d'embauche, de faire connaissance avec le télécopieur et le fax et surtout d'être responsabilisée», poursuit Meriem. «Sincèrement, je n'avais rien à perdre. Au lieu de rester à la maison coincée entre le ménage le matin et la sieste l'après-midi, avec quelques virées de temps en temps à la plage, j'estime que j'ai bien fait. J'ai pu, de cette manière, amasser chaque fois de l'argent et garder la tête sur les épaules».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sarah Raymouche
Source : www.lesoirdalgerie.com