
Déambuler dans la maison à 3 heures du matin, quand tout le monde dort à poings fermés ; ouvrir le frigo pour prendre un reste de tarte et se mettre à chanter ; passer un coup de balai dans le salon... puis retourner se coucher comme si de rien n'était. Au matin, pas le moindre souvenir de ces actions nocturnes. Jamais l'expression «dormir debout» n'aurait revêtu autant de sens que chez les somnambules.Des situations plus ou moins cocasses racontées par ceux qui vivent avec un somnambule ou qui souffrent eux-mêmes de cet étrange phénomène. Chez nous, on utilise le vocable «hmar ellil» pour désigner ceux qui se réveillent en pleine nuit, les yeux écarquillés mais complètement inconscients. Ce trouble du sommeil qui implique des faits et gestes bizarres, voire même dangereux fascine et intrigue à la fois. Témoignages.Amina, 47 ans«Je vis depuis 20 ans avec un somnambule et je vous assure que ce n'est pas drèle du tout. Quand il est en proie à ce phénomène, mon mari est étrange ! Il lui arrive de se redresser sur le lit au beau milieu de la nuit en tenant des propos décousus et incohérents. Puis paf ! Il replonge dans les bras de Morphée et continue sa nuit le plus normalement du monde. Dans ce cas, rien de méchant. J'évite juste de le réveiller car il a déjà eu une réaction violente avec moi. Il s'est mis à me hurler dessus en me poussant hors du lit. Ce qui me fait flipper par contre, c'est lorsqu'il erre dans l'appartement les yeux fermés, allume une cigarette, se sert de l'eau pour boire”? Le pire a été évité de justesse une nuit où mon mari s'est tailladé les doigts, en essayant de peler une pomme avec un couteau. Je suis en alerte la nuit car je crains qu'il n'ouvre le balcon pour sauter ou qu'il provoque un incendie avec sa clope. D'ailleurs, j'ai pris l'habitude de cacher les couteaux et les objets contondants chaque soir. Heureusement que ces scènes ne sont pas fréquentes. Toujours était-il que j'ai appris à ne dormir que d'un seul œil pour parer à toute éventualité.»Samia, 29 ans«Je souffre de somnambulisme et ne me souviens absolument ni de mes gestes ni de mes propos. Ce n'est qu'au matin que j'en prends connaissance par le biais de ma famille qui reste pantoise devant mes bizarreries et me raconte mes moindres faits et gestes. Une fois, ma mère et ma sœur m'ont rapporté que j'ai commencé à essuyer le parterre à 2 heures du matin. J'ai également, selon leurs dires, allumé la télévision pour regarder un programme, en riant aux éclats devant certaines scènes. J'aurais aussi formé des numéros de téléphone sur mon portable et envoyé des mails à partir de mon ordinateur. La seule hantise de mes parents, c'est que je dégringole les escaliers. Nous habitons une villa et ils craignent de me voir me casser la figure. Je partage ma chambre avec ma petite sœur, une sorte d'ange gardien qui joue les «veilleurs de nuit» et donne l'alerte au moindre mouvement suspect.» (Rires).Mohamed, 43 ans«Mon fils âgé de 8 ans a eu des crises de somnambulisme deux fois déjà et je me demande si cela va reprendre. Les yeux ouverts mais complètement inconscient, il s'est dirigé, à 3 heures du matin, à la salle de bains pour faire sa toilette puis a voulu s'habiller comme pour aller à l'école. Réveillé par le bruit, j'ai dû le reconduire dans son lit. Il était complètement endormi. Une autre nuit, il a quitté son lit comme un robot et s'est mis à ranger livres et cahiers dans son cartable. Le matin, il ne se souvenait pas d'avoir agi de la sorte. Cela nous a beaucoup fait rire mais je crains que ces gestes l'exposent à un éventuel danger un jour. J'ai peur par exemple qu'il aille au balcon ou qu'il provoque un incendie en craquant une allumette ! Le médecin que nous avons consulté a voulu lui donner des calmants mais je m'y suis formellement opposé car je pense qu'il est encore jeune pour s'accoutumer aux tranquillisants.»Le phénomène du somnambulisme a fait l'objet d'un fait divers au Canada. En 1987, un jeune homme de 23 ans du nom de Kenneth James Parks a poignardé à mort ses beaux-parents.Lors de son procès, des experts ont reconnu qu'il avait agi sous l'effet du somnambulisme et qu'il n'était pas responsable de ce crime. Ce jeune homme a donc été acquitté.Une histoire qui donne froid dans le dos. Car en dehors des petits gestes amusants tels que s'assoir sur le bord du lit, effectuer une série d'abdos ou s'habiller pour aller au boulot, la question est de savoir si ce phénomène peut conduire à des actes violents, voire dangereux comme sauter d'une terrasse, d'un balcon, ou faire du mal à ses proches.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Soraya Naili
Source : www.lesoirdalgerie.com