
Rentrée des classes rime avec joie et enthousiasme pour des millions de parents et d'enfants. C'est loin d'être le cas pour une autre frange d'enfants scolarisés. Pour eux, elle signifie désespoir, obstacles et embûches. Il s'agit des élèves aux besoins spécifiques, atteints d'un handicap mental ou moteur. Dans cette enquête-témoignage, nous leur donnons la parole pour partager leur rentrée scolaire.Plusieurs classes intégrées, destinées aux élèves aux besoins spécifiques au niveau de certains établissements éducatifs à Alger ont été fermées sans motif pour l'année scolaire 2014-2015.Mme Saliha Maayouche, directrice de l'action sociale, a fait cette fracassante déclaration dès la nouvelle rentrée scolaire.Elle remet ainsi sur le devant de la scène médiatique cette frange d'enfants scolarisés. 9 centres psychopédagogiques que compte la wilaya d'Alger sont insuffisants pour accueillir toutes les demandes d'inscription, précisant que 1 400 enfants sont sur liste d'attente. 621 élèves atteints d'un handicap léger et poursuivant leur scolarité au cycle primaire sont répartis sur 84 classes contre 320 élèves sur liste d'attente, selon la même source.Les crèches accueillent 320 enfants souffrant de troubles auditifs répartis à travers 15 classes contre 118 élèves avec le même handicap au cycle primaire et 232 au cycle moyen.«Mon frère autiste a dû quitter l'école pour ne rien faire»«C'est très difficile d'en parler. J'ai un frère autiste et c'est très difficile de gérer ce type de maladie à partir d'un certain âge. Mes parents font de leur mieux mais je pense qu'actuellement ils sont impuissants. A Béjaïa, il n'y a aucune structure pour les autistes âgées de plus de 14 ans. Et je ne sais pas comment faire ou quoi faire pour aider à créer une association sérieuse pour des autistes de cet âge-là . Il est très intelligent dans certains domaines. En plus, il a fait des études au primaire dans une école normale à Oran jusqu'à la 4e année. Après, mes parents ont été contraints de le faire sortir de l'école car il était très turbulent malgré son intelligence et ses bons résultats. Depuis, il est à la maison. Actuellement, il est suivi par un psychologue mais ce n'est pas suffisant. Il ne fait aucune activité en dehors de celle de manger, regarder la télévision et nous harceler. En somme, mon frère autiste a dû quitter l'école pour ne rien faire.Il est urgent que tous les parents d'autistes se regroupent sérieusement et demandent certains droits et des infrastructures pour leurs enfants. En parallèle, il faut qu'il y ait une association centralisée à Alger pour toutes les villes d'Algérie. C'est anormal qu'on se retrouve dans cette situation.»«Mon fils est dans une classe spécialisée »«Je me battais, je me bats et je me battrai pour l'avenir de mon fils. Je ne veux absolument pas évoquer uniquement les obstacles et les difficultés quotidiennes que je rencontre pour l'éducation de mon fils. Il est né trisomique et ce n'est ni sa faute ni la faute de ses parents. Dieu en a décidé ainsi et ce n'est pas une fatalité. C'est avec mon courage et l'abnégation d'autres parents que nous sommes arrivés à créer une classe spéciale pour trisomiques. A chaque étape de sa vie, je me suis battue pour mettre en place la structure adéquate pour son épanouissement. Dès sa naissance, j'ai su qu'il était trisomique. Le choc passé, j'ai décidé de tout faire pour lui pour ne plus me culpabiliser du sentiment de rejet que j'ai vis-à-vis de lui. Donc, orthophoniste et psychologue dès les premières années de sa vie. Par la suite, avec d'autres parents, nous avons loué et payé une orthophoniste et une éducatrice spécialisée pour ouvrir une classe de crèche. Maintenant, comme les autres élèves, ils ont eu droit à une rentrée scolaire. Le premier jour, habillé de vêtements neufs, d'un tablier bleu, il est entré dans sa classe où toutes les commodités sont réunies. Je peux vous dire que ce n'est pas facile mais pas impossible. J'espère qu'avec les autres parents, nous aurons assez de forces pour pouvoir les faire avancer dans la vie jusqu'au jour où ils seront autonomes à 100%. Mon fils sait maintenant écrire et compter. Il peut communiquer aisément avec tout son entourage. Je l'espère pour tous les autres enfants. Bonne année scolaire à tous les enfants, surtout ceux spéciaux !»«J'ai inscrit mon fils dans une école privée»«Mon fils est atteint d'un handicap moteur qui ne lui permet pas de marcher normalement, ni de tenir sa tête. Pendant plusieurs années, je le suivais pour sa rééducation. Arrivé à l'âge de la scolarisation, il a été admis dans un centre spécialisé. Ce que j'ai su par la suite c'est qu'il était intégré dans la même classe que les enfants à déficience mentale. Cela été très dur pour moi. Et contrairement à ce que je pensais, il s'est senti très à l'aise car son handicap paraissait mineur. Cependant, deux années après, il refaisait le même programme car l'éducatrice ne pouvait passer à autre chose, les autres élèves n'avaient pas encore atteint le niveau requis. Mon fils s'est retrouvé de cette façon à refaire pendant trois années le même programme. Il se sentait très bien et paraissait s'épanouir. Il pensait être le meilleur. Mais cette fois-ci, il s'ennuie et réclame plus d'attention. J'ai décidé, ainsi, de le mettre dans une école privée. Je reprendrais le travail de cette façon pour que nous puissions payer les charges. Ce n'est pas évident pour tous les parents surtout pour ceux qui ont des revenus limités. Que Dieu soit avec chacun de nous».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sarah Raymouche
Source : www.lesoirdalgerie.com