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Enfin "l'autoroute" Est-Ouest par mer



Enfin
Lorsque, mardi dernier, Amar Ghoul, annonça la nouvelle entre le «fromage et le dessert», il y avait de quoi pavoiser. La ligne Alger-Tamentfoust est une première étape de «l'autoroute maritime» a-t-il précisé. Oran-Annaba, sur une chaise longue, en bateau avec...sa voiture. C'est pour demain!...Le rêve se réalise. Le gouvernement vient enfin d'accéder à une très ancienne demande. Le ministre des Transports, Amar Ghoul, l'a annoncé mardi dernier. La première ligne de transport des voyageurs par mer sera ouverte dès le mois prochain et reliera Alger à Tamentfoust. Ce n'est que la première étape (35 km) de ce nouveau mode de transport qui reliera l'Algérie d'Est en Ouest. Imaginez le bonheur d'une famille qui veut se rendre d'Oran à Annaba autrement que par air, route ou pas rail. Le bateau offre une qualité de voyage sans équivalent. Sans les risques de la route. Sans les restrictions de l'avion et sans les soucis du transport par rail une fois arrivé à destination. Oui, car en bateau, on pourra même prendre sa voiture avec soi. On pourra également passer le voyage allongé sur une chaise longue admirant la grande bleue pour les romantiques. Pour les autres, ils pourront dormir et ne se réveiller qu'à l'arrivée pour descendre du bateau au volant de leur voiture.Incontestablement, le bateau n'a pas d'équivalent en qualité de transport public. Et dire qu'on nous en avait privé durant des décennies. Pourquoi' Seul Dieu et nos gouvernants le savent. En quand on ne sait pas, forcément on cherche à savoir tout seul. On peut penser aux récifs qui longent les abords immédiats de la côte. Peu probable, car on peut s'en éloigner pour naviguer. On a aussi pensé aux problèmes de sécurité liés à la surveillance des côtes. Là non plus cela ne tient pas la route puisque les gardes-côtes se positionnent bien au-delà, à la limite des eaux internationales. On a pensé à nos ports non équipés de gares d'accueil pour les lignes intérieures. Allez donc, il suffit de les réaliser. Et quand on ne trouve rien, on passe à l'absurde. On revisite nos légendes et celle de Ouali Dada. Qui c'est «çui-là»' On raconte que c'est un saint patron d'Alger, comme il en existait beaucoup à l'époque (son tombeau existe au sanctuaire de Sidi Abderrahmane à Alger), qui, pour défendre la ville assiégée par l'armada de navires dirigés par Charles Quint et qui avait jeté l'ancre à Tamentfoust (tiens, tiens, simple hasard'), frappa avec sa canne trois coups en guise de mauvais sort. C'était en automne de l'année 1541. Du coup, une pluie diluvienne et un vent violent s'abattirent sur la ville et ses alentours. La mer se déchaîna. Les troupes de Charles Quint, roi d'Espagne, qui avaient débarqué restèrent coincées du côté de l'oued El Harrach sans possibilités d'avancer sur un terrain devenu marécageux ni d'être ravitaillés. En mer, la tempête avait fracassé la plus grande partie de la flotte contre les rochers. Il ne restait à Charles Quint et les survivants de sa troupe que de battre en retraite à bord des quelques bateaux épargnés par le cataclysme. L'expédition d'Alger par Charles Quint n'est pas une légende, c'est «l'arme» de Ouali Dada qui l'est. La dernière catastrophe due à la tempête dans le port d'Alger a eu lieu en novembre 2004. Bilan 4 morts, 13 disparus et plusieurs bateaux endommagés. Dans l'intervalle il y en a eu d'autres, mais ce n'est pas l'objet aujourd'hui. On disait être dans le domaine de l'absurde. Evidemment, car des tempêtes encore plus violentes ont lieu sur les côtes européennes. Cela n'a jamais empêché les voyageurs de traverser, par exemple, la Manche par bateau alors même qu'ils peuvent tout aussi bien emprunter le tunnel creusé sous cette mer. Bien d'autres liaisons en ferrys existent le long des côtes européennes. Il suffit de prendre les dispositions nécessaires à ce type de risques. Quitte, chez nous et à l'extrême limite, interrompre le trafic en automne, réputé, saison à haut risque. Raisonnement pas l'absurde quand on est en panne de solutions. D'ailleurs il n'est pas inutile de rappeler qu'une firme étrangère a essayé de nous vendre ses hydroglisseurs pour ce type de transport le long de nos côtes. C'était dans les années 1970 à l'occasion de la Foire internationale d'Alger. La firme avait assuré gracieusement, en guise de démonstration, la navette en ferry depuis Tafourah jusqu'aux Pins maritimes. Elle n'a pas dû être convaincante puisqu'on n'a plus revu ses hydroglisseurs. Depuis, on ne compte plus les articles que nous avons consacrés, depuis des années, à l'ouverture de ce type de transport. En vain! Lorsque, mardi dernier, Amar Ghoul, annonça la nouvelle entre le «fromage et le dessert», il y avait de quoi pavoiser. La ligne Alger-Tamentfoust est une première étape a-t-il précisé. Elle servira donc d'opération pilote avant d'être étendue le long des 1200 km de notre façade maritime. Prions ensemble pour qu'un «Ouali Dada» version 2014, ne surgisse pas pour tout foutre par terre. C'est une nouvelle offre qui vient grignoter les parts d'un marché hermétiquement cloisonné. L'essentiel est d'avoir moins de morts sur les routes, de créer des emplois et de contribuer au bien-être des citoyens qui voyageront comme s'ils étaient en croisière et avec pour «bagage»...leur voiture. Le rêve!zoume6@hotmail.com


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