Alger - Revue de Presse

Energie, coopération militaire... La chancelière allemande aujourd'hui à Alger



Des contrats dans le secteur de l'énergie en premier, d'autres dans le cadre de la coopération militaire, sécuritaire et culturelle pouvant suivre si les discussions entre Bouteflika et Merkel aboutissent.

Beaucoup de préalables semblent ponctuer la coopération algéro-allemande à en croire des responsables allemands rencontrés la semaine dernière à Berlin. Certains d'entre eux pourtant bien au fait de ce qui devrait se passer dans ce cadre, soutenaient jusqu'à hier soir que le programme de la visite de Merkel à Alger n'était toujours pas finalisé. Mais tout le monde s'accorde à souligner l'importance que donnera la chancellerie à Alger aux questions énergétiques. «Les Allemands veulent être plus présents dans le projet des énergies renouvelables inscrit au titre de l'Union pour la Méditerranée», nous a affirmé une source gouvernementale allemande à Berlin. L'Etat fédéral est, disent ses responsables, «très intéressé de conclure un accord avec l'Algérie en matière d'énergie».

L'Algérie est le 6ème fournisseur de l'Allemagne en matière de pétrole. Suffisant ou pas pour prétendre à s'installer plus confortablement dans le domaine. Angela Merkel tentera d'en prouver la nécessité et l'utilité. Son pays sait d'ores et déjà de quoi il en retourne s'il ne diversifie pas ses fournisseurs en matière d'hydrocarbures. Il sait au moins qu'il ne doit pas rester continuellement l'otage de Moscou. Les grincements de dents européennes pour son projet sur la mer Baltique ne lui donnent pas le choix de laisser traîner davantage les choses. L'énergie est donc ce dossier lourd que Merkel viendra à Alger pour «bien» en négocier l'intérêt. Elle le fera au nom de l'Allemagne mais aussi au nom de l'Europe et pourquoi pas l'UPM. Elle sait que l'Algérie donne une grande importance au gaz liquéfié. Le gouvernement allemand a déjà programmé la construction d'un port dans une de ses villes du Nord pour le transport du GNL vers l'Europe. Medgaz et autres projets du genre ont aussi toute son attention.

Attendue aujourd'hui à 15h à l'aéroport international d'Alger, la chancelière allemande sera accueillie par le président de la République avec lequel elle aura de «grandes» discussions sur d'autres questions à savoir la coopération sécuritaire et militaire pour lesquelles l'on a avancé à partir de Berlin qu'il y a possibilité de s'entendre sur un accord d'armement. Les Allemands voudraient en outre proposer aux Algériens l'installation d'une usine de construction de véhicules de service pour la police et l'armée. Merkel voudra aussi ouvrir le dossier de la coopération culturelle qui fait des mécontents chez elle à commencer bien sûr par les fondations Naumann et Ebert ainsi que l'institut Goethe qui sont toujours en attente d'un statut que les autorités algériennes refusent de leur accorder. Les questions religieuses figurent elles aussi dans son ordre du jour. Elle «trouvera le moyen d'en parler», nous a-t-on dit à Berlin.

En fait, c'est des problèmes de prosélytisme qu'elle aura envie de discuter avec le président Bouteflika parce qu'elle a été, affirme-t-on, saisie par les églises sur ce qui s'est passé en Algérie à ce sujet. «Chez nous, le prosélytisme n'est pas interdit, c'est un droit de l'homme universel, la liberté religieuse doit être respectée même si elle est exercée dans une maison», disent les Allemands. Une appréciation qui risque de provoquer le mécontentement de Bouteflika et même des Algériens qui estiment que «chaque pays a les lois qui l'arrangent, les fameuses caricatures sont aussi interdites au nom de nos principes et de nos valeurs mais les Européens les incluent dans le chapitre de la liberté de la presse...».

La chancelière a prévu avant de repartir sur Berlin en début d'après-midi du même jour, de rencontrer jeudi matin des représentants des affaires religieuses ainsi que des femmes représentantes de la société civile. Elle prononcera le soir du mercredi un discours durant le dîner qui sera offert en son honneur par la chambre de commerce algéro-allemande à l'occasion de la tenue du forum des hommes d'affaires des deux pays à l'hôtel Sheraton d'Alger sous le thème «Algérie-Allemagne: un partenariat économique durable». Son ministre délégué de l'Economie et des Technologies, Bernd Pfaffenbach, la précédera pour parler des relations économiques bilatérales. Le ministre de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement, Hamid Temmar, leur présentera sa nouvelle stratégie industrielle. S'ensuivra les interventions de représentants des deux pays pour échanger «témoignages entrepreneuriaux et perspectives des partenariats économiques bilatéraux». La discussion et la signature de contrats restent, selon les organisateurs, à confirmer. Les plus optimistes estiment que même si des contrats ne seront pas conclus durant cette visite, ils le seront dans les prochains mois.


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