
«Donner un souffle nouveau au Théâtre algérien»Depuis sa domiciliation dans la capitale des Hammadites le Festival international du théâtre professionnel connaît une activité dense et variée et trace pour objectif primordial de donner au théâtre algérien un souffle nouveau a travers la question fondamentale du «savoir théâtral» à travers un planning réservé à la formation en multipliant des tournées dans les coins le plus reculés aussi bien du territoire de la wilaya que celui de notre vaste pays. Réconcilier le public et le quatrième art a été l'une de ses préoccupations majeures à sa première édition à Béjaïa.Une entreprise qui s'est avérée féconde tant la quantité des spectacles a permis la reconquête d'un public qui a déserté les lieux de la représentation théâtrale. Omar Fetmouche, dramaturge, auteur, metteur en scène et réalisateur, ex-directeur du théâtre de Béjaïa, nous parle avec passion de cette nouvelle édition qui aura lieu comme chaque année du 29 octobre au 4 novembre 2015, en sa qualité de commissaire du Fitp.L'Expression: Béjaïa s'apprête à accueillir la 7e édition (la 3e depuis sa domiciliation à Béjaïa) du Festival international du théâtre professionnel. Comment se prépare et se présente cette nouvelle édition'La préparation de la 7e édition a commencé juste après la clôture de la 6ème ou nous avions déjà eu deux candidatures à participer depuis le mois de janvier, à savoir la Serbie et la Hongrie. S'il y a d'abord un aperçu particulier cette année, c'est que le festival a vu sa subvention diminuée de 10 millions de dinars à l'instar de tous les festivals nationaux et internationaux et du coup cela nous a obligés à revoir à la baisse nos ambitions en termes de nombre de participations de pays et bien sûr d'organisation de notre logistique. Malgré ses restrictions budgétaires nous sommes quand même arrivés à inscrire 15 pays pour cette édition avec un nombre de spectacles intéressants.Les grands axes du programme n'ont pas été touchés et nous sommes prêts et disposés à faire la fête comme d'habitude avec notre public.Quels sont les objectifs fixés à cette nouvelle édition'Les principaux objectifs de cette édition sont pratiquement les mêmes depuis la domiciliation de ce festival à Béjaïa. Ses objectifs découlent du souci global de donner au théâtre algérien un souffle nouveau à travers la question fondamentale du «savoir théâtral» autrement dit, la question de la formation. Le deuxième objectif est relatif au maintien de l'instauration de la fête et de l'animation de proximité théâtrale pour les adultes et les enfants.Cette année, un intérêt particulier a été donné à la programmation des enfants malgré nos restrictions budgétaires et comme troisième objectif, le festival maintient sa feuille de route depuis trois années, à savoir démystifier le coercitif de la boîte noire et encourager le retour à un théâtre typiquement maghrébin qui puise son imaginaire et ses esthétiques dans les profondeurs du Tassili des Ajjers et dans le chant profond de l'Afrique du Nord. D'ailleurs, c'est dans cet esprit que le séminaire de cette année sous le thème «Théâtre, rite et sacré dans le théâtre contemporain» vient en écho aux thématiques des trois dernières éditions pour prolonger la réflexion sur: les formes préliminaires du théâtre en Afrique du Nord et architecture et théâtre, interrogation des espaces de représentation. Le dernier objectif, qui n'est pas le moindre, c'est faire découvrir au public algérien un autre théâtre qui se pratique ailleurs sur d'autres contrées et cette année, on découvrira avec bonheur le théâtre de l'Europe de l'Est, berceau de grandes expériences universelles.La thématique réservée à cette nouvelle édition est relative à la lumière, qu'est-ce qui a motivé ce choix'Evidemment, la thématique s'intitule «le savoir et la lumière», une manière de dédier cette édition au centenaire de la lumière qui s'installe comme thématique universelle de l'année de la lumière et faire coïncider cette lecture avec notre ambition de faire du festival de cette année un carrefour des savoirs artistiques, puisque nous avons mis au programme un grand nombre d'activités formatrices dont quelques-unes ont commencé depuis un mois à Tichy et Oued Amizour. Ateliers, conférences, colloque, journées d'études, stages, tout cela au programme de cette nouvelle édition, depuis le temps que la sonnette d'alarme des «théâtreux» ne cesse de nous interpeller sur la nécessité et l'urgence de l action formatrice. Si nous n'avons pas mis les bouchées doubles, il n'en demeure pas moins que ce festival rehausse la valeur de l'académisme et remet en avant-plan la question de la formation. C'est l'un des principaux objectifs de notre festival.Quelle évaluation faites-vous des éditions tenues à Béjaïa depuis la domiciliation de ce festival' Est-ce que tous les objectifs assignés pour ce festival ont été atteints'Je pense qu'il serait un peu prématuré de faire un bilan objectif après trois années de ce festival à Béjaïa qui pose encore des problèmes de disponibilité d'espaces de représentation et de logistique de spectacle et d'équipes d'accompagnement professionnelles. Certains festivals qui ont dépassé plus de 20 éditions se posent encore des questions sur la configuration générale de leur organisation. Il faut le dire, nous sommes à l'état de mise en place d'équipes professionnelles d'intervention et d'investigation à tous points de vue, et c'est le boulot de vrais professionnels conscients de la chose artistique et dotés d'une formation dans ce sens.A titre d'exemple, une équipe d'inventaire des spectacles doit faire le tour d'au moins trois festivals ou quatre internationaux 18 mois ou deux années à l'avance pour négocier les conventions, voir les spectacles, contacter des formateurs, etc. Mais une mission pareille doit être confiée à un homme de métier, ce qui fait que jusque-là on est à la recherche de ce genre de «négociateurs et relais artistiques». C'est le même cas pour toutes les autres logistiques inhérentes au festival. Malgré cela, on a pu trouver à Béjaïa et Alger certaines compétences qui peuvent avec le temps et leur implication dans des formations se perfectionner et devenir véritablement opérationnelles à l'avenir.Malheureusement, c'est le cas de beaucoup de festivals qui sont à leurs débuts. Il y a certains de nos compatriotes qui pensent que cela puisse se faire très rapidement, à cet effet, je dois rappeler et préciser qu'il a fallu plus de 50 ans au festival d'Avignon pour imposer sa tradition.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boualem CHOUALI
Source : www.lexpressiondz.com