Trois des sept otages algériens enlevés le 5 avril au consulat d'Algérie de Gao, dans le nord-est du Mali, par des membres du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), ont été libérés.»Trois diplomates ont été libérés et se trouvent actuellement en Algérie», a notamment déclaré M. Medelci, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français, M. Laurent Fabius. M. Medelci a indiqué ne pas pouvoir en dire plus pour des raisons de sécurité. La nouvelle de la libération de trois otages confirmée par Mourad Medelci a aussi valeur de démenti implicite (ou du moins de réserves) des informations rapportées par Reuters et d'autres journaux sur la libération de la totalité des otages algériens détenus au Mali. Le ministre algérien est cependant resté très évasif sur le sort des quatre otages dont le consul d'Algérie à Gao, Boualem Sias. Le ministre s'est abstenu de donner des indications sur les quatre diplomates «pour des raisons liées à leur sécurité». La communication minimaliste des officiels algériens -la conférence de presse donnée avec Laurent Fabius ayant été une contrainte à informer- laisse libre court aux spéculations et aux rumeurs. Et dans le cas d'espèce, ces «informations» se sont multipliées ces dernières 48 heures pour annoncer la libération des quatre autres otages qui auraient été séparés du premier groupe et gardés près de la frontière avec le Niger. Il faut rappeler que l'agence Reuters a cité des sources «sécuritaires algériennes» et des membres d'Ançar Eddine affirmant que la totalité des diplomates algériens étaient libres et en sécurité. «Ils sont tous sains et saufs et devraient être de retour très bientôt», a déclaré la source algérienne à Reuters. L'agence de presse britannique a relevé que les responsables de la sécurité en Algérie n'ont pas coutume de s'exprimer sur le dossier des otages.
DEBRIEFING
Dans cette affaire, les sources non identifiées clairement sont fortement présentes. L'une d'elles est allée dans le détail dans l'édition du 15 juillet du journal El Khabar. Elle a indiqué que le second groupe d'otages a été transféré par hélicoptère de l'Azawad vers une base aérienne à Tamanrasset. Citant une source sécuritaire, le journal affirme que 14 véhicules 4x4 avaient franchi la frontière avec l'Algérie dans la région de «Koyoune», près de la ville de Tinzaoutène. Le journal a fait aussi état de séances de débriefing avec les trois premiers otages libérés. Des séances menées avec des enquêteurs des services de sécurité et des Affaires étrangères pour évaluer les dégâts liés à l'attaque contre le consulat de Gao. Le groupe d'enquêteurs qui aurait été diligenté, toujours selon El Khabar, sur instruction du président de la République, chercherait à évaluer l'ampleur de dégâts sécuritaires et de renseignements causés par l'attaque. D'après les sources citées par le journal, les fonctionnaires du consulat avaient eu la prudence et la présence d'esprit de se débarrasser deux jours avant l'attaque du Mujao contre le consulat des plus importants documents à caractère sécuritaire. Ils auraient également procédé à la destruction des ordinateurs après avoir effacé leurs contenus. On chercherait aussi à évaluer ce qui a pu être dit par les otages au cours de leur détention alors qu'ils étaient dans «un état psychologique et physique très difficile». Autre révélation rapportée par notre confrère : l'équipe des enquêteurs chercherait à identifier la partie qui a retardé l'évacuation du personnel du consulat de Gao malgré l'existence d'avertissements sur l'arrivée imminente des groupes rebelles de l'Azawad et des éléments armés salafistes djihadistes à Gao. Selon le journal, les Affaires étrangères et «certaines institutions» ont dû changer après l'enlèvement des fonctionnaires du consulat de Gao, des protocoles et des dispositifs de sécurité de crainte que certaines informations disponibles chez les fonctionnaires ne soient tombées entre leurs mains.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salem Ferdi
Source : www.lequotidien-oran.com