
Un pays partagé par deux factions rivalesBernardino Leon croyait dur comme fer à la conclusion d'un processus de négociations menées sans relâche depuis un an mais on sait, depuis, ce qu'il est advenu de ses certitudes, maintes fois réitérées.Alors que l'ambiance est à l'inquiétude à peine masquée au siège de l'ONU, voilà que, jeudi dernier, l'ambassadeur libyen de la partie reconnue par la communauté internationale annonçait l'imminence de la formation du gouvernement d'union nationale, indiquant même que celle-ci devrait être conclue avant la fin du mois. Outre qu'aucune autre indication quant à la composante de ce gouvernement ni aux modalités qui auraient permis ce revirement soudain des deux factions de Tripoli et de Tobrouk, il semble bien que ce soit là une promesse, encore une, destinée à gagner du temps face aux pressions de la communauté internationale. Car de quel gouvernement d'union s'agirait-il' Celui qui a été proposé par le représentant précédent du secrétaire général de l'ONU, Bernardino Leon et qui a été rejeté sans autre forme de procès par l'une, puis par l'autre des instances en négociations' Peu probable. Une autre liste proposée et avalisée en si peu de temps, à peine deux semaines' Encore moins sûr. On sait que les exigences des milices de Fadjr Libya (Tripoli) sont telles qu'il faudrait un miracle pour aplanir le différend qui les oppose à Tobrouk, auréolé par la reconnaissance internationale mais dont le contrôle ne dépasse guère les limites de Benghazi alors que, plus au sud, ce sont les groupes terroristes de Daesh et d'Aqmi qui régentent la zone de Derna et de Syrte. Comme le nouvel émissaire de l'ONU, l'allemand Martin Kobler, n'a pas encore engagé ses contacts avec l'une et l'autre des factions majeures pour relancer le processus laborieux de signature d'un accord ouvrant la voie au gouvernement d'union et à la période de transition préalable au retour de la paix et de la sécurité, il faut donc attendre plutôt que de se féliciter précipitamment. Son prédécesseur Bernardino Leon croyait dur comme fer à la conclusion d'un processus de négociations menées sans relâche depuis un an mais on sait depuis ce qu'il est advenu de ses certitudes, maintes fois réitérées. Lundi dernier, l'Algérie, l'Egypte et l'Italie ont convenu à Alger de poursuivre leurs concertations autour de la crise libyenne à travers les rencontres communes dans le cadre des efforts pour le règlement du conflit dans ce pays par le dialogue inclusif devant aboutir à une décision souveraine impliquant toutes les parties libyennes. Qui plus est, le Parlement libyen de Tripoli (CGN) a mis en cause jeudi la crédibilité de l'ancien émissaire de l'ONU, après sa nomination à un poste important aux Emirats arabes unis, impliqués dans la coalition internationale à l'origine du conflit libyen. Dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le président du Congrès général national (CGN), Nouri Abou Sahmin, a réagi à la nomination de l'Espagnol Bernardino Leon au poste de directeur général de l'Emirates Diplomatic Academy, basée à Abou Dhabi. Cet établissement forme les futurs diplomates du pays et fait la promotion de la politique étrangère des Emirats qui apportent un soutien conséquent aux autorités de Tobrouk. Fâcheuse décision qui donne le droit au CNG de critiquer durement Bernardino Leon considéré comme juge et partie dont les «propositions» étaient par avance suspectes, voire orientées. C'est dans un tel contexte qu'une réunion a eu lieu lundi dernier à Alger, regroupant l'Algérie, l'Egypte et l'Italie qui ont convenu de poursuivre leurs concertations autour de la crise libyenne, en vue de renforcer les démarches pour le règlement du conflit par un dialogue inclusif qui doit mener à une décision souveraine impliquant toutes les parties. Qualifié de «consensuel» et «rassurant», le projet d'accord conserve le soutien de ce groupe instauré en 2014, à l'instar du Groupe des pays voisins de la Libye que préside l'Algérie, sous l'égide de l'UA. C'est dans ce contexte qui n'incite guère, pour l'instant, à l'optimisme que les exportations de pétrole ont été stoppées dans l'un des principaux terminaux de la Libye, forçant la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) dépendant des autorités basées à Tripoli à décréter l'état de «force majeure». Depuis 2014, la Libye compte deux Parlements, deux gouvernements, deux banques centrales, deux agences de presse et deux Compagnies nationales du pétrole (NOC) qui revendiquent toutes et tous la légitimité et la représentativité, y compris à l'international.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com