Alger - Revue de Presse

En soleil, avec l'Allemagne ?



Angela Merkel arrive aujourd'hui à Alger après avoir littéralement sauvé, au niveau de la représentation européenne, le sommet de l'Union pour la Méditerranée. Un sauvetage qui a commencé par une censure du projet méditerranéen initial de M. Nicolas Sarkozy. En amendant copieusement le projet, la chancelière allemande a apporté, sans grand discours, la preuve de son poids considérable en Europe. Pas question de réserver l'espace méditerranéen aux pays européens riverains de la Méditerranée.

C'est au nom de l'Europe qu'elle a agi, mais, plus profondément, c'est en terme de projection économique que son veto s'explique. Le sud de la Méditerranée, avec ses ressources, est un marché important qu'elle ne pouvait se permettre de laisser captif aux Français, aux Italiens ou aux Espagnols. L'objection allemande a été si forte que Paris a dû transiger sur le fond même du projet initial. C'était le prix à payer pour que le sommet de Paris soit un succès. Et si Nicolas Sarkozy peut estimer avoir réussi une grande opération diplomatique, il est bien forcé d'admettre que l'UPM a été totalement ce que l'Allemagne a voulu qu'elle soit: une union vague, un succédané de Barcelone, avec des projets au financement problématique.

A l'évidence, on est face à un multilatéralisme tellement ample que l'efficacité a peu de chance d'être au rendez-vous. La visite d'Angela Merkel se fait sous le sceau du bilatéralisme, indéniablement plus efficace que les vagues promesses d'un élan commun dont Barcelone a été l'expression décevante.

Ce n'est pas un hasard si le président algérien a pointé du doigt l'absence d'engagements financiers de l'Union européenne pour les projets prévus dans le cadre de l'UPM. Le terrain bilatéral reste, jusqu'à preuve du contraire, le seul apte à dégager des perspectives concrètes.

Dans le cas de l'Allemagne et de l'Algérie, le terrain est connu. Berlin, comme toutes les nations industrielles, a besoin d'assurer ses approvisionnements énergétiques et à en diversifier les sources. Sans être en bisbille avec la Russie, Berlin cherche à réduire sa dépendance à l'égard de Moscou. L'Algérie offre dans ce domaine des opportunités qui ne manqueront pas d'être prospectées. La visite de la chancelière allemande, dont le pays cherche des appuis pour avoir une place de membre permanent au Conseil de sécurité, se place sous le sceau de la coopération énergétique et de la diplomatie. Pour l'Algérie, en quête de diversification de ses partenaires, l'Allemagne est une opportunité de choix. Et aussi la promesse de pistes nouvelles.

Il existe un projet allemand d'exploitation de l'énergie solaire, avec un câble qui va du Sahara à l'Allemagne, qui fait rêver. L'Algérie, qui ne manque ni de soleil ni d'espace, peut, avec l'Allemagne, emprunter cette voie prometteuse.


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