Contrairement à la réponse de la mission diplomatique auprès de l'UE, qui était sommaire, suite à l'intervention de la Commission européenne dans la crise entre Alger et Madrid, la réplique du ministère des Affaires étrangères est venue dans ce contexte mettre les points sur les i.Dans un communiqué, rendu public samedi, au ton clair et ferme, le ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger indique que l'Algérie « déplore et rejette » les déclarations « hâtives » et « infondées » faites, vendredi, au nom de l'Union européenne (UE) à la suite de la décision souveraine de l'Algérie de suspendre le Traité d'amitié la liant à l'Espagne. «La précipitation et le parti pris de ces déclarations mettent en évidence le caractère inapproprié de leur contenu, s'agissant d'un désaccord politique avec un pays européen de nature bilatérale n'ayant aucune incidence sur les engagements de l'Algérie à l'égard de l'UE et ne nécessitant par voie de conséquence nullement le déclenchement d'une quelconque consultation européenne aux fins de réaction collective», souligne la même source.
Expliquant qu'«il convient dans ce contexte de rappeler que la décision de suspendre le Traité algéro-espagnol d'amitié répond à des considérations légitimes, qui tiennent pour l'essentiel à ce que le partenaire se soit délié d'obligations et de valeurs essentielles inscrites dans ce traité, prenant ainsi la responsabilité de vider cet instrument juridique de sa substance et de mettre en cause sa pertinence dans les relations entre les deux parties au dit traité». «D'évidence, la prétendue suspension des relations commerciales et d'investissement avec l'Espagne, étalée dans lesdites déclarations officielles européennes, y est précipitamment invoquée sans aucun fondement, et les instances communautaires européennes ne disposent en l'occurrence d'aucune base juridique pour établir leur compétence en la matière», a indiqué la même source.
Laissant entendre que «cette intrusion malencontreuse est le fait d'une personnalité manifestement commise à l'amplification des thèses de sa diplomatie nationale au détriment de la préservation des intérêts bien compris de l'UE au sein de laquelle l'Algérie s'honore de compter de nombreux amis et partenaires fiables et responsables», laisse-t-on entendre. Et de relever que «cette intrusion est d'autant plus douteuse et paradoxale qu'elle prend la consistance d'une vaine tentative de pression sur un pays du Sud jaloux de son indépendance nationale lorsqu'on la compare avec la posture circonspecte de la Commission européenne dans le cas récent d'un contentieux commercial majeur concernant un Etat-clé de l'Union qui a été amené à rappeler ses ambassadeurs auprès de deux Etats développés non européens avec lesquels il était en conflit d'intérêts». Soulignant que «l'Algérie rejette également, comme fantaisistes et malveillantes, les insinuations et interrogations relatives à la question de l'approvisionnement de l'Espagne en gaz, alors même que le président de la République lui-même a eu à affirmer solennellement la détermination de la partie algérienne à s'acquitter de ses obligations contractuelles y afférentes». «Au demeurant, cette question qui concerne des entreprises des deux pays sur des bases strictement commerciales ne se pose nullement dans le contexte des relations énergétiques avec les autres acquéreurs de gaz algérien dans l'espace euro-méditerranéen qui s'acquittent de leurs obligations contractuelles avec la même bonne foi que l'Algérie», ajoute la même source.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com