
Décor surréaliste ! L'inénarrable secrétaire général du Front de libération nationale, Ammar Saâdani, se «défoulera» sans retenue sur le général de corps d'armée, Mohamed Mediene dit Toufik, qu'il évoquera en des termes insolents , lors d'une rencontre avec les candidats du parti aux prochaines sénatoriales, hier, à l'hôtel Ryadh de Sidi Fredj, à Alger.Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Devant un parterre de ministres en exercice, dont certains s'esclaffaient et applaudissaient chaudement, Saâdani s'élance : «Il y a une personne qui a quitté une institution et envoyée à la retraite, comme tout le monde.Mais au lieu de se reposer, qu'est-ce qu'elle fait ' Elle envoie une lettre ! Quelle lettre '» Tout le monde bien sûr attendait la sortie de Saâdani en réaction à la lettre du général Toufik de samedi dernier et qui avait ébranlé le cercle présidentiel. Et tout le monde aura compris de quelle «personne» parlait donc Saâdani.Celui que Bouteflika avait imposé, le 29 août 2013, à la tête du FLN, et qu'il avait conforté lors du 10e congrès de juin dernier avec des décisions de justice «refaites», et avec un déploiement sans précédent d'éléments de la DGSN qui avaient encadré les assises ce jour-là , ajoutera en direction du général Toufik : «Mais quelle lettre ' Si tu veux envoyer des lettres, va créer un parti politique et envoie autant de lettres que tu veux.»La salle, les premiers rangs notamment, jubile de plaisir. «Ils l'ont trop gonflé ! Ils l'ont surestimé ! Et puis cette lettre prouve au moins une chose : que l'Algérie va bien ! Que nous sommes dans un Etat civil. Avez-vous oublié son excellence monsieur le président de la République qui disait qu'il ne sera jamais un trois quarts de président '»Bouteflika répétait en effet cette phrase inouà'e au tout début de son premier mandant en 1999 pour s'affranchir des militaires sans qui, pourtant, il n'aurait jamais pu accéder au pouvoir. Saâdani s'acharnera encore sur sa cible du jour : «Sa lettre, ajoutera-t-il, avec un air ironique, je l'ai lue avant qu'il ne l'écrive ! Oui ! Je l'ai lue dans la bouche de Louisa, dans la bouche de Nezzar, et bien d'autres ! Auparavant il envoyait les autres et maintenant, c'est lui-même qui écrit.Et même s'il ne l'avait pas écrite cette lettre, ce serait le général Hassan lui-même qui l'aurait fait à sa place.» Puis, un tantinet provocateur, Saâdani ajoutera : «C'est fini le travail derrière le rideau ! Sors de l'ombre ! Sors à la lumière.»Voulant encore se donner un rôle prépondérant dans cette affaire du DRS alors qu'il n'y a joué qu'un modeste rôle décidé pour lui, ailleurs, Saâdani enchaînera : «Rappelez-vous ce que je disais en 2006 lorsque je parlais d'un pouvoir parallèle, d'un pouvoir derrière le rideau. A l'époque, il (le général Toufik) avait un bras armé, un bras politique, un bras médiatique que vous connaissez tous ! Tout le monde disait que ce pouvoir parallèle ne tombera jamais ! Eh bien ce système est tombé aujourd'hui ! Pourquoi certains le pleurent ' Pourquoi ceux qui le pleurent, n'ont pas pleuré les 4000 cadres jetés en prison ' les cadres forcés à l'exil ' Le simple citoyen ' Sortez dans le pays profond et vous verrez !»S'en prenant violemment à l'opposition, Saâdani tire sur tout ce qui bouge. Ou, plus exactement, sur tous ceux qui ne vénèrent pas”? Bouteflika ! «C'est grâce à Bouteflika qu'on n'a plus peur du terrorisme. C'est grâce à Bouteflika que nous avons enfin du pain à manger.C'est grâce à Bouteflika qu'on a des logements ! Cela tout le peuple le sait. Il n'y a qu'une petite élite qui l'ignore ! Bouteflika est notre père à tous ! Moralement, nous lui devons tous le respect. Il est même, de par l'âge, notre aîné.»Il faut dire que, depuis sa bourde monumentale sur le dossier du Sahara occidental, et qui avait obligé Bouteflika en personne à rectifier lui-même le tir en recevant le Président sahraoui Mohamed Abdelaziz comme aucun autre chef d'Etat avant lui, avec notamment la présence de Gaà'd Salah en uniforme, Saâdani craint fort sur son avenir politique.Le dossier sahraoui est, en effet, une ligne rouge. C'est ce qui explique son excès de zèle dans les louanges à Bouteflika. Il se sait en plus l'objet d'une forte méfiance de la part du cercle présidentiel depuis juin dernier et son trop voyant «rapprochement» de Gaà'd Salah”?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.lesoirdalgerie.com