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En prévision du nouveau mandat de la Minurso au Sahara occidental



En prévision du nouveau mandat de la Minurso au Sahara occidental
A la veille de l'examen, mardi prochain, par le Conseil de sécurité de l'Onu, du mandat de la Minurso, Mohamed VI et sa diplomatie s'activent avec fébrilité pour que cette force internationale d'interposition ne dépasse pas les prérogatives qui lui ont été conférées à sa création, à savoir : «la surveillance» du cessez-le-feu entre le Maroc et le front Polisario, en vigueur depuis 1991.La hantise de l'occupant marocain de ce territoire colonisé par l'Espagne, avant que les successeurs de Franco ne le rétrocèdent aux Marocains en novembre 1974, est de voir sur la table des 15 du Conseil de sécurité le dossier de la surveillance également des droits de l'homme. Sujet, récurrent ces dernières années, qui a retenu l'attention de l'opinion internationale et des ONG en charge de cette question.Dans la présentation de son rapport sur le dossier du Sahara occidental, le 10 avril, le Secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, n'a pas éludé la question du respect des droits de l'homme et a même préconisé aux membres du Conseil de sécurité de prévoir des mécanismes de veille. L'année dernière, les Etats-Unis avaient mis leurs pieds dans le plat, prônant de confier la surveillance des droits de l'homme sur les territoires sahraouis à la Minurso. Christopher Ross, le médiateur américain dans ce conflit de décolonisation, n'a pas été de main morte pour pointer du doigt les exactions de l'occupant marocain ainsi que ses tergiversations et fuites en avant dans les négociations avec le Front Polisario qui se déroulent aux Etats-Unis.N'eut été l'intervention de Paris, devenu le "gendarme de l'Afrique", à la satisfaction de Washington, la résolution serait passée comme une lettre à la poste. Le président Barack Obama a fait machine arrière, arguant que son homologue français François Hollande faisait le "job" sur le Continent noir.Plus besoin pour les Etats-Unis de se faire du souci, les intérêts de la France en Afrique convergent avec ceux des Etats-Unis, en mieux encore avec un président socialiste. Pour cette session du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental, la seule information qui a transpiré est que ce sont encore les Etats-Unis qui ont rédigé le projet de résolution onusienne.Selon l'agence britannique Reuters, sa première mouture aurait été déjà remise à Paris, Madrid et Londres, pour accord. Une certitude : le mandat de la Minurso sera prorogé pour un an, soit jusqu'en avril 2015.Des supputations à prendre avec des pincettes : le texte américain se contenterait, selon un diplomate onusien proche du dossier et qui a gardé l'anonymat, d' "inciter" le Maroc à engager des mesures visant à améliorer ses normes en matière de respect des droits de l'homme. Trop général pour un dossier que Washington sait incontournable pour la stabilité dans la région, indispensable pour l'approfondissement de la guerre contre le terrorisme djihadiste dans le Sahara sahélien et son vaste pourtour. Le secrétaire d'Etat de Barack Obama en a fait le constat lors de son périple maghrébin de la mi-avril qui l'a conduit à Alger puis à Rabat. En outre, Washington n'a que trop été alerté par son médiateur sur l'impasse à laquelle est confrontée sa mission ainsi que l'entêtement de la partie marocaine à vouloir faire passer en force son fait accompli colonial sous le montage d'"autonomie pour les provinces du sud".La diplomatie marocaine s'est d'ailleurs remise en branle ces jours-ci, propageant l'idée que l'offre d'autonomie a reçu une large audience, notamment aux Etats-Unis et en France, pourtant en fâcherie avec Rabat depuis février dernier suite à un dépôt de plaintes à Paris visant le patron du contre-espionnage marocain, Hammouchi, pour "torture" et "complicité" de torture.Des accusations relatives aux droits de l'homme. Les assurances de Mohamed VI quant à des soutiens étrangers est un gros mensonge puisque lui-même devait, le 12 avril dernier, téléphoner à Ban Ki-moon pour "mettre en garde" l'Onu contre "une tentative de récupération" de ce dossier. Ce qui n'est pas fortuit si l'on tient compte du fait que la prochaine session du Conseil de sécurité sera présidée par le Nigeria, un pays connu pour ses positions hostiles au Maroc. Mohamed VI sait pertinemment que la question des droits de l'homme au Sahara occidental refera surface, et cette-fois ci, selon plusieurs observateurs, avec des arguments encore plus solides.En attendant le verdict, Mohamed VI a promis que pas moins de 4 rapporteurs spécialisés de l'Onu seront invités à se rendre dans ses provinces sahariennes "dans les deux prochaines années" en vue de s'enquérir par eux-mêmes de la situation. Il va même inviter la Haut-commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, Navi Pillay, selon sa ministre déléguée aux Affaires étrangères, Mbarka Bouaida. Ces subites ouvertures avant le vote sur le mandat de la Minurso n'ont pas dû convaincre le Conseil de sécurité las d'un dossier de décolonisation à parachever, le dernier dans le monde sur cette thématique.D. BNomAdresse email


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