Hibernation forcée en prévision des fêtes de l'Aïd. Le long week-end qui s'annonce plongera certainement le pays dans une léthargie dont l'avant-goût avait déjà été donné pendant le Ramadan et qui ne prendra fin que plusieurs jours après l'Aïd.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) Comme le veut une tradition bien établie, le pays plongera doucement mais sûrement dans une torpeur inégalée dont les signes avant-coureurs sont déjà visibles. Dans les grandes villes, la circulation est beaucoup moins dense. La canicule aidant, les rues étaient hier déjà quasi désertes. Seuls les marchés attiraient une foule pressée de faire les dernières emplettes. Au niveau des stations de bus, les transporteurs d'ordinaire très enclins à se faire concurrence étaient peu nombreux à assurer leur mission de service public. Sous prétexte de passer l'Aïd en famille, beaucoup d'entre eux n'ont pas hésité à cesser toute activité, oubliant qu'ils assurent une mission de service public. Idem pour de nombreux commerçants qui vont baisser rideau, créant des tensions incroyables sur beaucoup de produits. Un avant-goût de ce que seront les jours de l'Aïd et ceux qui suivront juste après est déjà donné : tension sur le lait, crainte de l'indisponibilité du pain. La notion de service public semble être un concept étrange que ni commerçants, ni transporteurs ne respectent. Qui devrait veiller à la respecter ' Les pouvoirs publics n'ont visiblement aucun moyen de faire respecter le service public. Au nom d'un marché ouvert et libre, aucune instance n'est en mesure d'imposer aux commerçants d'assurer ces missions ni encore moins à des transporteurs plus soucieux du gain rapide que d'accomplir leur devoir. Résultat : comme à l'occasion de chaque fête religieuse ou nationale, les Algériens seront pris en otage. Pour s'approvisionner en denrées essentielles, il faudra s'armer de patience, supporter d'interminables files. Echaudés, beaucoup de responsables de famille ont pris les devants, faisant des stocks de pain, de lait et de légumes. Des comportements qui poussent les prix vers le haut. La spéculation bat son plein en l'absence de mécanismes de contrôle fiables. Une situation qui va certainement perdurer plusieurs jours après la fin des fêtes de l'Aïd. La tradition veut que la léthargie se poursuive pour plusieurs jours. L'Aïd coïncidant avec le début de la semaine, il ne serait pas étonnant que le retour à la normale ne s'effectue que la semaine d'après. Ne reprendront le travail que les fonctionnaires n'ayant pas d'autre choix que de rejoindre leurs bureaux dans une ambiance morose. Le reste suivra doucement. Pas de retour à la normale avant une semaine. Tant pis pour l'économie qui tournera au ralenti.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com