
Le Fonds monétaire international (FMI) remet sur la table sa recommandation à l'Algérie de devoir se séparer d'un certain nombre de ses actifs publics en vue de financer son économie. Dans son rapport annuel sur l'économie algérienne, publié jeudi à Washington, l'institution de Bretton Woods recommande à notre pays de recourir à «un éventail plus large de possibilités de financement» de l'économie, y compris «un recours prudent à l'endettement extérieur et la cession d'actifs publics».Younès Djama - Alger (Le Soir) - Ces deux options sont censées faire partie d'une gamme plus large d'«options de financement» pour faire face à la baisse des recettes pétrolières, relève l'institution présidée par Christine Lagarde, et pour laquelle des mesures pareilles pourraient «fournir une marge de manœuvre budgétaire pour opérer un ajustement plus progressif et plus propice à la croissance que celui prévu actuellement», relève le FMI, estimant «nécessaire» de poursuivre les réformes pour diversifier l'économie.Cependant, ladite recommandation de cession des actifs provoque l'étonnement de l'économiste Ferhat Aà't Ali. «Je ne sais pas ce que le FMI appelle exactement actifs publics, mais contrairement à 1987 (début de la première crise d'endettement, Ndlr), je ne vois pas ce qui peut être cessible actuellement en l'état en dehors de la Sonatrach plus sur ses puits que sa gestion, relève-t-il. Pour le reste, un assainissement coûteux est nécessaire pour le rendre cessible, à moins de vouloir imputer l'intégralité des pertes de cession au maillon faible, en l'occurrence les fameux démunis qui vont grossir en effectifs.»Pour le recours à un endettement prudent, pour financer les déficits budgétaires, Aà't Ali souhaite voir préciser quel genre de contour cette prudence prend-elle. «Mais pour la destination des emprunts, c'est clair, endettez-vous pour affronter vos mauvaises politiques et pas pour investir, retour à la case 1987», explicite-t-il.Pour ce qui est du relèvement du taux directeur de la Banque d'Algérie, et l'arrêt du réescompte, également recommandés par le FMI, l'économiste estime que cela veut tout simplement dire un étouffement de l'investissement à moyen long terme par le poids des intérêts, et des banques par l'impossibilité de se refinancer, en dehors de la sphère économique, broyée par l'informel.«C'est tout simplement une interdiction de prendre en charge une politique de redressement industriel par application de taux, privilégiés ou de bonifications à des secteurs précis, et l'impossibilité pour les banques de lever des capitaux sans recouvrement des créances antérieures, ce qui cassera ce qui reste de tissu productif dans le pays, à commencer par le public.»Pour le reste, Ferhat Aà't Ali estime «sans être encore tombés dans l'escarcelle de l'endettement sans projet, le FMI a montré la feuille de route, qui mène tout droit à l'endettement massif et sans aucune chance de mise en place d'une économie productive, ni d'un modèle social pérenne et respectueux d'un minimum de droits et acquis précédents». Sous ces directives, souligne-t-il, il ne s'agira pas de réformer le modèle, pour rebondir avec un autre plus efficace, «mais tout simplement de le raser faute de ressources sans rien pouvoir proposer en contrepartie».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y D
Source : www.lesoirdalgerie.com