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EN GRÈVE DEPUIS DEUX MOIS



EN GRÈVE DEPUIS DEUX MOIS
Les étudiants des dix départements de pharmacie à travers le territoire national persistent dans leur mouvement de grève, entamé le 22 novembre dernier. Face à une multitude de problèmes, ils estiment que leur spécialité demeure sans «réelle perspective d'avenir», «sans formation solide» et «sans moyens adéquats».Rym Nasri - Alger (Le Soir) – Les étudiants en pharmacie sont apparemment déterminés à poursuivre leur mouvement de protestation. Ni l'«indifférence» des autorités concernées, ni les quelques réponses «non-satisfaisantes» ne les découragent. Même la répression dont ils ont été victimes lors de leur dernier sit-in devant le siège de l'APN à Alger n'a pas eu raison de leur motivation.En grève depuis le 22 novembre dernier, les étudiants des dix départements de pharmacie à travers le territoire national ont même boycotté les examens du premier trimestre.Ils dénoncent ainsi un manque flagrant de moyens pour des travaux pratiques, une partie intégrante dans leur formation. «Malgré les demandes incessantes à l'administration, rien n'a été fait. Pis encore, la situation se dégrade d'année en année. L'on se demande où va l'argent public. Qui en profite' Et comment se fait la gestion dans nos universités '», s'interroge Meriem Imène Boumaza, étudiante et déléguée de la 4e année au département pharmacie d'Alger.Les étudiants en pharmacie estiment, en outre, que la réforme entamée en 2011 n'apporte que quelques modifications «très peu convaincantes».«Entre la fusion de modules très chargés en une seule année au lieu de deux auparavant, et une année d'internat supplémentaire, il reste encore beaucoup de choses à perfectionner sur le plan de la formation des futurs docteurs en pharmacie», ajoute la même déléguée.Elle relève également le manque de structures d'accueil de jeunes étudiants au sein des industries pharmaceutiques permettant d'assurer une formation dans cette spécialité. D'ailleurs, poursuit-elle, «nous demandons à la tutelle de se pencher sérieusement sur cette réforme afin d'apporter de réelles solutions et de mettre en place des conventions avec les industries pharmaceutiques publiques et privées».Autre problème évoqué : l'accès aux postes de résidanat. «Les postes de résidanat biologiques sont attribués en grande partie à d'autres filières et ce, sans aucune raison valable, alors que le pharmacien est le mieux formé dans ce domaine», explique-t-elle.S'agissant du monde du travail, Meriem Imène Boumaza déplore que le secteur public ne recrute que très peu de pharmaciens. «Les nombreux postes aux hôpitaux et autres structures sanitaires sont souvent occupés par des non pharmaciens», dit-elle, avant de souligner que même la pharmacie d'officine n'a pas été épargnée. Pour elle, l'absence de pharmaciens dans les officines est une «réelle catastrophe» pour la sécurité des patients. «Il devrait y avoir l'obligation de la présence d'un pharmacien-assistant pour superviser les vendeurs et prodiguer des conseils. Aujourd'hui, l'exercice de la pharmacie officinale est bien loin de ce qu'il devrait être. Un état des lieux et une réelle volonté de changement doivent être entrepris par le ministère concerné.»Elle rappelle, par ailleurs, le titre de docteur en pharmacie qui devrait être suivi par le passage à l'échelle 16 au sein de la Fonction publique. Promesse, dit-elle, accordée en 2011 et qui tarde à être appliquée.
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