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En croissance permanente, l'inflation a atteint 7,9% en septembre Elle reprend d'une main la hausse salariale offerte de l'autre main



En croissance permanente, l'inflation a atteint 7,9% en septembre                                    Elle reprend d'une main la hausse salariale offerte de l'autre main
Les salariés qui ont vu leurs rémunérations rehaussées à coups d'incessantes batailles syndicales ces deux dernières années, n'ont pas eu l'occasion de ressentir une aisance financière, même infime, sous l'effet de l'inflation, dont la courbe connaît une croissance continue. Ces derniers payent chaque mois un peu plus tous les produits, qu'ils soient alimentaires, industriels, agricoles ou manufacturés. Cette réalité vécue au quotidien par les Algériens a été établie dans la nouvelle note de l'Office nationale des Statistiques (ONS), reprise par l'APS. Détaillant l'évolution de l'inflation en septembre, l'ONS fait état d'une réelle poussée inflationniste qui met à rude épreuve l'économie et les ménages à la fois. Dans cette note, il est indiqué que l'indice des prix à la consommation a connu une «forte hausse» de 8,7% à Alger (ville qui sert à mesurer le taux d'inflation national) au mois de septembre dernier par rapport au même mois de 2011, accentuant ainsi la hausse du rythme de l'inflation en glissement annuel pour atteindre 7,9%, contre 7,7% en août dernier. Une hausse tirée essentiellement par l'augmentation de plus de 24% des prix des produits agricoles frais, précise l'ONS. Les produits alimentaires en général ont augmenté de plus de 12,5%, avec 24,35% pour les produits agricoles frais et 3% pour les produits alimentaires, industriels. A l'exception des fruits frais, qui ont connu une baisse de 7%, tous les autres produits alimentaires sont en hausse, notamment la viande de poulet (55,7%), la pomme de terre (36,6%), la viande de mouton (33,19%) et la viande de b'uf (7,4%), précise l'ONS. D'autres produits alimentaires ont également connu des hausses, il s'agit des poissons frais (15,63%). Les produits alimentaires industriels ont aussi connu des hausses, mais de moindre importance, dont, notamment, les huiles et graisses (3,9%), lait et dérivés (2,9%), le café (3,6%) et les boissons non alcoolisées (4,3%). Les produits manufacturés ont également connu une évolution haussière avec 5,7% en septembre dernier par rapport à la même période de l'année passée, alors que les prix des services évoluaient de 5%. Sur les neuf premiers mois de 2012, l'indice des prix à la consommation a connu une importante hausse de 8,85% par rapport à la même période une année auparavant. Cette hausse a été tirée essentiellement par les biens alimentaires, (11,66%), dont 19,6% pour les produits agricoles, frais et 5% pour les produits alimentaires, industriels. Les biens manufacturés et les services ont également connu des augmentations respectives de plus de 7% et de 5% durant les neuf premiers mois de 2012. De janvier à septembre dernier, plusieurs produits alimentaires ont augmenté, essentiellement la pomme de terre (41%), la viande de mouton (29%), la volaille (12,3%), les boissons (17,3%), les légumes (9,2%), les fruits (9,6%), le sucre (6%) et les huiles (4%), selon la même source.
La Banque d'Algérie (BA) a justifié la hausse (+7,2%) du rythme d'inflation durant les six premiers mois de 2012 entre autres par le fonctionnement actuel des marchés intérieurs comme principale origine de cette remarquable augmentation. La BA a considéré que l'inflation est plus de nature endogène, liée aux dysfonctionnements persistants des marchés intérieurs où la formation des prix relève plus de position dominante ou de spéculation. Par ailleurs, l'augmentation des prix est en partie due aux «anticipations inflationnistes, alimentées par l'augmentation substantielle des revenus», avait indiqué le rapport de la Banque d'Algérie. Quelle que soit la raison de l'inflation, qui poursuit sa hausse, l'urgent pour les responsables en charge de l'économie est de trouver une solution. Car, injecter des sommes colossales d'argent dans les hausses salariales ' qui certes offrent une paix sociale mais assez précaire - a coûté cher à l'Etat sans pour autant revaloriser le pouvoir d'achat des ménages, qui stagne avec une inflation permanente. Cette dernière reprend d'une main les augmentations salariales offertes de l'autre main.
H. Y.
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