Alger - Revue de Presse

En campagne de sensibilisation à travers la côte Ouest



Des chercheurs sur les traces du phoque moine Une équipe du Réseau de surveillance environnementale du département de biologie relevant de l’université d’Oran est actuellement à sillonner les villes côtières de l’Ouest dans le cadre d’une campagne visant à sensibiliser les gens sur la nécessité de sauvegarde d’un mammifère menacé aujourd’hui de disparition. Il s’agit du phoque moine, de son nom latin Monachus monachus, qui vivait en nombre dans les eaux territoriales algériennes avant que ne commence la diminution de l’espèce. En effet, il y a une trentaine d’années seulement, quelque 130 individus vivaient encore, essentiellement, dans la région ouest du pays. Malheureusement, fait remarquer le responsable de l’équipe, M. Zitouni Boutiba qui est professeur de biologie marine à la faculté de sciences de l’université d’Oran, «on n’en rencontre hélas plus aucun, même si des pêcheurs affirment en avoir aperçu du côté de Mostaganem, dans les eaux de Sidi-Adjel près de Cap Ivi». «Quand on se met à parler de ce phoque aux gens de la mer, surtout, ainsi qu’aux estivants qu’on rencontre, ils sont tout étonnés, pensant que ces paisibles mammifères marins vivent surtout dans les mers froides et tropicales. Il se trouve, pourtant, que le phoque moine a pu s’accommoder aux eaux tempérées», explique M. Boutiba dont l’équipe distribue partout où elle passe, en plus de tee-shirts et casquettes aux enfants, des prospectus dans lesquels sont expliqués, dans les deux langues (arabe et français), la démarche des chercheurs et l’attitude à prendre en cas d’observation du phoque. «Outre la sensibilisation des gens -populations riveraines et plus spécialement les pêcheurs et les plaisanciers, mais aussi les estivants- au problème de la disparition du phoque moine et sur la nécessité de sauvegarder l’espèce, nous les prions de nous signaler le fait, à temps, en cas de rencontre du mammifère», explique le responsable du Réseau qui ajoute que, pour leur faciliter la tâche, un volet du prospectus constitue une fiche de renseignements à remplir éventuellement par l’observateur. Il leur est ainsi demandé de communiquer la date, l’heure, la localité, le nombre d’individus observé éventuellement et de souligner -quand c’est le cas- la présence de jeunes phoques. L’observateur est également prié de communiquer à l’équipe les circonstances de la rencontre avec le mammifère. Ces éléments sont très importants aux yeux des chercheurs qui soulignent qu’il y a bien des possibilités de réintroduction de l’espèce en Algérie. Seulement, cette action risque de foirer si les mêmes causes ayant participé à la déclinaison de l’espèce -pour ne pas dire son extinction totale- dans les eaux marines algériennes ne sont pas éradiquées. M. Boutiba cite, entre autres menaces, la chasse du mammifère en ce sens que «le phoque moine a été toujours impitoyablement pourchassé par les pécheurs qui l’accusent d’endommager leurs filets et surtout de les concurrencer dans l’exploitation des stocks de poissons». Il y a aussi l’utilisation de moyens interdits dans la pêche comme la dynamite et les filets dérivants. Le professeur de biologie marine met aussi en avant «l’effet négatif du tourisme à outrance, avec la création d’infrastructures le long du littoral, entraînant une fréquentation accrue de cette zone toute l’année, provoquant ainsi une perturbation de son milieu naturel alors que le phoque moine est particulièrement sensible aux dérangements». L’autre facteur, qui n’est pas des moindres, est la réduction de l’habitat préférentiel du mammifère classé espèce en danger d’extinction par l’Union internationale de conservation de la nature, à travers «la modification de l’environnement côtier et la réduction sensible des portions côtières qui devaient rester à l’état sauvage». De plus, signale-t-on, des pêcheurs en plongée allaient même surprendre ces phoques à l’aide de fusils-harpons dans leur sommeil, dans les grottes où ces mammifères marins peuvent vivre et se reproduire. A noter que l’action menée par cette équipe de chercheurs -constituée également de M. Fouad Abdelghani et de deux jeunes préparant des thèses dans le domaine- est chapeautée aussi par le MAP, l’UNEP et le RAC/SPA. L’équipe, qui était hier sur la côte oranaise, est aujourd’hui à Mostaganem pour continuer justement l’œuvre de sensibilisation pour que l’introduction du mammifère dans les eaux algériennes soit un jour possible et surtout sans danger pour lui. Y. El-Atrach
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