
Attendre et croiser les doigts pour un hypothétique salut qui viendrait peut-être de l'Arabie Saoudite en tant que leader de fait de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Telle serait la seule issue concrète que le gouvernement aurait à proposer en guise de sursis à la faillite qui menace le pays. Une remontée acceptable des prix du pétrole, qui empêcherait un effondrement trop brusque des réserves de change, semble en effet la seule solution palpable pour le pouvoir en place.Une solution qui dépend toutefois de trop d'aléas et d'impondérables, à commencer par un improbable consentement de l'Arabie Saoudite à renoncer à sa sacro-sainte stratégie de défense de parts de marché au sein de l'Opep afin de soutenir enfin la stabilité des prix. Ayant presque trusté l'Organisation, en profitant surtout des sanctions qui pesaient auparavant sur l'Iran, l'Arabie et ses cons?urs du Golfe, faut-il le rappeler, n'ont jamais daigné bouger le petit doigt pour enrayer la chute drastique des cours pétroliers. «Il n'est pas dans l'intérêt de l'Opep de réduire sa production, même avec un baril à 20 dollars», faisait déjà comprendre l'ex-ministre du Pétrole saoudien, Ali Al Naïmi, en décembre 2014, au moment où la crise commençait à peine à s'installer.Son limogeage en mai dernier n'a assurément pas changé grand-chose à la stratégie saoudienne au sein de l'Opep, surtout pas avec le récent retour en force de l'Iran sur le marché. Et c'est pourquoi la tant attendue réunion informelle des pays producteurs de pétrole, prévue pour la fin du mois en cours à Alger, ne devrait accoucher d'aucune décision majeure qui serait à même de rebooster durablement les cours du brut. A peine quelques signaux furtifs à donner aux marchés, à l'image de ceux reçus hier de l'Arabie et de la Russie, évoquant un nouveau processus de dialogue entre gros producteurs.Une annonce suivie, certes, d'un rebond de 5% des prix du brut qui risque de vite s'effacer sans un accord clair sur au moins un nouveau gel de niveaux de production. Et si d'aventure elle venait à déboucher sur quelques engagements concrets, la réunion d'Alger, quant à elle, permettrait d'entrevoir une remontée des prix du brut à 60 dollars le baril au mieux. Une bien maigre consolation en somme pour un pays comme l'Algérie qui peinait déjà à équilibrer ses finances quand les cours du pétrole caracolaient à plus de 100 dollars le baril.Le hic est qu'après plus de deux années de crise sévère, aucune stratégie efficiente de diversification de l'économie nationale ne semble encore commencer à se dessiner. Si bien qu'aujourd'hui, l'espoir, même frêle, d'une remontée spectaculaire et miraculeuse des prix du pétrole semble la seule perspective crédible qui s'offre encore à l'économie du pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akli Rezouali
Source : www.elwatan.com