Les troubles qui ont embrasé plusieurs villes et villages d'Algérie au
mois de janvier dernier, avec un bilan de plusieurs morts et des centaines de
blessés parmi les manifestants et les forces de l'ordre, ont été provoqués par
‘'la mauvaise organisation du marché'' des produits de large consommation. Ce
sont, du moins, les premières conclusions de l'enquête menée par une commission
parlementaire installée en avril dernier pour faire toute la lumière sur ces
événements.
Les troubles avaient touché les grandes villes du pays, notamment à Alger,
Oran et Constantine, et des pertes en vies humaines ont été également déplorées,
notamment à Bou-Ismail, dans la wilaya de Tipasa. A
l'origine de cette éruption de colère des jeunes, qui ont saccagé et cassé tout
ce qui passait sous leur main, la hausse soudaine des prix des produits de
large consommation, l'huile et le sucre particulièrement. C'est en fait la
principale raison invoquée officiellement pour expliquer cette explosion de
l'ire des jeunes, au moment où en Tunisie le régime de Ben Ali vacillait et que
débutait le Printemps arabe. Un Conseil ministériel réuni en urgence avait
décidé de mesures exceptionnelles pour ramener les prix de ces denrées à leur
juste ‘'valeur'' et calmer le jeu sur le plan politique. Selon les déclarations
du président de cette commission d'enquête, M. Kamel Rezki, ‘'la mauvaise organisation du marché était, pour
l'essentiel, à l'origine de la pénurie de ces produits enregistrée en début
d'année.'' Pour lui, ‘'la mauvaise organisation du marché national et la non
maîtrise des mécanismes d'importation et de distribution» étaient les
principales causes de la pénurie de produits de large consommation, notamment
en janvier dernier. Il a précisé, lors d'une réunion tenue hier dimanche en
marge de la reprise des travaux de la commission pour l'élaboration d'un bilan
global de son activité et la rédaction de son rapport final, que les visites
effectuées par les membres de la commission au niveau des unités de production
des produits alimentaires ont révélé que parmi les dysfonctionnements figuraient
«la carence de certains produits de large consommation importés ou produits au
niveau national et le déséquilibre en matière de distribution». Sur les autres
causes de ‘'cette pénurie'' et la perturbation du marché national, M. Rezki a affirmé que la commission «délibère dans le secret
total conformément à la loi organique de l'APN à qui
le dernier mot revient quant à la publication ou non des résultats de cette
enquête». Il a par ailleurs précisé que les membres du gouvernement en charge
des secteurs concernés par l'enquête, comme l'Agriculture, les
Finances, le Commerce et le Transport, ainsi que les responsables des
organismes publics économiques et les opérateurs économiques «ont adhéré à la
mission de la commission». La commission a été scindée en deux groupes qui vont
procéder à la rédaction du rapport final qui englobera l'analyse des données à
l'origine des pénuries qui ont provoqué les émeutes de janvier dernier. M. Rezki estime que la subvention des prix de certains
produits de large consommation (huile, sucre, blé et lait), qui profite à tous (nationaux
ou étrangers), constitue» une lourde charge pour le Trésor public», proposant
que cette aide profite directement aux catégories sociales à faible revenu et
«nécessiteuses».
Le bureau de cette commission d'enquête parlementaire est composé du
président (député FLN), du vice-président (député MSP) et du rapporteur (député
RND). Lors de son installation, le président de l'Assemblée populaire nationale
(APN) M. A. Ziari, a expliqué que c'est « une commission
d'enquête dont la création a été adoptée par l'APN et
vise à identifier les causes et les circonstances de la flambée des prix des
produits alimentaires en menant des investigations avec toutes les parties
concernées». Pour autant, le rapport final sur les causes réelles ou supposées
des troubles de janvier devrait englober tous les aspects de ces incidents qui
ont ébranlé le pays, un peu plus de 20 ans après le 5 octobre 1988. Et, surtout,
étaient intervenus dans des circonstances politiques et économiques étranges, et
concomitamment avec ce qui se passait en Tunisie et ce qui se préparait en
Egypte.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Yazid Alilat
Source : www.lequotidien-oran.com