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Elus et citoyens interpellent le wali Abdelkader Zoukh



Lancé dans les années 1980, le projet de restructuration de la cité du 11 Décembre à Aïn Benian n'en finit pas de susciter des remous au sein de la population qui ne croit plus aux promesses de ses élus.Le projet de restructuration de la cité du 11 Décembre, dans la commune de Aïn Benian, est une véritable bombe à retardement. Classé projet pilote par la wilaya d'Alger, ce plan, lancé dans les années 1980 et qui devait transformer cette cité précaire en une petite ville moderne, est resté prisonnier des élucubrations bureaucratiques.Les résidants affichent ouvertement leur impatience et les autorités locales, faute de prérogatives, se disent «impuissantes». «Pourtant, c'était le principal argument de tous les partis politiques durant la campagne électorale», rappelle un membre de l'association de quartier. «Tous, y compris le maire, se sont engagés à faire aboutir le projet. Une fois élus, ils se plaisent à attendre que la providence fasse les choses», dénonce un autre habitant.Les élus de l'APC, eux, jurent par tous les saints avoir tout fait et que la balle est dans le camp des services de la wilaya. «Cinq élus de l'actuelle APC sont issus de cette cité. Ils étaient parmi les premiers membres de l'association qui militait pour sa concrétisation. Ils connaissent parfaitement le dossier et ne ménagent aucun effort pour faire avancer les choses», soutient Benazou Kamel, vice-président chargé de l'urbanisme. Mais le pire, c'est que face à la colère qui monte et s'intensifie chez la population, les élus n'ont aucune réponse ou information pour apaiser la tension.«Il y a un problème de coordination et de communication avec les différents services chargés du projet, notamment à la wilaya d'Alger», explique ce même élu, regrettant que «l'administration ne facilite guère la tâche à l'autorité locale qui se retrouve désarmée face aux revendications légitimes de la population». Mais où en est ce projet de la discorde ' Les citoyens affirment qu'il est toujours confiné au niveau de la wilaya déléguée, alors que les élus assurent et rassurent qu'il a été remis aux services compétents de la wilaya d'Alger. «Le comité de quartier a effectué un ultime recensement et actualisé toutes les données.L'APC a donné son assentiment, mais le dossier est à nouveau en hibernation», constate un des membres de l'association. Ce n'est qu'une fois ce projet de restructuration définitivement validé par la wilaya que les habitants, qui occupent les lieux depuis l'indépendance, pourront construire en dur, d'autres, ceux qui seront touchés par le passage des voies automobiles, bénéficieront d'une compensation sur un terrain limitrophe, alors que d'autres habitants seront tout simplement recasés.Selon nos interlocuteurs, l'essentiel du travail a été accompli et le retard accusé n'est que perte de temps pour un projet «irréversible». Une situation qui provoque de la suspicion au sein de la population, qui ne fait plus confiance aux responsables. «Je crains que ce terrain ancestral soit ciblé pour la construction de logements à revendre à coups de milliards», lance crûment un citoyen, auquel un élu répond : «C'est impossible, le terrain appartient à la mairie, personne ne peut le toucher.»Ce même élu souligne que beaucoup de rumeurs circulent à ce sujet, entretenant un climat délétère parmi les citoyens. Il est à relever, par ailleurs, que la restructuration de cette cité permettra de redorer, un tant soit peu, le blason de cette commune touristique, maculée par des habitations précaires et des bidonvilles que l'on pourrait effacer, en validant un projet qu'une simple signature de bureaucrate, déconnecté du marasme des citoyens, pourrait définitivement régler. A plusieurs reprises, de jeunes habitants de cette cité avaient bloqué la route pour attirer l'attention des responsables, en vain. Certains se demandent si les services de la wilaya d'Alger sont au courant de l'existence même de ce projet.


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