La rentrée universitaire annulée pour cause de grève
Fixée pour aujourd’hui, la rentrée universitaire n’aura finalement pas lieu... La reconduction du mouvement de grève illimitée a été, en effet, décidée par la Coordination des enseignants grévistes.
L’une des raisons principales de ce débrayage a trait aux récentes déclarations du ministre de l’Enseignement supérieur, Rachid Harraoubia, qui s’est dit impuissant à l’effet de surseoir aux poursuites pénales dont font l’objet les syndicalistes du Conseil national des enseignants du supérieur (CNES). Un conseiller du ministre, en l’occurrence M. Benhamouda, avait affirmé que la tutelle aurait œuvré en ce sens mais sans résultat. Il justifiera cet échec par le simple fait que «la justice algérienne est indépendante!» Pourtant, le ministère s’était engagé, lors de sa dernière rencontre avec les représentants des enseignants, à lever les poursuites judiciaires à l’encontre de certains coordinateurs du Centre et de l’Ouest du pays. Une «dérobade» qualifiée par la coordination des enseignants grévistes de «fuite des responsabilités» de la part du ministre.C’est pourquoi, la coordination a demandé au chef du Gouvernement d’intervenir pour débloquer la situation de l’université et d’éviter une aggravation de la crise qui perdure, rappelons-le, depuis le 13 mai dernier. Il est à rappeler, ainsi, que quelques jours seulement avant le début des vacances d’été, dix-neuf établissements universitaires étaient alors en grève. Et ce sont pas moins de 240.000 étudiants qui n’ont pu passer, à cause de ce débrayage, leurs examens semestriels. Il y a lieu de signaler également que cette rentrée universitaire 2006/2007 verra l’afflux de près de 220.000 nouveaux étudiants qui rejoindront, pour la première fois, les bancs de l’université algérienne. La rencontre nationale du CNES, prévue ce jeudi, devra prendre en considération cette donne. Quant aux pouvoirs publics, ceux-ci doivent se résoudre à l’idée que ni les étudiants ni leurs enseignants ne peuvent être tenus pour une quantité négligeable. A quand donc la fin du mépris?
Mohamed-Chérif Lachichi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com