De l’huile d’olive contrefaite sur le marché
Le prix de l’huile d’olive a pris l’ascenseur cette année en Kabylie, principale région productrice de cette denrée, en se hissant à 400 DA le litre, et parfois à 500 DA, et ce, malgré une saison qui s’annonçait prometteuse avec une production relativement importante. En effet, bien avant la clôture de la campagne oléicole, on s’attendait à une production de plus de 7 millions de litres, ce qui représente selon plusieurs sources une hausse de 70% par rapport à l’année dernière. Surprise, et sans qu’une explication autre que l’intervention des spéculateurs, mais aussi à cause de la hausse générale des prix qu’ont voulu rattraper les producteurs locaux, le prix du litre d’huile d’olive a gagné pas moins de 30% sur celui pratiqué jusque-là.
Selon des sources proches des producteurs locaux, notamment les propriétaires des huileries traditionnelles, leurs difficultés ne s’arrêtent pas là puisque des réseaux de contrefaçon exploitent cette période qui correspond avec l’arrivée de la nouvelle production sur le marché. En effet, l’huile d’olive pure serait achetée massivement, et mélangée avec de l’huile de table, parfois à un taux de 50%, est ensuite revendue à pas moins de 500 DA le litre. Ce surenchérissement ne serait, nous dit-on, rien d’autre qu’une astuce pour faire accroire aux consommateurs à l’authenticité du produit. De plus, les réseaux de contrefaçon qui ne reculent devant aucun procédé, écoulent leur huile en la confiant aux enfants qui la revendent sur les routes, en rase campagne. Ceci donne une mauvaise image d’un produit naturel sorti tout droit des huileries traditionnelles.
De l’avis de professionnels avec lesquels nous nous sommes entretenus, c’est surtout le manque d’un label propre à l’huile d’olive algérienne qui l’empêche non seulement de parvenir dans de bonnes conditions aux consommateurs, mais aussi d’être exportée. Souvent de bonne qualité, l’huile d’olive algérienne est écoulée sur les marchés extérieurs comme un breuvage anonyme et souffre encore d’un déficit d’image. Seul 1% des quantités exportées est conditionné, le reste est vendu en vrac et est valorisé, sur les marchés extérieurs, par des sous-traitants étrangers. Par label, ce n’est pas tant d’un effet marketing qu’il s’agit, mais l’absence de traçabilité des produits de terroir qui se trouvent confrontés sans défense à une concurrence déloyale et à la contrefaçon. C’est dire l’urgence des mesures à prendre pour sauver un des rares produits parfaitement éligibles à l’exportation. Cela, sachant que le Maroc et la Tunisie arrivent à placer 30% de leur production nationale d’huile d’olive sur le marché mondial, en dépit des problèmes de coûts de production élevés qu’ils rencontrent.
Amine B.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com