Le tribunal administratif d'Alger a empêché un déni de justice en déclarant le maire de Zéralda éligible.
L'indépendance de la justice est à l'épreuve devant le tribunal administratif d'Alger où le maire de Zéralda a été bloqué par la wilaya d'Alger dans son entreprise de se porter candidat à la députation de mai 2012. Mouhib Khatir, qui a sur le dos plusieurs plaintes contre lui depuis juillet 2012, et ce devant les neuf tribunaux de la cour de Blida a comme des bas et des hauts. Le motif de la wilaya pour empêcher Khatir de s'avancer devant le verdict du peuple est qu'il est actuellement sous contrôle judiciaire. Le candidat, par la bouche de son conseil, Maître Djamel Fodil, dément toute mesure judiciaire, pouvant l'empêcher d'être candidat en mai 2012 à Alger. Le commissaire d'Etat avait, dès l'ouverture de l'audience émis des réserves autour de verdicts où la relaxe avait été prononcée et donc, il fallait s'assurer si le parquet avait ou pas interjeté appel. La présidente donne alors la parole à l'avocat du maire. La plaidoirie sera beaucoup plus technique que politique. «La loi repose sur la Constitution et son respect, pas sur des bribes de «cafés feutrés» où les coulisses jouent le mauvais rôle juste pour taper sur les ambitions généralement légitimes de candidats à première vue propres. Patiente, la présidente a eu le coeur léger en suivant de bout en bout la longue plaidoirie du défenseur du maire malmené et sous les yeux de l'avocat de la wilaya qui avait préféré remettre une requête, redoutant sans doute un verdict défavorable à la wilaya qui passerait alors pour le «Dindon de la farce» surtout que le tribunal administratif à travers ses magistrats compétents, n'a en main que la loi! «Tout justiciable est innocent jusqu'à ce que la condamnation soit prononcée» a dit le conseil qui a beaucoup insisté sur le principe constitutionnel et en prime, il n'y a aucune loi qui précise qu'un justiciable ayant été relaxé en première instance est susceptible d'être bloqué sur une seule cause: l'appel du parquet, mécontent du verdict du tribunal de Hadjout. On a voulu manifestement empêcher le maire de Zéralda d'être candidat au poste de député... L'avocat de la wilaya est prié de répliquer par Madame la présidente flanquée de ses deux conseillers qui ne sont pas nés de la dernière pluie. Poliment, il répond au tribunal administratif qu'il se contente du seul contenu de la requête et se rasseoit un beau sourire illuminant son joli visage d'éternel adolescent assis dans l'amphi. Ajoutez la petite «dardacha» entre avocats. Et le sourire dessiné sur les lèvres de Maître Mohamed Ghecham un sympathique avocat qui honore la profession et qui nous rappelle étrangement Maître Chabane, l'ex-officier de l'ALN de l'ex-Wilaya III historique au moins lorsqu'il sourit. Entre-temps, la présidente voulait rendre la politesse à Maître Fodil qui avait dit haut et fort son sentiment que quelle que soit la nature de la wilaya et quelle que soit le lieu d'une wilaya, elle ne saurait dépasser sa compétence en droit pur par rapport aux magistrats du tribunal administratif dont la mission essentielle est de maîtriser le droit administratif «Lorsque vous irez délibérer, mettez en tête, madame la présidente que même un justiciable condamné en première instance, est toujours présumé relaxé. Donc, à vous de jouer, pardon à vous de juger autour de ce postulat!» L'avocat venait de taper juste avec ceci de particulier: aussi bien les trois juges que le commissaire d'Etat et même le greffier ne font pas partie des gens qui ont prêté serment au moment où le parti unique exigeait des magistrats de prêter serment de défendre les valeurs de la... Révolution socialiste et donc de donner raison aux cadres de l'Etat qu'ils aient ou pas raison sur le plan du droit, bien entendu... Et donc en 2012 et non en 1992, nos magistrats ont évolué et rien que pour cela, nous n'aimons pas beaucoup que l'on porte atteinte à nos magistrats même si
l'agresseur est le Ministre en personne ou un cadre des hauteurs d'El Biar, fût-il le sympa Kaddour Berradja, le premier président de la Cour suprême. C'est donc le climat serein et le seul climat serein, SVP, qu'il faut placer autour de la magistrature du plus petit tribunal au Conseil d'Etat qui n'a pas la bâtisse qu'il mérite et donc, il faudra songer à aménager une autre structure digne de ses magistrats qui font de l'excellent boulot comme le veut la charmante Fafa, la présidente. Pour revenir à l'affaire du jour, après quatre-vingt-dix minutes de mise en examen, la wilaya d'Alger est déboutée et Khatir Mouhib peut se présenter aux prochaines élections législatives de mai 2012. Il n'y a qu'à prendre acte du verdict: annulation de l'article de l'arrêté 39 en date du 02/04/2012 de la wilaya d'Alger. Khatir Mouhib est ainsi autorisé par la force de la loi à figurer sur la liste du mouvement nationale de l'espoir (MNE).
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com