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Electrochoc



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Chaque gestionnaire d'établissement hospitalier aura une feuille de route, spécifique, où seront inscrits les mesures à engager et un échéancier pour leur concrétisation. Voilà une belle promesse faite par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, lors de sa rencontre, jeudi dernier à Alger, avec les concernés. Conscient de l'ampleur du chantier qu'il a visualisé après des sorties sur le terrain et surtout ses visites inopinées à plusieurs établissements, le ministre reconnaît la gravité de la situation. Le diagnostic «a permis de dresser, établissement par établissement, les failles et lacunes qui pénalisent la prise en charge du citoyen et génèrent des motifs d'insatisfaction», dira-t-il. Aussi, recommandera-t-il une démarche ordonnée qui évoluera par étapes en «conjuguant mesures urgentes à mener immédiatement et actions structurantes à moyen terme». Plus explicite, il indiquera que le court terme portera sur la prise en charge dans les urgences médico-chirurgicales et la maternité, le respect des horaires de travail et de la garde, l'hygiène et l'environnement général de chaque établissement de santé ainsi que le suivi du programme de développement du secteur. Les directeurs de santé des wilayas sont aussi impliqués dans ce chantier, le ministre les ayant instruits pour veiller personnellement à l'exécution par chaque établissement sous leur responsabilité, de la feuille de route qui lui est assignée. Telle qu'encadrée, la stratégie du ministre a des chances d'aboutir. Il faudra toutefois compter avec cet élément humain qui peut devenir le grain de sable capable de gripper la machine la mieux huilée. Et il semble bien que M. Boudiaf prend cet élément pour ce qu'il est et, connaissant ses capacités de blocage, voire de sabordage, il signifiera que ses directives ne sont pas des paroles en l'air et informera les responsables que l'obligation de résultats sera désormais appliquée, affirmant qu'ils seront évalués selon le travail accompli. Mieux, ou pire, pour tous ces directeurs et gestionnaires pour qui la santé et le bien-être des malades est le dernier souci, des commissions d'inspection feront des descentes sans crier gare, et leurs rapports ne prendront pas les déclarations et comptes-rendus des responsables pour argent comptant. Toute source d'information susceptible de donner des indications sur l'avancée du chantier sera prise en considération, promet encore le ministre. Ainsi, tout est mis en place pour une amélioration de la situation de la santé. La seule garantie que nous n'avons pas concerne le suivi du chantier, qui est une tare dans tous les secteurs. Les décisions et directives, voire des lois, censées apporter des améliorations et qui n'ont jamais trouvé application sont légion. Certes, le ministre promet des inspections. Mais connaissant les réseaux de complicités, soutiens, protections et parapluies qui placent et couvrent ou déplacent et mettent à l'abri les responsables à tous les niveaux, on ne peut empêcher le doute de s'instiller. L'administration a appris aux algériens à juger sur pièce. Voilà un autre défi pour M. Boudiaf, et tous les responsables consciencieux.H. G.
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