Les collectivités locales vont recevoir de nouveaux élus alors que leurs prédécesseurs quittent les lieux sans rendre compte de leur gestion.
Le premier parti, à avoir promis que ses élus vont devoir rendre compte, à la fin de leur mandat, est le FLN. Son secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, n'a cessé de le répéter durant toute l'année, et même avant que tous les élus du parti ne fassent le point sur leurs bilans respectifs de gestion. «Nous sommes en train de recevoir les rapports des assemblées communales et de wilayas au fur et à mesure,» nous a déclaré hier Kassa Aissi, le porte-parole du parti. Il nous fait savoir d'ailleurs à cet effet, que «l'APW d'Alger remettra son rapport aujourd'hui lors d'une réception qu'elle organisera à 15h au siège de la wilaya.» Le porte-parole du FLN estime cependant le contenu des rapports de «quelques APC et APW», déjà reçus par la direction, «très variable».
A.Kassa avoue que «pour le moment, nous accordons notre priorité à la campagne électorale pour les élections du 29 novembre prochain.» Et s'il y a retard dans la confection des rapports de gestion des élus locaux du FLN c'est parce que, dit Kassa, «nous avons eu à nous préparer pour les élections législatives, ensuite, nous avons aussi été quelque peu perturbé par les redresseurs.» Aujourd'hui, le FLN ne se presse pas pour savoir si ses élus ont bien géré ou pas les communes parce que dit son porte-parole «nous répondons au plus pressé.» Le parti de Belkhadem veut gagner les locales. «Nous avons durant ce dernier mandat géré près de 900 communes et environ 33 assemblées de wilayas, pour les prochaines élections, nous comptons avoir la majorité,» assure Kassa. Il précise que pour cette fois, le FLN est absent dans 16 communes «pour diverses raisons» mais présent dans les 48 APW. Kassa se targue de la présence «absolue» du FLN dans 4 communes sans aucun autre parti.
«IL N'Y A QUE DIEU, LE PEUPLE, ET LE FLN»
«Nous sommes les seuls à être présents pour ces locales, dans ces 4 communes il n'y a que Dieu, le peuple et le FLN comme l'a dit un citoyen,» relève-il en riant. Aujourd'hui, le secrétaire général procédera vers 10h, tout près du son siège à Hydra, à l'ouverture de la permanence électorale algéroise du parti. Contacté au sujet des bilans de gestion des élus du RND, son porte-parole, Miloud Chorfi nous a affirmé hier, que «nous avons reçu tous les bilans» et les qualifie même de «très positifs.» Chorfi explique que par rapport à 2007 et à 2002 où des élus locaux du RND ont eu des démêlés avec la justice pour mauvaise gestion, «pour ce dernier mandat, le parti n'a enregistré qu'un nombre très minime de cas.» Il précise ainsi que «nous avons très peu de PAPC qui sont poursuivis par la justice pour mauvaise gestion.» Le parti d'Ahmed Ouyahia avait à charge près de 500 communes et une dizaine d'APW. Pour cette fois, les candidatures du RND ont été déposées dans plus de 1500 communes ainsi que dans les 48 wilayas. «Nous voulons absolument dépasser ce nombre pour les élections du 29 novembre prochain,» espère son porte-parole qui précise que «pour ces élections, nous nous sommes pris à l'avance, parce qu'on veut avoir des résultats meilleurs que ceux enregistrés dans les législatives». Interrogé sur le refus des redresseurs des candidatures de non militants du parti, Chorfi a en premier lieu affirmé que «tous les candidats sont militants du RND.» Mais il avouera de suite que «s'il y a quelques uns seulement pour les communes, qui ne le sont pas, c'est parce que des orientations ont été données lors du dernier conseil national, pour que soient acceptées des candidatures de notables et de personnes respectables et respectées même si elles ne sont pas militantes du parti.» L'on sait que le RDN a au moins un candidat qui n'est pas militant pour l'APW d'Alger, avions dit au porte-parole. «Mais il est sympathisant,» a-t-il répondu, en riant.
LA LOURDE TACHE DE SELLAL
Miloud Chorfi refusera de commenter l'adhésion d'anciens ministres du RDN dans le mouvement de redressement, dont l'objectif premier est de destituer l'actuelle direction d'Ouyahia. «Je préfère répondre à cette question par : sans commentaire !,» a-t-il dit simplement. Ahmed Ouyahia qui animera aujourd'hui un meeting à Chlef, compte bien convaincre pour «gagner du terrain» selon ses proches collaborateurs, ceci «pour empêcher ses détracteurs de gagner la bataille de sa destitution,» disent-ils.
Il faut croire que les partis politiques dans leur ensemble, n'ont pas l'esprit aux bilans de leurs élus dont une grande partie n'a pas réussi à «bien gérer» la cité. Le PAPC qui a à charge le quartier de Meissonnier doit le savoir, puisqu'il n'a pas pu goudronner une rue complètement défoncée, depuis près de deux ans. Le pire pour tous les responsables locaux, élus compris, il a fallu que le gouvernement Sellal demande de nettoyer le pays «au sens hygiénique» du terme, pour qu'ils lancent des opérations de balayage et de nettoiement des quartiers et des communes pourris dont ils ont la responsabilité. Pourtant, l'hygiène ne nécessite aucun programme, ni instruction, encore moins une autorisation de l'administration centrale pour qu'elle soit assurée, elle doit être innée. A condition, bien sûr, qu'elle soit une culture et une seconde nature de l'Homme. Abdelmalek Sellal y a pensé dés qu'il a été nommé 1er ministre, certainement parce qu'il s'est trop rapproché et accommodé de l'eau et de ses bienfaits lorsqu'il en gérait le secteur. Puisque les réformes politiques et économiques sont toutes tracées, sa seule mission semble d'ailleurs prendre forme à travers ce programme d'hygiène que les collectivités locales ont été incapables d'entreprendre. Sellal a alors la lourde tâche -la plus compliquée et la plus complexe de toutes- d'inculquer aux gouvernants et aux gouvernés, une nouvelle culture, celle du civisme dans son sens le plus large, à des mentalités bien difficiles à réformer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com