«Le RND n'a pas fait de discrimination dans le choix de ses candidats entre nouveaux et anciens militants.»
C'est ce que nous a déclaré hier, Ahmed Sefouane, tête de liste RND pour l'APW d'Alger, en réaction aux propos des militants du parti qui reproche à Ahmed Ouyahia d'avoir permis à des non militants d'être candidats pour les élections locales. Sefouane reconnaît qu'il n'active pas depuis longtemps dans les rangs du RND mais qu'il en est «fraîchement militant et qui a un très long parcours de militant dans le mouvement associatif.» Le candidat RND à l'APW d'Alger rappelle à ce titre qu'il est président de l'ANCAP (Association nationale des cadres de l'Administration publique) depuis 1992 à ce jour, secrétaire général de l'Association des Enarques, qu'il a été membre du CNES, de la Commission du dialogue national et du CNT (Conseil national de transition). Il fait savoir que les activités de l'ANCAP sont gelées depuis longtemps parce que dit-il «le pouvoir a perçu les cadres qui sont dans l'Association comme des opposants et non comme des partenaires.» Sefouane explique que «nous sommes des défenseurs des droits et des devoirs des cadres de la Nation conformément aux règles de la République.» Il a eu déjà à mentionner à cet effet qu'«on ne gouverne pas un Etat à coups d'interdits.» Une sentence qu'il rappelle avoir lancée lorsque, au temps de Belaid Abdesselam, alors chef du gouvernement, il y a eu la signature d'un décret définissant les nouvelles obligations des fonctionnaires. «C'était l'Omerta!» s'est-il exclamé. Diplômé de la 9ème promotion de l'ENA, cadre supérieur de l'Etat, membre de l'APW d'Alger de 1984 à 1989, membre de l'Exécutif communal de l'APC de Bab El Oued «après les événements d'Octobre 88», Sefouane a accepté aujourd'hui de diriger la liste APW d'Alger pour dit-il, plusieurs raisons.
EN ATTENDANT LA PRESIDENTIELLE
«Nous voulons mettre en 'uvre les idées du RND à travers trois mots d'ordre : espoir, travail, solidarité; nous voulons construire des passerelles entre les citoyens et les responsables locaux pour permettre à la société de s'exprimer sur le fonctionnement de l'Administration locale, associer les citoyens à la gestion des affaires de la cité… » En clair, ajoute-il «c'est pratiquer la démocratie participative, à grande échelle sociale. » Tout un programme pour que le RND puisse rebondir au plan local…, en attendant la présidentielle. Le candidat estime qu'«en faisant appel à des compétences et des personnes rompues à la pratique associative, le RND veut briser ce cercle de désintéressement au vote dans lequel s'est enfermé le citoyen algérien.» Il dit croire au changement par «la réhabilitation de la crédibilité des institutions de l'Etat et du service public.» Il estime alors qu'une institution n'est crédible que par la crédibilité de ses gestionnaires, leur compétence, leur intégrité et leur droiture.» D'autant qu'il est convaincu que «le citoyen ne croit pas en les discours, il veut des actes.» Pour lui, le RND veut aujourd'hui «faire la politique autrement, non pas par les promesses mais par des actes concrets et une obligation de résultats.» Le tout doit se faire, selon lui, «en association étroite avec les citoyens.» Mais «encore faut-il que les Assemblées communales et de wilayas aient les moyens de mettre en 'uvre un tel programme,» fait-il remarquer. Il met en avant le manque de moyens financiers «puisque la grande majorité des communes est aujourd'hui endettée.» Elles partent ainsi vers de nouvelles élections «en traînant de lourds boulets aux pieds.»
«SANS L'ARGENT, LES APC NE PEUVENT RIEN FAIRE»
Le candidat RND pense que «nous allons demander à nos représentants dans le Parlement de proposer des amendements dans les lois sur la fiscalité locale.» Il est convaincu que «sans l'argent, les APC ne pourront rien faire alors qu'il faut qu'elles aient les moyens pour prendre des initiatives économiques et sociales pour pouvoir créer des pôles de productions pourvoyeurs d'emplois.» L'argent devra, bien-sûr, rassure-t-il, être utilisé «sous le contrôle vigilant et exigeant de l'Etat.» «Il revendique en parallèle «un renforcement des missions des Assemblées élues pour qu'elles soient capables et aptes à prendre des initiatives.» Dans son programme en outre, «l'exigence d'une évaluation périodique du service public, en concertation étroite avec les citoyens, pour qu'ils se sentent concernés par la gestion de la collectivité. Il ne faut plus leur imposer quoi que ce soit !» Il appelle au renforcement de «tout ce qui participe à assurer la protection sociale aux populations et à promouvoir la solidarité, l'organisation de l'activité commerciale ainsi que la délimitation de son espace, la protection de l'environnement, l'implication des citoyens dans la préservation de la sécurité dans les quartiers et les villes.» Il insiste sur le fait d'«amener le citoyen à s'intéresser à la gestion de la chose publique et de faire en sorte d'accélérer le règlement des litiges au niveau local.» La transparence dans ce programme doit être selon lui «la règle.» Sefouane répond ainsi aux redresseurs en soulignant que «les listes des candidatures pour les locales ont été confectionnées et approuvées par la base du RND sur les seuls critères qu'elle a retenus à savoir : la crédibilité, la représentativité et le sens de la responsabilité.» Le porte-parole du parti d'Ouyahia nous a dit dimanche dernier, que «des orientations ont été données, lors de la tenue du Conseil national du RND, pour retenir des candidatures de notables, de personnes respectables et respectées même si elles ne sont pas militantes du parti.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ghania Oukazi
Source : www.lequotidien-oran.com