La 4e rencontre sur la pensée de Frantz Fanon s'est ouverte avant-hier au centre universitaire d'El-Tarf en présence d'un nombreux public composé essentiellement d'étudiants, de chercheurs, amis et compagnons de ce militant de la cause nationale ainsi que son fils Olivier Fanon, demeuré fidèle à ces rencontres depuis leur lancement voilà cinq ans. Commentant sa dernière oeuvre littéraire achevée un mois avant sa mort en 1961, la première communication était celle de Alice Cherki sur les Damnés de la terre. D'emblée l'oratrice dira que le livre a été au début interdit de parution par les autorités françaises de l'époque, pour atteinte à la sécurité de l'Etat. S'agissant de l'essence du roman, elle dira que c'est un véritable appel, voire un manifeste pour la lutte anticoloniale et l'émancipation du tiers-monde. Le message est toujours d'actualité à un moment où dans la dynamique du concept de la globalisation, le fossé est toujours grand entre riches et pauvres, entre nantis et démunis non sans mettre en exergue des troubles traumatiques, psychiques causés au peuple algérien. Quant à l'écriture, vivante, sensorielle et imagée, elle est toujours d'actualité dans un monde où les écarts entre le Nord et le Sud sont criardes où, face à l'opulence des uns, règne la précarité des autres. La deuxième intervention était le témoignage sur les affres de la colonisation illustrée d'une manière simple et directe par Louisa Ighil qui n'a pas manqué de dresser une volée de bois contre ce qu'elle a qualifié de révisionnistes sur la colonisation jusqu'à dénoncer la volonté des parlementaires français. Enfin, tables rondes, débats et autres communications étaient au menu de cette rencontre sur les conflits chauds de la planète et les séquelles qu'endurent les peuples en butte à l'oppression, à la violence, à tout ce qui est décadent et dévalorisant de la dimension humaine dans le sens noble du terme.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : A Ouélaa
Source : www.lequotidien-oran.com