Le durcissement
des conditions d'attribution de visas par les autorités consulaires françaises
aux Algériens qui ne remplissent pas selon les concepteurs certaines
conditions, a eu un effet ruineux sur les trabendistes et les collecteurs des
devises. Selon des informations recueillies dans les milieux trabendistes
locaux plusieurs personnes, activant dans ce circuit, sont dans le désarroi le
plus total après avoir échoué à obtenir le fameux visa Shengen. Affichant des
mines défaites devant un avenir incertain à la faveur de la fin programmée
d'une activité qui a longtemps fait prospérer leurs affaires, les trabendistes
et autres collecteurs de devises auprès des retraités et des émigrés
clandestins en France, sont désormais face à un cruel destin. Et pour cause,
sans emploi et sans qualification professionnelle, ces derniers qui n'ont appris
qu'à faire des voyages en France pour vivre et faire vivre leurs familles sont
maintenant dans l'impossibilité d'obtenir un visa pour aller chercher leur
gagne-pain dans l'»Hexagone». Pour certains, cette situation est
particulièrement dure à vivre, sachant, explique un habitué de ce milieu que
«ces gens ont vieilli et n'ont appris, au fil du temps, que ce métier». Un
autre explique que les collecteurs des euros auprès des retraités et des
sans-papiers, ne sont plus en mesure d'aller en France faire ce travail faute
de visa. Dans le sillage de sa confession, le même interlocuteur souligne que
«les sans- papiers et bien qu'ils vivent la peur au ventre d'être arrêtés par
la police, réussissent à mettre de côté un peu d'argent, voire beaucoup
d'argent pour certains, pour l'envoyer à leurs familles au bled».
Et justement, ce
sont ces collecteurs d'euros en France qui ont toujours été les intermédiaires
pour acheminer cet argent en Algérie. Le hic est que l'écrasante majorité de
ces trabendistes ont des familles à leurs charges après avoir conçu leurs
foyers à une époque où ils ne faisaient aucun souci quant à leur avenir.
Maintenant que
les données ont changé dans un contexte social particulièrement dur, ils n'ont
plus qu'à regarder la réalité en face espérant toutefois, aller frapper à la
porte des ambassades de certains autres Etats membres de l'espace Shengen dans
l'espoir d'obtenir le fameux sésame qui leur ouvrira les portes de la France.
Pour d'autres chômeurs, le visa est encore particulièrement important dans la
mesure où il leur permet d'aller chercher un quelconque boulot au noir dans ce
pays où quelques mois de travail peuvent rapporter l'équivalent de plusieurs
années de labeur en Algérie, selon la formule d'un des initiés au circuit de
ces chercheurs de visas. La destination de ces derniers reste généralement la
Corse où beaucoup d'Algériens sont déjà allés pour travailler dans des secteurs
tout aussi divers que le tourisme ou la maçonnerie. Des fonctionnaires qui ont
plus de chance d'obtenir un visa lorsqu'ils sont mariés, se sont, eux aussi,
mis de la partie pour aller travailler dans l'»Île de beauté». Plusieurs
employés dans des secteurs publics ont, en effet déjà tenté l'expérience après
avoir demandé et obtenu des congés sans solde ou des mises en disponibilité de
leurs administrations. Travaillant généralement dans le secteur de bâtiment, du
tourisme ou même comme jardiniers selon un de ces fonctionnaires qui a déjà
effectué le voyage en Corse, ces derniers réussissent le plus souvent à revenir
satisfait de leur expérience. Et pour cause, six mois ou une année sacrifiés
dans cette île permet de réaliser le rêve de mettre un peu d'argent de côté
pour les besoins d'améliorer un tant soit peu une situation sociale rendue
précaire par le petit salaire perçu en Algérie. L'expérience tentée par
certains a déjà fait des émules auprès d'autres qui n'hésitent plus,
maintenant, à demander des mises en disponibilité pour aller travailler en
Corse, cette île devenue l'Eldorado des chômeurs et autres.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zouikri
Source : www.lequotidien-oran.com