Depuis quelquesjours, les prix des fruits et légumes ont spectaculairement repris l'ascenseur,pour atteindre des proportions qui donnent le vertige au commun desconsommateurs, après un léger répit constaté à la mercuriale il y a tout justequelque temps avant cette nouvelle flambée.Cet état de faita encore accablé les petites bourses avec d'autres dépenses qui viennentalourdir la balance d'un pouvoir d'achat sans cesse déclinant face aux capricesd'une vie franchement de plus en plus chère. Pour le simple fait, un kilo depatate de très piètre qualité est désormais cédé à 50 DA, alors que la tomateest proposée à 40 DA le kilogramme. Le reste des légumes à large consommationen cette période pré-estivale, tels le poivre, les courgettes, le concombre oula salade sont différemment proposés à des prix qui n'arrangent guère l'appétitdu consommateur. Relégués au second plan des soucis du consommateur, lesfruits, tels les pêches, les nèfles ou les abricots qui restent pourtant des fruitsde saison, sont encore hors de portée des petites bourses qui donnentl'impression d'avoir tout bonnement tourné le dos aux desserts. Ceci dit, lesviandes aussi bien rouges que blanches de même que les poissons sont égalementinscrits sur les tablettes des interdits au citoyen simple à faible revenu. Etpour cause, le kilo de la viande de veau est proposé à 460 DA, alors que celuidu poulet est fixé à 200 DA. Autant dire que le poisson, la sardine pour êtreclair, un produit qui était il n'y a pas si longtemps l'apanage du plat dupauvre, est également inscrit sur cette ligne vertigineuse des produits quisont fixés à des prix difficiles à admettre. Oscillant entre 130 et 150 DA lekilo, la sardine a fini par être exclue du plat de ce pauvre qui n'a plusaucune source de protéine pour donner un semblant d'équilibre à son pauvrerepas quotidien. Pour le reste des produits à large consommation à l'image del'huile ou du lait, il est désormais admis qu'il ne se passe presque plus aucunjour sans que des augmentations ne soient signalées sur les prix de cesproduits. Accablé par le poids de cette flambée et de son pouvoir d'achat quis'érode de jour en jour, le commun des citoyens est désormais face à un tristedestin dans un pays dont on dit que ses caisses regorgent de devises. Un paysoù on vante aussi les mérites d'une croissance qui a laissé, cruel destin, surle carreau ses propres citoyens qui n'arrivent plus à manger à leur faim. Etpour cause, dans une ville comme El-Milia qui demeure un exemple parmi d'autresdans cette Algérie qui ramasse les dollars sans pour autant savoir lesdistribuer équitablement à ses propres enfants, la misère sociale est visiblelà où on tourne le regard. Ici et là des jeunes sans repères ni avenirs'adonnent à des petits boulots précaires pour subsister, vendent sur lestrottoirs tout ce qui tombe sous leur mains. Sur les mêmes trottoirs, c'estencore le même décor de misère qui règne quotidiennement en maître avec cespetits vendeurs à la sauvette qui proposent des fruits, des légumes ou de lasardine à des consommateurs visiblement non conscients des conditions d'hygiènelamentables dans lesquelles tous ces produits sont exposés. Aux cafés, dans lesrues ou dans les rencontres entre amis, le maître mot de toute discussiondemeure cette situation pénible qui ne rime pourtant pas avec la réalité dudiscours officiel développé à coup de démagogie pour nier les faits de cedésastre social.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zouikri
Source : www.lequotidien-oran.com