Alger - Revue de Presse

El-Milia Le pouvoir d'achat et les assurances de Belkhadem



La sortie en pompier du chef degouvernement pour tenter d'atténuer les craintes d'une rentrée socialeexplosive devant les médias, est encore bien loin de rassurer les ménages quipeinent plus que jamais à trouver la bonne astuce pour subvenir à leurs petitsbesoins quotidiens. C'est tout juste l'impression qui se dégage de cescommentaires recueillis ici et là auprès de citoyens dont l'esprit estvisiblement taraudé par cette question des prix qui s'envolent sans aucunelogique et qui a été au centre d'intérêt de la conférence de presse deBelkhadem. Autant dire qu'en dépit des assurances avancées par le chef dugouvernement sur le fait qu'il n'y aura pas d'autres augmentations au mois deRamadhan, il n'en demeure pas moins que le mal est déjà fait à la faveur decette envolée vertigineuse constatée sur les prix de large consommation. «Lemal a déjà fait son nid», indique un citoyen rencontré dans un marché de laville. Celui-ci n'a d'ailleurs pas caché son désarroi face à l'érosion de sonpouvoir d'achat dans cette ville où on peine désormais à survivre. Pour certains,tout comme pour ce pauvre citoyen qui peine à trouver quoi mettre dans sonpetit couffin pour nourrir sa famille, «c'est un véritable affront que subitl'Algérien dans sa quête de manger à sa faim alors qu'on tente d'avancer desmesures qui n'ont eu qu'un effet inverse sur les marchés où les prix ne cessentde flamber». Pour d'autres on a tout juste inventé le concept de «terrorismeéconomique» pour dénoncer cette situation de honte pour le petit Algérien quifait désormais mille et un calcul pour s'offrir un simple petit sachet de laitpour ses enfants. En tout les cas, les qualificatifs ne manquent guère pourcommenter cette baisse sans commune mesure du pouvoir d'achat en des termesvirulents qui en disent long sur une situation de détresse sociale aux conséquencesimprévisibles. Et pour cause, un simple tour aux marchés tout aussi misérablesqu'informels de la ville où l'on ne compte, pour le détail, aucun marchélégalement géré, permet de prendre le pouls d'une mercuriale effarante pour leconsommateur. D'abord, l'histoire de la patate est la plus connue puisque raressont les plus chanceux qui osent demander son prix qui ne descend pas endessous de 55 DA le kilo. Pour le reste c'est le même refrain des prix quis'envolent et qu'on peut constater à la rue du 20 Août transformée, au granddam des riverains, en un marché des fruits et légumes. Dans ce «souk» oùs'entremêlent les vendeurs à la criée de la sardine qui oscille entre 100 et140 DA le kilo et les petits vendeurs des fruits et légumes qui proposent leurmaigre marchandise à des prix qui ne sortent pas de l'ordinaire, lesconsommateurs affichent plutôt une mine défaite. Les prix affichés ne sontguère à l'avantage de leur petite bourse qui doit encore affronter la cherté dulait qui varie désormais entre 200 et 240 DA la boîte ou encore l'huile ou lasemoule pour ne prendre que l'exemple de ces produits qui tenaillent lesconsommateurs. Autant dire que dans ce sillage, il faut noter ce désarroi danslequel sont plongés ces consommateurs qui tournent le dos à des produits,pourtant, indispensables à leurs plats il n'y a pas si longtemps. Certainscitoyens avouent même qu'ils ont depuis longtemps laissé de côté la pomme deterre ou les fruits, pour se contenter des petits sachets de lait et de quelqueslégumes secs pour survivre. Pour le reste c'est un véritable fiasco social quironge cette ville remarquablement pauvre en dépit de quelques apparencessauvées par des privilégiés qui marquent à leur tour leur désappointement faceà cette pauvreté qui frappe sans répit des pans entiers de la société.
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