L'Egypte semble plonger dans une violence durable, depuis vendredi, jour où pro et anti-Morsi ont décidé de rivaliser dans la démonstration de rue. Deux autres personnes, tuées dans la nuit de samedi à dimanche dans le nord du pays, à Port-Said, sont venues rallonger le bilan macabre des victimes de samedi matin. Dans le Sinaï, repaire des islamistes radicaux, dix hommes armés ont été tués par les services de sécurité.Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir)
La tendance n'est pas à l'apaisement dans la vallée du Nil. La mort violente fait partie du quotidien des Egyptiens qui se sont délivrés d'une dictature pour tomber dans les bras de celle plus sinistre des islamistes contre laquelle ils se sont à nouveau mobilisés. Une révolution à refaire, à corriger, encore à coups de cadavres. Les affrontements de samedi matin entre les partisans de Morsi et ses adversaires mobilisés à l'appel du général El-Sissi, l'homme qui a déposé Morsi, ont fait, selon un bilan provisoire, 72 morts. Les Frères musulmans parlent de plus d'une centaine. Dans la nuit, dans la région de Port-Said, au nord du pays, de nouveaux affrontements ont éclaté. Bilan : 2 morts et 48 blessés. Toujours dans le camp des partisans de Morsi. Les balles avaient encore crépité. Ce seraient les islamistes qui auraient fait usage d'armes les premiers, selon une version officielle des faits. Les Frères musulmans ont nié. Les affrontements ont eu lieu après les obsèques d'un partisan de Morsi. Mêmes scènes d'affrontement dans la ville de Kafr El Zayat. Des tirs aussi, après les funérailles d'une autre victime des affrontements de samedi matin. Par ailleurs, les services de sécurité égyptiens ont annoncé l'élimination durant les dernières 48 heures de 10 terroristes dans la péninsule du Sinaï, ainsi que l'arrestation de 20 autres. Le nouveau pouvoir en Égypte a promis dès vendredi de mener une lutte implacable contre le terrorisme. Il s'est jusqu'ici montré ferme et déterminé. Dans le sillage de cette détermination, pointe le spectre d'un retour à l'état d'urgence et aux administrations de lutte contre l'extrémisme et de surveillance des activités politiques et religieuses, dissoutes après le 25 janvier 2011. Un retour à une situation anté à laquelle ne souscrivent pas les jeunes de Tamarrod qui ont enclenché le processus de la déposition de Mohamed Morsi. Mais en même temps, la lutte contre l'extrémisme religieux et le terrorisme appelle à la mise en place d'un cadre juridique, aujourd'hui absent. En face, les islamistes s'entêtent à poursuivre leurs manifestations. Samedi, le ministère de l'Intérieur avait averti qu'il allait prochainement procéder à la dispersion des partisans de Morsi des places qu'ils occupent depuis plus d'un mois. L'assaut peut être donné d'un moment à l'autre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A I
Source : www.lesoirdalgerie.com